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SYMPTOMES DE V INTOX/CATION EXPÉRIMENTALE

ment aux chiffres qu'ils nous ont fournis au sujet de la toxicité expérimentale de ces alcools.

Pour les symptômes de l'intoxication par les alcools supérieurs les plus ordinairement mêlés à Talcool éthylique, dans les boissons usuelles, nous devons surtout nous en rapporter aux patientes études de Dujardin-Beaumetz et Audigé. Le manuel expérimental de ces auteurs, bien que tombant sous les critiques que nous avons développées plus haut, n'en a pas moins fourni des résultats intéressants et dont il faut tenir compte.

Or, ils concluent que l'ensemble symptomatique (refroidissement, paralysies, congestions viscérales) est à peu près le même, qu'il s'agisse de l'alcool éthylique ou de ses congénères les plus proches, et que « les seules variations observées consistent simplement dans la rapidité des phénomènes et dans leur intensité ».

Ils ont étudié un isoalcool, le seul d'ailleurs qu'à leur époque {1875) on pût obtenir pur, l'alcool isopropylique. Les effets toxiques de ce dernier se sont trouvés semblables à ceux de Talcool propylique.

MM. Joffroy et Serveaux n'ont publié que des observations provisoires, au sujet du processus clinique de l'intoxication par les alcools supérieurs. D'après eux, ces alcools amèneraient un coma rapide, tandis que l'alcool éthylique provoquerait des convulsions presque constantes, mais de petite étendue. D'autre part, un alcool éthylique additionné d'alcools supérieurs produirait un coma sans convulsions.

Impuretés diverses. — Furfurol. — MM. Joffroy et Serveaux ont déterminé (juin 1896) l'équivalent toxique vrai du furfurol ou aldéhyde pyromucique, chez le chien et chez le lapin. Pour le premier de ces animaux, il est de 0,20 environ, et, pour le second, de 0,14.

Dans rintoxication aiguë par le furfurol, on note une respiration laborieuse, avec pauses de une à trois minutes. 11 se produit ensuite une accélération, avec variations dans l'intensité des mouvements respiratoires. Les poumons se congestionnent. Quant aux pulsations cardiaques, elles sont ralenties, affaiblies et un peu irrégulières.

7i TOXICOLOGIE

A propos du fnrfurol, dont certains physiologistes et hygiénistes ont fait un véritable épouvantail, MM. JofTroy et Serveaux émettent cette remarque : <c En supposant, disent-ils, que <c rhomme soit aussi sensible que le lapin, il faudrait environ « 10 grammes de furfurol présent dans le torrent circulatoire « pour tuer un homme de 70 kilogrammes, c'est-à-dire un « chiflVe infiniment supérieur à ce que Ton indique dans un K litre d'alcool de table (v, p. 3o). Aussi, la puissante toxicité t( de ce produit ne doit-elle pas faire négliger l'étude de la « toxicité des autres impuretés de Talcool et de Talcool éthyi< lique lui-même. »

Aldéhyde. — Cette substance, comme on Ta vu, fait partie des produits de tête, à côté de l'acétone et des éthers (*). Dujardin-Beaumetz et Audigé lui assignaient i-i,25, comme dose toxique limite, et MM. JofTroy et Serveaux, i,i4^ comme équivalent toxique expérimental. Les manifestations de l'intoxication par Taldéhyde acétique ont été étudiées par Albertoni et Lussana (1874), ainsi que par Dujardin-Beaumetz et Audigé. Les savants italiens divisent cette intoxication aldéhydique en trois périodes : excitation, ébriété, asphyxie. Il y aurait en outre, comme avec l'alcool, abaissement de la température. Enfin, l'aldéhyde serait un puissant anesthésique.

D'après Dujardin-Beaumetz et Audigé, les phases de l'intoxication aiguë par l'aldéhyde seraient les suivantes : ivresse rapide et titubation, puis raideur des membres et convulsions ; respiration irrégulière, avec pauses, devenant bientôt très fréquente; exhalation, par l'haleine, de l'odeur caractéristique d'aldéhyde; dilatation des pupilles, insensibilité, abaissement de la température. L'absorption du poison se fait avec rapidité, ainsi d'ailleurs que son élimination, grâce, sans doute, à l'intensité des mouvements respiratoires (élimination pulmonaire).

11 s'en suit que Ton peut administrer « en quatre ou cinq (( reprises, dans l'espace de quelques heures, une dose d'al-

(i) Pour certains auteurs, les alcools se transformeraient partiellement en aldéhyde, dans l'organisme.

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