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TOXICITÉ DES SPIRITUEUX DIVERS

EAU-DE-VIE DE pRu>'E9 [de Lorraitié)

Alcool éthylîque Sgo*"*^ tueraient 64'', 1 6a

Éthers 10,492 — 2 ,6o3

Aldéhydes i — i

Furfurol 0,010 — o ,071

Alcools supérieurs o,6o5 — o ,4o3

Un litre d** eau- de-vie de prunes tuerait donc 68", 198

ALCOOL MAUVAIS COUT DE TÊTE [aiuilyse de M, Mohler),

Alcool élhylique 5oo** tueraient 64^,io'i

Éihers i,338 — o ,335

Aldéhydes a, 3 16 — a ,3 16

Furfurol »> — »

Alcools supérieurs » — »

Un litre d'alcool mauvais goût de tète tuerait donc 66''. 753 (')

Quant aux eaux-de-vie de fantaisie, si Ton se reporte aux analyses que nous en avons données, on se rendra compte que leur pouvoir toxique doit dépasser de très peu celui de Talcool élhylique. M. Mohler présente l'analyse d'un rhum de fantaisie, obtenu à Taide d'une sauce, où les impuretés totales n'atteignent pas vingt centigrammes par litre. Des genièvres de qualité inférieure ne renferment que i à 2 millièmes de produits mauvais goût (Depaire).

L'expérimentation in anima vili vient-elle corroborer les calculs précédents?

Dès 1879, S. Stenberg, expérimentant sur des lapins, avec de l'alcool éthylique additionné d'alcool amylique a doses croissantes, n'avait pu découvrir de différence notable, entre l'action toxique d'un alcool pur et celle d'un alcool contenant 4 p. 100 d'alcool amylique.

En 1888, Strassmann, opérant sur des chiens, a constaté que l'addition de i p. 100 d'alcool amylique à l'alcool éthylique pur, accentue à peine les effets de ce dernier. Zuntz (1891) affirme qu'une proportion de o,3 à 0,4 p. 100 d'alcool amylique

(•) V,-A. JoFFROY, Gazette hebdom. de tnéd. et chirurg.j la nov. i8y<); X. Roques. Analyse des alcools et eaux-de-vie, i8gG; Antheaume. Thèse, 1897.

i'} Noas adoptons, avec Antheaume, le chiffre de 7,80, comme équivalent toxique de l'alcool éthylique; celui de 4, pour les éthers; de i, pour l'aldéhyde; et de i,5o, pour les alcools supérieurs.

dans reau-de-vie, reste sans influence (expériences sur rhomme).

M. Joffroy (1896) a comparé la toxicité d'une solution d'alcool éthylique pur, d'un rhum authentique et d'un alcool mauvais goût, ramenés au même titre, et il a obtenu les chiffres suivants :

Alcool éthylique 7» 70

Rhum Marlinique 7,60

Alcool impur mauvais goût 7*39

Nous pouvons donc répondre, à la question posée plus haut: la diff*érence entre Talcool éthylique pur et les alcools naturels de consommation, sous le rapport de la toxicité, est beaucoup moins grande qu'on ne le pense. D'une part, en eff^et, les impuretés de ces derniers sont toujours en proportion minime (^), et, d'autre part, l'alcool éthylique, qui constitue la majeure partie d'une eau-de-vie, quelle qu'elle soit, est luimême très toxique. Autrement dit : ce qui donne aux boissons alcooliques la plus grande partie ou pour mieux dire la presque totalité de leur toxicité^ c'est l'alcool éthylique, car s'il est le moins toxique des composants, il les dépasse tellement en quantité, qu'il joue un rôle prépondérant dans l'intoxication alcoolique (Joff*roy).

Déjà, d'ailleurs, en 1890, le D"^ J. Pippingskiold écrivait : « Nous autres médecins finlandais — et, autant que je sache, « presque tous les médecins du Nord — sommes d'avis que « c'est plutôt le trop haut titre d'alcool éthylique, que les « petites traces d'alcool amylique et d'autres huiles de nos « eaux-de-vie, qui est cause de l'alcoolisme. »

Retenons ces assertions basées sur des faits indiscutables, car elles nous aideront plus tard à présenter sous son véritable aspect, le problème de l'alcoolisme et de sa prophylaxie.

1/) « L'expérience n montré, dit M. Depairr [Bulletin de VAcad.de niéd., i8<)6), que le pcnièvre de qualité inférieure (flegme» de belteruvcs plus ou moins aromatisés/ ne renferme que i à a millièmes de produits mauvais goûts, c'est-n-dire que le consommateur qui ingère quotidiennement la dose considéroble de un litre de genièvre, boit 38o centimètres cubes d'alcool éthylique et i à 2 centimètres cubes seulement d'olcool amylique, et de produits étruugers. »

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