MODE
d'intoxication
DURÉE DE l'expérience
SYMPTÔMES et TERMINAISONS
Éthvlique(a)
[lOO^]
' chien
chienne 1 chien
chien
régulière
intermittente
intoxicat.grave
entretenue par
petites doses
régulière
8 jours
i mois 8 mois 1/2
8 mois
troubles psychiques, survie, épilepsie, mort, mort.
survie (légère paralysie).
Méthylique.
chien
I an
urémie, troubles nerveux, mort.
Amylique. .
chien
. régulière
8 mois
bonne santé, sum-ie.
Aldéhyde. .
chien
o'^SSo
régulière
6 semaines
organes lésés, mort accidentelle
Furfurol . .
chienne \
chien
o*=Sii
; o ,11 ^puisO)i5
intermittente
régulière régulière
8 mois et i5 mois 14 mois
5 mois 1/2
grossesses, survie, bonne santé, survie.
(a) Rappelons que la dose mortelle pour un chien de i5 kilogrammes, est de i3o ù 140 centimètres cubes de cet alcool, en injections intraveineuses (intoxication aiguë}.
Les faits expérimentaux que nous venons de présenter, inspirent quelques remarques intéressantes et inattendues, sans qu'on puisse d*ailleurs en tirer des conséquences définitives. Ils semblent prouver, par exemple, que Talcool éthy-
élhylique. Le premier est mort uu bout de 7 mois, ayant pris 7 grammes d'alcool pur kilogramme et par jour; le second, au bout de 7 mois et demi, avec 6 grammes par kilogramme ci par jour.
TOXICITÉ DES BOlSSOrrS AROMATISÉES 79
Itque pur est capable de provoquer, à faible dose, un empoisonnement chronique grave, s'accompagna nt de lésions viscérales, auxquelles succombe rapidement le sujet. L'alcool méihylique, moins actif que son congénère supérieur, dans l'intoxication aiguë, l'égale ou le dépasse dans l'intoxication chronique. Il provoque les mêmes désordres anatomiques.
L'alcool amylique est relativement bien supporté. L'aldéhyde reste un produit dangereux, à déterminations gastro-intestinales et urinaires rapidement mortelles.
Quant au furfurol, dont on connaît la puissance toxique sans pareille, dans l'intoxication aiguë, il perd, dans l'intoxication chronique, ce triste privilège : il ne parvient pas à tuer, dans lin laps de 20 mois, l'animal qu'il aurait foudroyé, en injection intraveineuse, à une dose à peine double.
Cela démontre, dit M. Joffroy, qu'on ne saurait déduire de comparaison des toxicités des corps, dans les intoxications aiguës, leur puissance toxique dans l'intoxication chronique; <(ne l'on ne connait rien encore des lois générales qui relient ces deux ordres de phénomènes : lenipoisonnement lent et IVinpoisonnement rapide, brutal ; qu'il faut faire l'étude de 1 intoxication chronique des différents corps, et, en particulier, <les divers composants des boissons alcooliques, alors même ([lie nous connaissons l'intoxication aiguë (').
La question de l'idiosyncrasie, de l'hérédilé, des doses individuelles, des troubles fonctionnels et des lésions, dans l'into^kication, ressortit évidemment à la pathologie, et, en conséquence, sera traitée plus loin.
S 3. — Toxicologie des boissoks alcooliques aromatisées
ET DES AUOMATES {eSSCUCCS, elc).
Jusqu'à ce jour, il n'a pas été entrepris, à notre connaissance <lii moins, de recherches méthodiques, sur la toxicité di
alcools et dérivéx. A l'hcu 1 recherches, très discutées, uestiou il propos de lu cirrho
8o TOXICOLOGIE
divers bouquets et essences. Les travaux de Marcé, Magnan, Laborde, Gadéac et Meunier, etc., ont eu surtout pour objet Taction physiologique des diverses essences et leur hiérarchi- , sation au point de vue de Tintensité des effets. Les résultats que ces auteurs ont publiés sont, d'ailleurs, souvent contradictoires et dépourvus de cette précision mathématique, à laquelle doit tendre toute expérimentation. Leur exposé appartient au chapitre de la physiologie. Pour l'instant, nous devons nous en tenir aux faits acquis, c'est-à-dire à ceux que nous ont présentés MM. Joffroy et Serveaux sur la seule essence d'absinthe, et aux conclusions que ces expérimentateurs en ont tirées.
Les résultats varient avec les alcools où Ton a dissous Tessence. Avec Talcool méthylique, l'équivalent toxique est de 0,90, et l'on observe des attaques épileptiques très violentes. Avec l'alcool éthylique, l'équivalent atteint o,25, et l'on note seulement quelques secousses convulsives.
En somme, l'équivalent toxique de Tessence d'absinthe et des essences, en général, ne peut être exactement fixé, à cause de la nécessité de les faire dissoudre dans l'alcool, lequel intervient pour une part considérable dans le processus d'intoxication.
D'ailleurs, la notion du coefficient de toxicité de l'essence d'absinthe et des autres essences qui s'y ajoutent, dans la liqueur commerciale, n'a, pour l'hygiéniste, qu'une valeur très relative ; les tableaux analytiques donnés au chapitre précédent nous font voir, en effet, combien est minime la quantité totale de ces aromates, dans les absinthes de consommation.
M. Joffroy espère qu'on pourra aisément déterminer, grâce à son procédé, non plus l'équivalent toxique de l'essence d'absinthe, ce qui n'a, nous le répétons, qu'une importance théorique, mais celui des diverses absinthes du commerce et des autres boissons aromatiques.
D'après M. Daremberg, c'est l'essence d'anis qui, dans la liqueur d'absinthe, est l'aromate le plus toxique. Un mélange de 100 grammes d'alcool éthylique à SS"", et de o^%25 d'essence d'al)sinthe, ne fait que griser des lapins de 3 kilogrammes, à la dose de 5 centimètres cubes et môme à celle de 7 cen-