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INFLUENCE ATTÉNUANTE DE LA DILUTION

que ceux qui se dissolvent le mieux dans Thuile, possèdent cette propriété avec le plus d'intensité (^).

D'après ces données générales, les alcools appartiendraient, les uns aux toxiques faibles, les autres aux moyens ou aux forts. Mais cette hiérarchie est toute théorique, car, en pratique, il y a lieu de tenir compte de la dilution. C'est ainsi que l'alcool ingéré à un degré de concentration élevé (eau-de-vie), est infiniment plus nuisible que Talcool absorbé dans le vin ou dans la bière ; c'est pour cela aussi, que l'alcool est plus nuisible à jeun, que lorsqu'on le mêle aux matières alimentaires.

Concentré, Talcool coagule les albuminoïdes, en raison de son avidité pour Teau ; dilué, il excite les propriétés fonctionnelles de la plupart des éléments anatomiques avec lesquels il est mis en contact. Les expériences de Bouchardat et Sandras montrent que l'absorption de Talcool se fait sur tout le tractus gastro-intestinal, et que sa dilution est extrêmement rapide ; ainsi, une dose de 5o grammes d'alcool à 4^ p. loo, ingérée par un homme de 75 kilogrammes, est presque immédiatement diluée au millième.

Il ne faudrait pourtant pas juger des effets généraux de la dilution, par la seule action locale ; si l'alcool altère d'autant moins la muqueuse digestive qu'il est plus dilué, il semble, dans ce cas, absorbé plus complètement et plus vite, et la grande quantité d'eau ingérée en même temps affaiblit la résistance de l'organisme. 11 n'est donc pas certain, il ne paraît même pas probable qu'on se mette à l'abri de l'action toxique de Talcool, en le prenant très dilué : on évite surtout son action locale (^). Rappelons cependant l'action atténuante de la réplélion stomacale par des aliments, et l'influence antidotique d'une bonne alimentation. « Les individus convenablement » nourris supportent impunément une plus grande quantité de » boisson, disait Lasègue. » Par contre, concentré, l'alcool agit fortement et rapidement.

« J'ai fait préparer, dit Gréhant, un mélange d'eau et d'alcool » éthylique pur à 20 p. 100. Chez un lapin de 3 kilogrammes,

(') AvKRTO?!. Rés. in Méd. mod., 3o août 1899, p. 474.

<*) Pages. L'hygiène pour tous. Naud, 2» édit., 190 J, p. 274.

» j'injecte dans l'estomac, à la sonde œsophagienne, 226 centi- M mètres cubes de cette solution, soit 45 centimètres cubes » d'alcool absolu ou 1 5 centimètres cubes par kilogramme d'ani- » mal. L'animal tombe sur le flanc et reste inerte. Au bout de » six heures, on aspire locentimètrescubesdesang, et en le dis- » tillanl, on obtient, pour 100 centimètres cubes, i^'"\4 d'alcool,

» c'est-à-dire une proportion égale à -^^, la plus élevée que j'aie

» trouvée jusqu'ici.

» A 3 heures et demie l'animal succombe. J'ai cherché ce qui » restait d'alcool dans l'estomac, en le distillant dans le vide, par » le procédé Nicloux; j'ai obtenu 5 centimètres cubes. De sorte » que, sur 45 centimètres cubes d'alcool ingérés par l'estomac, » 40 centimètres cubes avaient été absorbés, pour passer dans » le sang et dans tous les tissus. »

Gela nous fait comprendre chez l'homme, les accidents formidables, résultant d'absorptions massives (paris, gageures) (*).

Il y a lieu encore de tenir compte de l'addition de substances hétérogènes. Il ne faut pas oublier, en eff*et, que si l'intoxication par les boissons alcooliques est due principalement aux alcools, les essences surajoutées (amers, apéritifs, etc.) la rendent plus rapide, et en modifient l'aspect, tout au moins.

La clinique, d'autre part, tout empirique qu'elle est, nous indique dans les produits usuels, des propriétés quasi spécifiques Elle a montré que le vin, sous toutes ses formes, paraît léser lentement, mais avec une ténacité élective, une importante voie sanguine de l'appareil digestif, la veine porte, et, par elle, le foie. Nous verrons que l'alcool concentré, élément presque unique des eaux-de-vie, attaque surtout la muqueuse de l'estomac et modifie la nutrition générale, dont il entraîne la déchéance rapide, en même temps qu'il provoque des troubles circulatoires vers les vaisseaux des centres nerveux supérieurs (cerveau et méninges). Enfin, le système nerveux, dans sa substance intime (cellules et prolongements nerveux), est spécialement sensible à l'action des essences, comme l'ont bien établi Lanceraux et ses élèves.

(') Grkh.vnt. Soc. biol., 14 janvier icjoJ. Reprod. in Ret^. scienttf., a8 mars 1903,

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