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EFFETS SUR LES FERMENTS DIGESTIFS

à-dire la transformation de certains aliments en substances absorbables et assimilables. Quand Talcool se trouve dans l'estomac à la proportion de 2 p. 100, il ralentit déjà la peptonisation ; à 10 p. 100, il l'interrompt presque, et, ^nlre 1 5 et 20 p. 100, il la supprime (Schulz). En même temps, les sucs de Testomac le modifient et le transforment en acide acétique et en acétates — substances nuisibles. Enfin, absorbé en grande quantité et à Tétat très concentré, Talcool coagule le mucus gastrique, détruit la pepsine et arrête la digestion. 11 y a quelques années, M. Linossier a communiqué à la Société de biologie une série d'expériences entreprises pour déterminer l'action qu'exercent les principaux alcools (éthylique, propylique, butylique et amylique) sur les digestions peptique et pancréatique, sur la coagulation du lait par la présure, et sur l'inversion du sucre de canne par la levure de bière. Il résulte de ses recherches, que tous ces alcools ralentissent l'action des diastases, et que cette influence inhibitoire s'accroît avec le poids moléculaire de Talcool, c'està-dire dans le même sens que la toxicité [Lyon médical, 1899,

A la même époque, E. Laborde (^) signalait Tinfluence des alcools sur la digestion des albuminoïdes. En faisant agir la pepsine sur les albuminoïdes, on voit qu'à 5/ 1000, l'alcool méthylique active dans une très faible mesure la digestion pepsique, tandis que l'alcool élhylique la relarde nettement.

Nous trouvons dans l'ouvrage de Pouchet, quelques données qui sont les corollaires des précédentes ou qui les complètent.

Ingéré, Talcool à 25 p. 100 détermine une sensation intense; à DO p. 100, il provoque de l'inflammation ; à 80 p. 100, il devient caustique. Quand la concentration est assez forte, il coagule Talbumine, le mucus, les peptones, la gélatine même; ce sont là. évidemment, des phénomènes plutôt nuisibles, et à côté desquels pèsent peu quelques efl"ets avantageux, comme la dissolution des graisses et l'action antiseptique que l'alcool peut exercer à titre de déshydratant.

Ajoutons qu'il existe dans l'estomac normal, des spores de

I') E. Laborde. Soc, de biol. rés. in Presse med., a5 octobre 1899. Tkiboulet, Mathieu et Mignot. Traité de l'alcoolisme.

mycoderma aceti : d'où la transformation d'une certaine dose d'alcool en acide acétique.

Dans une thèse toute récente, où sont analysées les recherches de Vigier, de Portes et de Nesslern, nous lisons que la concentration à i5p. loo de Talcool ingéré, paraît jusqu'ici être un maximum que ne doit pas dépasser une boissou alcoolique, sous peine de devenir un danger pour la digestion (^).

En voilà assez pour nous faire comprendre les divers troubles digestifs qui peuvent accompagner l'ingestion à doses graduées des différents liquides alcooliques, et pour nous prouver que les troubles fonctionnels l'emportent de beaucoup sur les très rares avantages supposés.

Intestin. — Toléré ou non par la muqueuse stomacale, l'alcool est absorbé, en partie, par cette muqueuse ; le reate passe dans l'intestin (*). L'action de l'alcool sur la muqueuse intestinale est mal connue. Certains sujets — non habitués à Talcool — ont de l'intolérance intestinale : après ingestion d'eau-de-vie, les phases complémentaires de la digestion sont entravées ; l'absorption du chyle ne se fait qu'imparfaitement, et la diarrhée apparaît, ou, tout au moins, la lientérie (passage dans les selles de matières ingérées n'ayant pas eu le temps de subir la digestion). Par contre, au cours de certaines diarrhées, l'alcool aurait quelque effet thérapeutique, du reste très passager.

Le fonctionnement de l'intestin est subordonné d'ailleurs, en grande partie, au bon fonctionnement du foie et du pancréas, et ces organes sont influencés défavorablement par l'alcool.

D'après Glopatt, d'Helsingfors, l'alcool n'e.xerce pas d'action notable sur l'absorption des aliments dans l'intestin (;*).

Foie. — Ce qu'on peut affirmer, c'est que les glandes annexes de l'intestin (foie et pancréas) ne tolèrent pas l'alcool. S'il faut

(') Thèse Ch. Pfeiffer. Paris, 1904, p. ao.

{*) D'après Uouchardat et Suudras, à fuiblc dose, l'alcool est tout entier absorbe dans rcstomac; mais à dose forte, et s'il est additionné de sucre, il franchit le pylore, pour n'être absorbé que dans l'intestin.

BoL'ciiARDAT et Sandras. Ann. dechim. et phys., t. XXI, 1847, cités in thèse Pfeiffer.

(^) Clopatt. Scandinav. Arch. f. PhysioL. 1901, p. 354.

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