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EFFETS SUR LES FONCTIONS HÉPATIQUES

signaler qu'expérimentalement, un peu d'alcool excite la fonction de la cellule sécrétante (hépatique ou pancréatique), on ne doit pas oublier combien sont dangereuses ces incitations artificielles, et combien la déchéance fonctionnelle est près du travail exagéré.

E. Laborde {loc. cit.) a démontré que l'alcool méthylique pouvait exciter légèrement la fonction trypsique (digestion pancréatique des albumines), et que l'alcool éthylique retardait manifestement cette digestion.

L'alcool absorbé au niveau de l'estomac — presque exclusivement par les veines et très peu par les lymphatiques — , se fixe surtout dans le foie (^). Les analyses montrent qu'on en trouve : dans le sang, i partie ; dans le foie, 4 ; dans le cerveau, 2.

Dans le foie, c'est l'élément vasculaire et le tissu interstitiel qui paraissent surtout intéressés: l'alcool congestionne activement les vaisseaux hépatiques. Ce qui concerne la cellule hépatique est moins bien connu ; pourtant, là encore, l'action de l'alcool semble être à double effet: excitation, puis torpeur fonctionnelle.

Les boissons spiritueuses excitent évidemment les fonctions hépatiques. L'ingestion, pendant plusieurs jours consécutifs, de doses moyennes, détermine l'accumulation dans le foie d'une quantité de glycogène supérieure à la normale ; la production de l'urée est augmentée ; la fonction biliaire s'exagère (*^). Mais ce qu'il faut montrer de manière irrécusable, c'est que si l'ingestion d'alcool se répète et se prolonge, la fonction hépatique est inhibée par paralysie des cellules. Les doses habituelles sont-elles un peu fortes, la vitalité de ces cellules est alors compromise définitivement.

« Ayant eu, nous dit M. Gassaët, l'occasion d'examiner un « malade, pendant un delirium tremens de plusieurs jours, j'ai « pu me rendre compte que, sans signes extérieurs appré-

(') Gh -E. Friedmann, dans un travail récent (Thèse, Soint-Pélersboiirg, 1902), a trouvé que c'est surtout dans l'encéphale, que se fixe l'alcool.

(') L'alcool est un cholagogue, mais, en outre, il altère la bile, et détermine rapidement l'urobilinurie. (Huyem et Winter, Tissier, Labadie-Lagrave, cités in thèse de Pfeiffer.)

loo PHYSIOLOGIE

<i ciables, le foie était cependant profondément frappé : Turée « tombe de 20 grammes à 3 grammes par litre ; Tiirine ren- (( ferme des sels biliaires en abondance ; on décèle une glyco- « surie alimentaire notable, et les troubles fonctionnels ne « s'améliorent et ne disparaissent qu'au bout de 20 jours. » Un degré de plus, ce malade arrivait à l'ictère grave, c'està-dire à la mort de la cellule hépatique.

Donc, à doses variant avec les sujets, mais à doses faibles déjà, Talcool trouble les fonctions de la cellule du foie. Nous savons, d'ailleurs, que ce viscère est un des plus fréquemment lésés par les boissons alcooliques.

A un degré de concentration atteignant i5 p. 100, Talcool peut encore inhiber le pouvoir digestif de la salive, et, plus sûrement encore, celui du sucre pancréatique.

Sécrétion urinaire. — L'ingestion de boissons alcooliques augmente la sécrétion urinaire. Ce fait, nié par Hammond et par Bœcker, a été bien démontré par Rabuteau et par Jaillet (^). Cette diurèse est passagère, mais très notable : après avoir absorbé à jeun 100 centimètres cubes d'eau-de-vie, on émet cinq fois plus d'urine qu'avec une même quantité d'eau. Elle ne semble pas être d'origine nerveuse. Peut-être tientelle à une action directe sur l'épithélium rénal; peut-être encore, à l'élimination d'acétate de soude, puissant diurétique (Jaillet).

Sang. — Par la voie gastrique, comme c'est la règle, ou, plus rarement, par la voie respiratoire, l'alcool arrive lentement et peu à peu dans le sang. Il a d'ordinaire le temps de se brûler sans gêner l'hématose et surtout sans influencer la vitalité des globules rouges. Même à dose assez élevée, il peut circuler avec le sang, sans exercer sur ses globules rouges aucune modification physique appréciable et sans le coaguler. Il ne fait pas varier la teneur en gaz. La coloration noire du sang, due à l'accumulation de l'acide carbonique, est un phénomène asphyxique.

Après absorption d'une dose considérable d'alcool très con-

(') Jaillet. Thèse de Paris, i883, p. Cti.

EFFETS SUR LE SANG loi

centré, la surface du sang coagulé présente quelques plaques formées de globules graisseux ; cela tient, non pas à la dégénérescence graisseuse des globules (leur stroma ne se charge pas de graisse), mais à ce que pendant tout le temps que le sang renferme de l'alcool, la graisse émulsionnée, qui vient du chyle, n'est pas brûlée, non plus que le sucre. Et ce temps est assez long, puisque, d'après Gréhant, il faut 23 heures environ pour que le sang se débarrasse d'une dose d'alcool représentant i/aS de son volume.

Gréhant (*) fait ingérera un chien de ii kilogs, avec la sonde œsophagienne, 5o5 centimètres cubes d'alcool à lo p. loo, et il fait des prises de lo centimètres cubes de sang, de 1/2 heure en 1/2 heure. Le dosage donne, pour 100 centimètres cubes de sang :

Alcool absorbé.

Après une demi-heure o,4o

— une heure o,5o

— une heure et demie o,54

A partir de la première heure jusqu'à la quatrième, la proportion d'alcool, dans le sang, est constante et répond à la période d'ivresse profonde. Aussitôt que cette proportion baisse, l'animal fait des efforts pour se relever ; mais il n'est rétabli qu'au bout d'un certain nombre d'heures (').

Ces résultats sont de la plus haute importance ; ils permettent d'expliquer la longue durée des phénomènes de l'ivresse, par la persistance de l'alcool dans le sang, lequel distribue le poison dans tous les tissus, où, d'ailleurs, les analyses en révèlent la présence.

Après intoxication rapide (en une heure), le sang montre (les globules miiriformes, à bords sinueux, remplis de gouttelettes jaunes et brillantes, qui ne sont qu'une précipitation particulière de l'hémoglobine. Donc, l'alcool en excès dissout et tue le globule, précipite l'hémoglobine et détermine rapidement la mort (^).

(') Gréhant. Acad. des se, i3 nov. 1899.

(') D'après Friedfnann, il faut 18 heures pour débarrasser le sang. 0 Cela n'a lieu que pour les fortes doses toxiques, ainsi que l'ont démontrt" Mayer el Taav. Laitinen. (Alkohol und InfeklionstofT, p. loi. Helsingfors, 1900.)

loa PHYSIOLOGIE

Quand la pénétration de l'alcool dans le sang est fractionnée, la majorité des globules reste inaltérée, mais on voit cependant de nombreux globules crénelés ou dissous, une augmentation du nombre des globules blancs et une poussée hématoblastique. On constate enfin un état phlegmasique du sang, caractérisé par l'augmentation de la couenne de la saignée.

Jaillet [loc. cit.) fait remarquer que, pendant la fixation de l'oxygène par le globule rouge, l'alcool qui se trouve contenu dans le sang absorbe immédiatement une proportion d'oxygène suffisante pour passer à l'état d'acétate alcalin. Donc, la combustion de l'alcool s'opère au détriment de l'hématose ; et cela nous explique que les combustions organiques subissent un retard sous l'influence de l'alcool. D'autre part, la diminution du chiffre d'oxygène dans le sang artériel, a pour première conséquence un abaissement de la température du corps.

Il y a, en outre, formation d'aldéhyde; et cela ne saurait être mis en doute, car l'odorat permet de reconnaître la présence de ce corps, dans l'air expiré par certains buveurs d'eau-de-vie. Dujardin-Beaumetz et Jaillet avaient constaté que le globule rouge se trouve brusquement contraint, chez les sujets qui ont ingéré de l'alcool, à prendre une part de l'oxygène réservée à nos tissus, oxygène dont il va se servir pour oxyder cet alcool (^). \\y ix surmenage des hématies : « expression éminemmentjuste, « dit Pouchet, si l'on songe que, directement, l'hématie trans- (( forme l'alcool en acétate alcalin, destiné à l'élimination du u corps étranger. »

Avec le surmenage des hématies, il y a, de plus, arrêt des échanges; le sang, chargé d'oxygène, rutilant, est, comme le sang chargé d'oxyde de carbone, impropre à déterminer les combustions intimes. Mêlé à la solution de teinture de gayac, il est incapable de la bleuir, en lui cédant son oxygène.

Il y a encore lieu de signaler deux modifications fâcheuses: la première, c'est la déshydratation, et la seconde, l'acidification relative du sang. Il est avantageux que notre masse sanguine soit alcaline au maximum ; or l'alcool diminue cette alcalinité.

(') Voy. de même : Woodhead, Med. Temp. Rev., n» 8, 1900, p. 169.

EFFETS Sun LA CIRCULATION io3

En tout cas, une notable proportion d'alcool échappe à Taclion du sang; on en a retiré du cerveau et du foie, principalement, ainsi que des reins et de la rate des animaux alcoolisés; on l'a retrouvé en nature dans les excrétions, comme nous le verrons plus loin.

Nicloux (*) a montré encore que Talcool peut être retrouvé, en proportions notables, dans le sang fœtal. Ces constatations ont porté sur plusieurs femelles de cobayes pleines, et aussi sur plusieurs femmes.

Circulation. — Dans l'ivresse, le pouls est, au début, précipité ; ensuite il se ralentit. Après ingestion de 20 à 3o grammes d'alcool, on note, au sphygmographe, d'abord la fréquence, puis le ralentissement des battements du cœur, avec diminution des contractions; de là, diminution de la tension artérielle.

Des études expérimentales concernant l'action de l'alcool sur l'innervation du cœur, ont conduit Ilaskovec, de Prague (^), à des conclusions dont nous retenons les suivantes :

Les doses faibles d'alcool provoquent une augmentation passagère de la pression sanguine, et un léger ralentissement du pouls ; mais des doses élevées diminuent la pression artérielle et ralentissent fortement le pouls. Avec de l'alcool pur, on peut obtenir quelquefois une arythmie grave du cœur.

L'injection directe d'alcool dans la jugulaire a pour effet la mort du cœur, les centres de la respiration survivant. Cela semblerait prouver que le ralentissement du pouls est causé par l'excitation des centres des nerfs vagues et de leurs appareils périphériques, et aussi, un peu, par action directe de l'alcool sur le cœur. La diminution de la pression sanguine semble bien due à l'affaiblissement direct du cœur par Talcool.

Nous verrons à discuter plus loin la transformation possible des troubles physiologiques transitoires, de ce genre, en désordres pathologiques durables, d'un caractère opposé, comme les tachycardies que nous révèle parfois la clinique, au cours de l'alcoolisme aigu ou chronique.

(') NicLOux. Soc. biol., i6 déc. 1899.

0 UA.SCOVEK. Communie, au Congrès intern., 1900. Section de Nearol.

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« On a dit que l'alcool a une action excitante sur le cœur, dont « il accroît Ténergie contractile, en même temps que s'élève la « pression du sang, dans les artères. Mais l'augmentation d'am- « plitude du pouls, que Ton observe sous Tinfluence de Talcool, « n'est due qu'à un réflexe : le phénomène tient uniquement « (Schmiedeberg) à l'excitation des muqueuses buccale , pharyn- « gienne, stomacale, etc., par cette substance. A forle dose, if l'action paralysante se manifeste d'emblée ; les pulsations dimi- K nuent d'amplitude, la pression sanguine s'abaisse (Gley (')».

Pouchet (^) fait ingérer à des chiens 4^ à 5o grammes d'eaude-vie, par la voie buccale ; au bout de quelques minutes, il constate que le pouls, large et bondissant, s'accélère, allant jusqu'à 216. Puis arrive le sommeil d'ivresse, et le pouls se ralentit, assez parfois pour descendre de 216 à 4^. Peu à peu, il revient à la normale.

Les boissons à base d'alcool très dilué ne sont nullement sans action sur le cœur, surtout quand elles sont absorbées en grande abondance et quotidiennement. Maximowitch et Rieder ont constaté que l'ingestion de tout liquide augmente momentanément la pression artérielle et la fréquence du pouls; mais cette augmentation ne dure qu'une demi-heure^ quand il s'agit d'un litre d'eau, tandis qu'elle ne disparait qu'au bout de deux heures, avec un litre de bière ou avec un mélange à parties égales d'eau et de vin. De plus, l'alcool agit directement sur le myocarde, dont il diminue la tonicité et facilite la dilatation asthénique.

Respiration. — Après l'ingestion de doses moyennes d'alcool, la respiration augmente de fréquence, tout en restant régulière; mais au bout de quelque temps, les mouvements respiratoires diminuent de fréquence et peuvent même devenir très lents.

Binz a soutenu que l'alcool augmente la ventilation pulmonaire. Les expériences de Jaquet, de Bâle, établissent que cette augmentation de la quantité d'air qui passe dans les pou-

(') Compte rendu du VIÏ» Congres internat, contre l'nbus des boissons alcool., 1899. t. Il, Paris, 1900.

I*} Pouchet. Traité de pharmacodynamie, a» série, p. 190.

EFFETS SUR LA RESPIRATION io5

mons, dépend, en réalité, d'une excitation de la muqueuse stomacale. Le même effet est produit par d'autres irritants, la farine de moutarde, par exemple (*). Et après cette stimulation passagère de la fonction, survient le véritable effet de la substance toxique, qui consiste en une diminution des échanges respiratoires (Gley, loc. cit.).

Mais Binz n'a nullement accepté cette manière de voir, et il s'est efforcé de montrer que la stimulation respiratoire et Taugmentation de la ventilation pulmonaire sont bien des effets utiles, dus à l'action spécifique de l'alcool. D'après des séries d'expériences poursuivies, avec son assistant Weissenfeld, pendant les années 1894, 1898 et suivantes (^), il pense être autorisé à établir que :

1** des doses modérées d'alcool n'augmentent que peu l'activité respiratoire, chez la plupart des hommes ;

2** les mêmes doses l'augmentent chez tous les sujets, et de façon fort nette, quand ils sont à jeun ou fatigués ;

3'*-4*' l'augmentation est l'effet d'une irritation directe <le l'alcool très dilué, sur les centres nerveux, après passage dans la circulation ;

5^ la présence des produits aromatiques dii vin augmente l'action excitante de l'alcool pur.

On n'est pas encore fixé sur les modifications des échanges respiratoires : certains auteurs ont soutenu qu'à dose modérée, l'alcool diminuait à la fois l'absorption de l'oxygène et l'élimination de l'acide carbonique ; d'autres n'ont pas observé d'action appréciable sur la proportion de l'oxygène fixé. Henrijean et Jaillet affirment que l'alcool élève la consommation de Toxygène. C'est encore à cette conclusion qu'est arrivé plus récemment II. Singer (^), étudiant le rapport entre l'alcoolisation et l'activité de la respiration. Dans 3o expériences variées, l'auleur évalue la consommation d'oxygène, par minute, chez les animaux soumis aux injections d'alcool ; or, d'après lui,

(') Jaquet, de Bûle. Arch. de phannacod., Il, p. 187, 1895.

(*) G. Bixz, de Bonn, in Berlin klin. Woch.^ 19 et ao jonv. 1903, p. 4-^ et 79, trad. par René Cornélius. Ext. des hôp. in Arch. génér. méd., 24 mars 1903, p. 733.

rt H. SiXGEK. Arch. pharmacoL^ 1900, vol. Vf, p. 493. Résura. in Presse méd.,

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Taugmentation de Tabsorption d'oxygène est constante, et s'observe même aux doses qui produisent une profonde narcose, ce surcroît d'oxygénation ayant sans doute pour but, de faire équilibre, par une production de chaleur compensatrice, à l'augmentation des quantités de chaleur perdues. En conséquence de l'accroissement de la consommation d'oxygène, l'alcool excite la respiration et précipite le rythme respiratoire. Ces phénomènes d'irritation ne peuvent, on le conçoit, être bien durables; à cette excitation passagère, succède rapidement la diminution des échanges respiratoires, comme en témoigne le refroidissement du buveur, refroidissement d'autant plus prononcé que Tivresse est plus profonde.

Chaleur animale. — Nous verrons que 90 p. 100 de l'alcool ingéré est transformé, par oxydation, en acide carbonique et eau. L'effet thermique qui en résulte est considérable, puisqu'il est de 7 calories par gramme. Un litre de vin

à 10 p. 100 d'alcool, en volume, donnerait donc

ou 56o cal. soit un peu moins que le quart de la quantité totale d'énergie dépensée dans les vingt-quatre heures.

Est-il vrai que si l'alcool augmente la production de chaleur, il en augmente, d'autre part, la déperdition, en vertu de son action paralysante sur les centres vaso-constricteurs ? Après ingestion d'alcool, les vaisseaux périphériques seraient dilatés et contiendraient ainsi une plus grande quantité de sang, de telle sorte qu'une proportion exagérée de celui-ci serait soumise au refroidissement extérieur. Mais, comme le fait remarquer Gley, « c'est là de l'état toxique », et, à dose physiologique, la vaso-dilatation périphérique est nulle ou insignifiante.

On est allé encore jusqu'à dire que la chaleur tenant à la destruction de l'alcool, est inutilisable pour l'organisme. Mais comment admettre que des combustions se fassent dans le corps, sans que les calories produites servent à rien ? Toute quantité de chaleur dégagée dans l'organisme, par la destruction d'une substance quelconque, doit donner lieu à une économie des autres combustibles. Or, il y a dans l'alcool une source d'énergie théoriquement comparable à celle que l'organisme trouve dans la graisse et dans les hydrates de carbone, puisque.

EFFETS SUR LA VASO-MOTRICITE lO'

comme ces substances, il fournit des calories par sa destruclion [') .

Vaso-motricité. — Chezranimal, les modifications de la vasomotricilé, en général difficiles à apprécier, se traduisent parfois par Tinjection prononcée des oreilles et des yeux (vaso-dilatation). Chez Thomme, les phénomènes vaso-moteurs sont très nets : le visage s'anime, se colore, Toeil s'allume ; le sujet éprouve un certain bien-être, une sensation de « douce chaleur dans les veines », suivant l'expression consacrée, jusqu'au moment prochain où le centre de calorification devient insensible à l'action du froid et de la chaleur extérieurs, et où le sujet se refroidit réellement. C'est alors que l'intoxication, complétant sa diffusion, atteint les centres vitaux ; les incitations nerveuses qui commandent les actes chimiques, les échanges, sont ralenties ; les cellules nerveuses du bulbe peuvent être impressionnées, la respiration et le cœur se trouver gravement menacés dans leur fonctionnement.

Nous avons dit plus haut que Talcool, surtout à doses fortes, n'était pas sans action sur la fibre cardiaque (parésie) ; mais il agit surtout sur les centres vaso-moteurs, en favorisant la paralysie vaso-constrictive(^), d'où la facilité et la fréquence des phénomènes de congestion passive, au cours de l'intoxication alcoolique.

Pour toutes ces questions, le lecteur se reportera avec profit à la thèse de Joffroy (1875) et aussi aux publications de Anstie, de Dupré, de Baudot, à la thèse de Gingeot, puis à la thèse de Dumouly (action hypotherm. de l'alcool, 1880), enfin aux citations de la thèse de Pfeiffer.

Excrétion et sécrétions- — Une certaine quantité de l'alcool absorbé est éliminée par le poumon et par le rein : de 3 à 5 p. 100. Binz a cru pouvoir préciser, et il donne les chiffres suivants : rein 2,91p. loo; poumon 1,60; peau 0,14 C*). D'après cet auteur, il n'y aurait pas d'élimination par l'intestin.

('; Gley, loc. cit. — Voy. pour l'hisiorique. Ch. Pfeiffer. Loc. cit., 1904. p. 69. t') BuNGE. Die Aihoholfrage, p. 40.

(') Pfeiffer. Loc. cit. p. 44.

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Au cours de ses recherches sur le passage de Talcool dans le sang et dans les glandes, Nicloiix a établi (*) que^ chez les femelles en coursdegestation,ralcoolpassaitdanslesangniaternel et dans le sang fœtal, et qu'on le retrouvait dans Tun et dans Tautre, en proportions quasi identiques. Chez la femelle nourrice, la proportion d'alcool, un peu moindre dans le lait que dans le sang, est cependant encore considérable. Ayant expérimenté sur la femme, Tauleur a vu, après absorption de 27 centimètres cubes d'alcool par la mère, le sang fœtal contenir de i""^,5 à 5 centimètres cubes d'alcool, proportions qui se retrouvent presque identiques dans les analyses de lait. N'y a-t-ilpas, dans ces données précises, de quoi expliquer les faits d'hérédité!

Mais Nidoux a démontré plus encore, à savoir que l'alcool ingéré passe dans les glandes suivantes : testicule, prostate, ovaire, et qu'on le retrouve dans le liquide des vésicules séminales, ainsi que dans le sperme. Les analyses font voir que l'alcool passe particulièrement bien dans le tissu testiculaire, lequel en renferme une proportion presque aussi grande que le sang lui-même. « Ainsi se trouve bien déterminée, dit l'auteur, la genèse de ce que j'ai proposé d'appeler l'alcoolisme congénital (*). »

Action sur les échanges organiques C). — Nous avons déjà dit un mot des effets de l'alcool sur la température ; nous avons signalé ses qualités alimentaires possibles. Ces propriétés doivent, nécessairement, avoir une influence sur les échanges. L'alcool se brûle dans la circulation ; il s'élimine en nature par les reins et par la perspiration pulmonaire. Mais il se brûle et il s'élimine en raison inverse de la dose absorbée, et, enfin, sa combustion se fait au détriment de Thématose. Quoi

(') NicLOUX. C. R. Acad. fies se, \ç^Qid-\ç^o\-\ç)Oi,passim .

(*) NiCLOux (Soc, biol.. 2I juin 1900). — A noler également, que MM. Bonui et Ch. Garnier ont démontré l'existence d'ulcérations du tube séminifère. au cours de Talcoolisme expérimental, chez le rat blanc ; et ces altérations entraînent nécessairement dans le cycle spermatogénétique, des perturbations capables de donner lieu à la sécrétion de produits séminaux imparfaits.

(^) Voy plus loin le paragraphe de l'alcool-aliment.

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