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LÉSIONS MÉDULLAIRES ET NERVEUSES

Klippel signale encore une variété de méningite plastique, localisée vers la scissure interlobaire, et enfermant les granulations de Pacchioni. Elle consiste en une infiltration opaque, mucoïde, amorphe. Celte méningite est plutôt arachnoïdienne ; mais elle peut se compliquer d'exsudats inflammatoires, qui la relient à la pie-mère et à la dure-mère, aboutissant ainsi à Tadhérence des trois méninges.

Ces variétés de méningite laissent Tencéphale libre au-dessous des enveloppes ; mais parfois il se fait un symphyse partielle. Cette symphyse peut, enfin, se généraliser (ce qu'on constate chez tant de vieux alcooliques chroniques), produire la pachyméningite diffuse^ et surtout ces périméningo-encéphalites diffuses, auxquelles ressortit toute la pseudo-paralysie générale des alcooliques.

Notons encore des accidents apoplectiformes dépendant de la formation d^un hématome ; mais alors celui-ci n'est plus enkysté, et, siégeant sur la pie-mère, il peut être le point de départ d'une inondation ventriculaire (^).

En résumé : méningites sans encéphalite, d'une part ; mais plus couramment, sous les méninges altérées, des lésions de Técorce cérébrale.

Moelle et nerfs phériphériques. — L'alcool porte son action nocive sur toutes les parties du neurone moteur périphérique, avec localisations variées et combinées.

L'existence des névrites périphériques dégénératives et interstitielles, avec atrophie musculaire, est indéniable. Mais, dans un certain nombre de cas, qu'une observation attentive rend de plus en plus nombreux, on a trouvé des lésions médullaires.

D'ailleurs, nous fait observer Klippel, la moelle peut être lésée du lait de Talcoolisme. Magnus Huss y décrit la congestion et l'œdème des méninges, la dilatation capillaire. Pour Erb et aussi pour Buzzard, dans les paralysies alcooliques, les centres spinaux seraient initialemeni touchés. Schœffer a décrit minu-

W ^oy. Klippel. Ménin^^ites chroniques. Traité de méd. et de thérap , t. IX, p. 390. — Du même : Hémorragies méningées. Traité de méd. et de thérap., p. 407.

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tieusement des lésions de formes multiples, intéressant les cellules des cornes antérieures.

Toutefois, il arrive que le nerf périphérique soit atteint pour sa part exclusivement. Par l'expérimentation, Pitres et Vaillard ont montré que Talcool modifiait la substance nerveuse : Tinjection d'un peu d'alcool dilué, dans la cuisse d'un cobaye, provoque des modifications nerveuses interstitielles, et cette lésion locale produit sur le nerf l'effet d'un foyer qui tient sous sa dépendance des modifications terminales du type de la dégénérescence wallérienne (*).

D'autre part, si un nerf n'est rien par lui-môme, physiologiquement, et s'il n'existe qu'en raison de ses relations avec les centres nerveux, c'est, anatomiquement, une individualité. Nous le voyons composé de segments (cylindraxe, étranglements de la myéline par la gaine de Schwann, etc.), qui peuvent être intéressés directement et primordialement. De même que le curare localise son action sur la plaque terminale motrice, de même l'alcool, et aussi certains composants des liqueurs (essences), portent leurs effets sur les segments nerveux, qu'ils désorganisent, en frappant les gaines de myéline d'abord, et plus ou moins rarement le cylindraxe : c'est oe qui constitue la névrite segmentaire périaxile.

Comme conclusion, nous affirmons, avec tous les classiques, que les paralysies disséminées des alcooliques sont véritablement dues à des névrites périphériques du type névrite parenchymateuse, avec lésions de dégénérescence wallérienne, et qu'il se rencontre toutes les altérations de la névrite périaxile de Gombault.

Les constatations de Vierordt, relatant quelques altérations des racines postérieures de la moelle et une sclérose des cor-

(') Au nombre des principales références bibliographiques sur cet important sujet» citons :

Lancereaux. Dict. se. méd., iSf»:"». Paralysie alcool. Un. méd., i885.

W. Œttingek. Parai, alcool. Thèse de Paris. i885.

CiiARCOT. Parai, alcool. Gaz. hâp. 1884.

Gombault. Lésions de la névrite alcool. C.-R. Acad. des Se, y i885.

Broadbent-Buzzard. Lancet, i885.

Déjerine. Parai, alcool. Arch. physiol.^ 1887.

Pitres et Vaillard. Névrites alcool, expcrim. Soc. biol., 1889.

AcfiARD et SouPAULT. Parai, alcool, génér. Arch. méd. expcrim. , 1893.

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