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LÉSIONS DANS L'ALCOOLISME AIGU

dons de Goll, avec intégrité des nerfs périphériques, paraissent répondre à des faits d'exception. Il y a, par contre, plusieurs observations — et celle d'Achard et Soupault est des plus remarquables — où sont notées des altérations des cellules des cornes antérieures de la moelle et des cellules des noyaux gris du bulbe.

Abstraction laite de ces faits plutôt exceptionnels, on doit rattacher les paralysies dites alcooliques, à la névrite périaxile, avec persistance du cylindraxe dans les formes légères, avec dégénérescence wallérienne (interruption et disparition secondaire du cylindraxe), dans les formes graves.

Il va sans dire que les altérations des éléments nerveux moteurs ont leur retentissement habituel sur le muscle et sur les parties fibreuses : atrophie, dégénérescence, sclérose, rétractions (ces dernières, par action continue des masses musculaires antagonistes, restées saines), d'où peuvent résulter des déformations et de véritables infirmités incurables, alors même que la paralysie névritique a guéri.

Lésions dans l'alcoolisme aigu. — L'autopsie a souvent fourni des renseignements positifs : elle a d'abord montré l'imprégnation du sang et des viscères par l'alcool en nature. Nous avons vu que lorsqu'on fait ingérer à un animal la dose excessive de 45^^"*' d'alcool, 40^"' passent dans le sang (Gréhant et Nicloux) ; à l'autopsie, on retrouve i^°*',3 d'alcool dans loo centimètres

cubes de sang, c'est-à-dire —, chiffre des plus élevés (*). Or,

dans ces conditions, l'alcool tue le globule rouge, et peut le dissoudre ; il provoque aussi la leucocytose et la crise hématoblastique. En outre, l'état phlegmasique du sang est caractérisé par l'augmentation extrême de la fibrine (^). Dans les viscères, l'alcool se retrouve dans la proportion de o^™,3 à 0*^^,45 p. 100. Il y provoque des désordres congestifs intenses, pouvant aller jusqu'aux ecchymoses. On trouve restomac rempli de liquide acide, aigre, à forte odeur d'alcool; la muqueuse est ecchymotique ou même érodée. Mêmes désordres au

(') Gkéhant. Les dangers de l'alcoolisme. Rcu. scicniif.j a8 mars 1903, p. 388, '\*)Jaillet, Thèse de Paris, i883.

igo ANATOMIE PATHOLOGIQUE

niveau de l'intestin. Le foie présente une congestion active et passive, cette dernière due à l'asphyxie.

Congestion aussi, et aspect ecchymotique du rein, dont les tubes excréteurs sont gorgés de cylindres.

Les poumons présentent toutes les lésions de l'asphyxie ; aussi trouve-t-on des ecchymoses sous-pleurales.

Les lésions qu'on a le plus recherchées, sont celles des centres nerveux. Or, il faut tout d'abord reconnaître que dans nombre de faits de mort par alcoolisme aigu, il n'a été fait à leur sujet aucune constatation intéressante, bien que l'alcool puisse se retrouver à égalité dans le cerveau et dans le foie: o*^"»',4 pour 100 grammes de substance.

Au cas d'altérations, c'est surtout la congestion superficielle qu'on observe : la surface du cerveau est rouge vif, la piemère est injectée ; il y a sulTusion sanguine à forme ecchymotique. On peut même ^oir la réplétion des sinus et l'hémorragie méningée. Au cas de mort subite, foudroyante, par l'alcool, on se trouverait en présence d'une hémorragie méningée, dans la majorité des cas (six fois sur sept, d'après Tardieu).

Klippel insiste beaucoup sur l'importance des altérations cérébelleuses, et, pour lui, la titubation, signe capital de l'ivresse, serait comparable à la titubation due aux tumeursdu cervelet.

L'alcool, comme certains poisons, aurait pour ainsi dire une action locale élective (^).

H. Triboulet.

(') Klippel. Manuel de méd., t. VII.

CIIAPITHE V

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