OBSERVATION XLIX
(D'' H. lIucii.^RD Opéré cit.)
Angine de Poitrine Neurasthénique.
M”'® L. B..., névropathique, âgée de quarante-sej)t ans; est née d’un père très rhumatisant, d’une mère qui a été atteinte de gravelle ; une de ses filles a eu des coliques hépathiques après une grossesse ; une autre, âgée de seize ans, est extrêmement dévelopi)ée et presque obèse. Elle-même a eu à plusieurs reprises de l’eczéma, quelques douleurs vagues dans les membres, des névralgies erratiques et dernièrement un rhumatisme articulaire apyrétique n’ayant occupé que les articulations du coude et du poignet. Elle a éprouvé à différentes reprises des douleurs vives dans la région lombaire, quelques accidents de spasme vésical, et depuis sept ans elle se plaint d’une faiblesse singulière des membres inférieurs sans avoir jamais rien eu qui pût faire supposer l’imminence d’une vraie paraplégie (myélasthénie). 11 y a deux ans, pendant huit jours consécutifs, elle a été réveillée tous les matins, presque à la meme heure (de quatre heures à cinq heures), par des « accès d’oppression très douloureuse ». Tout à coup elle se lève, comme en proie à un cauchemar des plus pénibles ; elle « sent alors que sa respiration n’est pas en cause, car elle respire librement ; mais elle éprouye une sensation étrange, une angoisse indéfmissal)le avec crainte de la mort ; la poitrine semble trop étroite pour contenir le cœur, qui se gonfle et va éclater ; la douleur parcourt ensuite l’épaule gauche, le coude, l’avant-bras et parvient aux deux derniers doigts, qui sont le siège d’un engourdissement très pénible. » Cet état dure une heure et demie à deux heures, sans laisser d’autres traces qu’un certain anéantissement et de la prostration des forces. Puis tout disparaît au bout de douze jours, et depuis un an et demi cette femme, qui ne présente rien d’anormal du côté du cœur ou de l’aorte, n’a plus jamais rien éprouvé de semblable.
ÉTIOLO(iIE