‹ Traité de l'angine de poitrineChapitre 34 sur 110 · OBSERVATION LXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXIV

(I'ERSÜNNELLK)

-A.ngine de Poitrine Dys2)e23lique.

Le 22 Juin 1876, je suis appelé nuitamment au village de Sigogne, commune du Thou, canton d'Aigrefeuille, dans la maison d’un de mes clients et auprès d’un de ses ainis de Rochel’ort, qu'il avait invité à assister à la foire du pays. On avait gaiement déjeuné et plus largement encore diné, porté de nombreuses santés, ingurgité en abondance pâtés, jambon et volailles, et arrosé le tout d’innombrables verres d’eau-de-vie. Vers minuit, le citadin, peu accoutumé à de pareilles frairies et dont l’estomac n’était pas solide comme celui de nos paysans Charentais, se plaignit d’une douleur atroce au creux épigastrique, devint blême, eut bientôt les extrémités glacées, la peau baignée de sueurs froides, et ressentit enfin au côté gauebe de la poitrine et au bras du même côté, des élancements si aigus c[ue, craignant de mourir, il se mit à geindre d’une terrible façon, — on vint en hâte me chercher, et je trouvai mon homme dans une angoisse extrême ; il ne put me parler (|ue par signe, de peur d’éveiller la douleur qui était paroxystique, car lorsqu’elle s’exaspérait, il criait et s’agitait, cherchant à comprimer sa poitrine et son estomac pour atténuer sa souffrance ; le pouls était petit, resserré. — J'administrai un ipéca avec de l’eau tiède ; le terrain ainsi déblayé, une potion éthérée laudanisée, du tilleul

(1) Voir une observation publiée jjar M. Huebard {Union Médicale, 3“ série 1879) sur un cas d’Angine de Poitrine chez un dyspeptique goutteux, indemne de toute affection cardio-aortique, et qui s’est terminée par la mort. Mais l’autopsie n’a malheureusement pas été faite. Voir aussi, une page plus loin, une observation d’Angine de Poitrine Gastrique suivie de mort, du D‘’ Fuller.

ÉTIOLOGIE

avec de la cauelle, l’enveloppement des extrémités dans des lainages chauds, amenèrent du calme auquel préluda une expulsion abondante de gaz bruyants et fétides. — Le lendemain, le citadin était guéri, et partit le soir, jurant bien comme le rat de ville, invité chez le rat des champs, qu’on ne le reprendrait plus à imiter nos campagnards.

L’oliservation que je viens d’écrire est presque identique avec la suivante, due à M. le professeur Péter, et cfu’on lit dans son traité des maladies du cœur.

OBSERVATION LXV (D>' Péteu)

.\ngine de Poitrine dyspeptique au début d’un repas. — Troubles des vaso-moteurs.

Guérison.

J’ai observé des faits de simple névralgie du plexus cardiaque dans un cas très net survenu au commencement d’un repas. Après l’ingestion de quelques bouchées seulement, le malade fut pris d’un sentiment d’angoisse douloureuse à la région rétro-sternale supérieure. Il n’y avait pas de douleurs dans les bras, mais ils étaient comme alourdis, il y avait une pâleur excessive de la face, refroidissement des extrémités et tendance à la syncope.

Quand j’arrivai, quelques moments après le début de l’accident, le visage n'était pas seulement d’une excessive pâleur, mais les yeux étaient un peu excavés comme par une attaque de choléra, la vue était éteinte, la peau froide, couverte d’une sueur abondante et visqueuse; le pouls, filiforme et ralenti, battait cinquante fois seulement ; une douleur sourde existait encore à la région du plexus cardiaejue avec sentiment de gêne, de constriclion et de plénitude portant parfois le malade à 'faire de grandes inspirations ou à pousser des soupirs.

2“ Angine de Poitrine Dyspeptique

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