‹ Traité de l'angine de poitrineChapitre 47 sur 110 · Il n’y a pas eu d’accès depuis la potion calmante · texte numérisé non relu

Il n’y a pas eu d’accès depuis la potion calmante

J’observe nettement une différence entre le pouls du matin, qui est à cent douze, et le pouls du soir, qui est à cent vingt. Habituellement il se sent plus fatigué dans l’après-midi depuis trois ovi quatre jours. Poids de Furino le 10, douze cent grammes.

Mes confrères et amis, M. le docteur Levieux et M. le professeur Pitres, avec qui j’ai une consultation pour ce malade, acceptent le diagnostic que j’avais posé et me confirment dans le dessein que j’avais conçu de revenir au sulfate de quinine. — Je prescris au malade huit pilules contenant chacune dix centigrammes de sulfate do quinine et un centigramme d’opium brut.

12. — Le malade n’a pas eu d’accès depuis le 9 ; le pouls est à quatre-vingtdouze. Il n’éprouve plus qu’une douleur vague, obscure à la partie supérieure du sternum, qui l’oblige à faire de longues expirations. Sommeil la nuit passée. Les bruits du cœur sont plus nets ; le léger souffle de la base persiste. — Sulfate de quinine ut supra.

13. — Selles abondantes ; pouls à quatre-vingt-quatre ; pas de douleur.

14. — Un petit accès de demi-heure limité à la poitrine. — Le sulfate de quinine est continué quelques jours.

Les douleurs disparaissent définitivement.

DE l’angine de poitrine

Depuis, j’ai revu le malade. Son état général est bon; il perd très peu de poids. Le poids de glycosc oscille entre quinze et vingt-cinq. Le ceiir ne présente rien de particulier. Le bruit de souffle a à peu près disparu. De temps à autre il éprouve encore de vives douleurs sternales, écho affaibli des anciennes douleurs.

En 1879, il a été faire un voyage à Paris ; il a eu froid. Il a eu aussitôt cinq ou six accès très forts, avec propagation de la douleur dans l’épaule gauche.

En 1880, il a eu encore un accès; la douleur se propageait dans l’épaule dr ite.

M. X... est persuadé que s’il se fatiguait, s’il s’exposait au froid, comme auparavant, les accès se reproduiraient.

Je n’ai jamais pu obtenir d’analyses régulières d’urines

OBSERVATION CVI (Même auteur)

Diabète héréditaire. — Angine de Poitrine diabétique chez une femme

Mnie X..., fille d’un diabétique, âgée de (juarante-cinq ans, d’une constitution très robuste, perd son mari d'une affection cardiaque en 1877. Jusqu’à cette époque elle avait mené une vie de plaisirs : spectacles, soirées, diners succulents. Presque tous les jours elle mangeait une assez grande quantité de gateaux et de bonbons. Dans la dernière année de la vie de son mari, elle fut sans cesse sur pieds, entourant le malade des soins les plus dévoués, dormant par conséqticnt très peu, et mangeant d’une façon tiès irrégulière.

Elle ressentit très vivement la perte de son mari. Six mois après elle commençait à se plaindre de douleurs ayant pour siège la région précordiale. Elle était réveillée brusquement la nuit, vers trois heures du matin, par une gêne douloureuse occupant toute la région du cœur. La respiration devenait difficile, elle étouffait. Ce trouble durait environ une heure ou deux, après quoi la douleur s’amoindrissait, et elle dormait jusqu’au matin. J’examinai à celte époque la région endolorie. L’examen à l’œil nu ne me permit pas de constater quelque chose d’anormal, quoique la malade assurait que ce côté était plus volumineux que le droit. Je ne trouvai aucun ganglion au voisinage, même dans le creux de l’aisselle ; les glandes mammaires étaient normales, indolores. Les doigts, promenés légèrement sur la peau, ne provoquaient aucune douleur ; mais dès que cette pression devenait plus forte, en suivant le trajet des nerfs intercostaux, la sensibilité était très vive, surtout dans le septième espace intercostal gauche. La pression des apophyses épineuses était indolore. Je prescrivis des frictions calmantes au chloroforme et à l’essence de térébenthine. Deux mois plus tard, les mômes douleurs persistaient, offrant des alternatives d’amélioration et d’exacerbation. Dans une de mes visites, je vis alors M™® X... boire avec avidité de l’eau. Je l’interrogeai, elle m’apprit que depuis quelque temps elle urinait abondamment et que sa soif était augmentée. Une analyse d’urine à l’aide de la liqueur de Fehling et du polarimètre décela trente pour mille de glycose.

Prescription. — Régime mixte , viande, légumes frais, pommes de terre et purée de légumes secs deux fois par semaine. Bromure de potassium, trois

ÉTIOLOGIE

grammes par jour ; deux verres d’eau de Vichy par jour ; deux bains alcalins par semaine.

Au bout d’un mois le sucre était tombé à vingt-cinq pour mille, mais les douleurs étaient à peu près les mêmes. Je conseillai alors de la strychnine et de l’acide arsénieux de un à dix milligrammes par jour en passant par des doses progressives.

Régime et traitement furent très mal observés. Les points de côté se faisaient toujours sentir, et dès que la malade éprouvait une émotion, la nuit était plus mauvaise et la douleur la réveillait brusquement en sursaut. Je l’envoyai à Royan, elle en revint améliorée. Les douleurs ne se montraient plus qu’à des intervalles assez éloignés, la quantité de sucre était tombée à vingt-cinq pour mille.

L’indocilité de la malade rendit ce succès très momentané. La quantité de sucre remonta à trente-cinq pour mille.

En 1878, même état, plaintes incessantes ; malaise général ; affaiblissement ; perte de poids, cinq livres. La quantité de sucre oscille entre vingt-cinq et trente-cinq pour mille.

Cure à Vichy. M*“® X... y prend des accès de fièvre contre lesquels le sulfate de quinine reste impuissant.

Dix jours après la cure de Vichy, la quantité de sucre était tombée à dix poui’ mille.

Depuis cette époque, la malade a fait tous les ans une cure à Vichy. Elle a pris quelquefois un peu de strychnine et d’acide arsénieux; elle refusait l’iodure de potassium.

Elle a montré par intervalles un peu plus de docilité à s’astreindre à un régime dans lequel les féculents, le sucre et les vins sucrés sont quelquefois bannis, sans que j’aie jamais pu obtenir une abstention sérieuse.

L’état général est assez bon ; elle est vive, énergique, pleine d’entrain et la physionomie est colorée et respire la santé. Le sommeil est plus complet, moins troublé par le point de côté accompagné de suffocations. La perte de poids est d’environ deux kilogrammes par an. Les règles ont lieu tous les mois sans hémorrhagie ; elles sont à peu près ce qu’elles étaient avant la maladie.

Les lésions les plus manifestes ont porté surtout sur le système épidermique ; les cheveux sont tombés, les dents se sont cassées, la face palmaire des main.s offre des squames avec fendillement profond et douloureux de l’épiderme et du derme , il y a là une sorte d’eczéma sec, fendillé. Elle a souvent des vulvites et des vaginites; ces muqueuses deviennent d’un rouge vif, l'épithélium a disparu. Les badigeonnages de solution faible de nitrate d’argent font seuls disparaître momentanément la sécheresse et la briilure.

L’examen de la région précordiale ne dénote rien de particulier, comme en 1877. La douleur à la pression peut être provoquée dans le cinquième, le sixième et le septième nerf intercostal gauche. Cette douleur provoquée a pour siège les points d’émergence du nerf et l’angle des côtes. Les apophyses épineuses correspondantes sont également douloureuses.

Le cœur a ses dimensions normales, les bruits ont un timbre métallique. Le premier bruit est im peu prolongé ; pas de souffle, pas d’altération dans le rythme. Le pouls est fréquent, je ne l’ai jamais trouvé au-dessous de quatrevingt-seize à cent.

DE l’angine de poitrine

L’état des autres fonctions est excellent.

Les accès de douleur à la région précordiale et à la région sternale se sont éloignés, sont plus tolérables, et ne reviennent avec intensité que lorsqu’elle se livre à des fatigues exagérées ou lorsqu’elle est sous le coup de vives contrariétés.

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