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A. - Lésions de l'aorte seule
’ Aortite aiguë
avec ou sans lésions d’orifice
A — Dans le rhumatisme articulaire aigu.
B — A frigore.
G — D’une autre origine.
l Complication ' de l’athérome / aortique.
Avec ou sans lésions d’orifice, Avec ou sans dilatation simple ou anévrysmale.
B. — Lésions des artères coronaires seules.
C. — Lé.sions simultanées de l’aorte et des artères coronaires.
Idiopathique.
Deutéhopathique.
2» Aortite chroni«jue
1° — Aortite aiguë
M. Gintrac (1), de Bordeaux, et M. Corrigan, de Dublin, en 1838(2) ont, les premiers, appelé l’attention des médecins sur Vaortite comme cause prédisposante de l’Angine de Poitrine. Le praticien bordelais, tout en reconnaissant que cette dernière peut être essentiellement nerveuse, pense qu’elle est plus souvent symptomatique d’un état inflammatoire de l’origine de l’aorte. Il s’appuie sur les études nécroscopiques qui lui ont fait trouver cette artère dilatée, épaissie, cartilagineuse ou ossifiée en quelques points, ayant d’autres fois sa membrane interne enflammée et altérée. Outre ces désordres, rencontrés souvent par plusieurs médecins, il a vu sur l’aorte de l’un de ses malades, quatre poches membraneuses à parois épaisses dont le fond était dilaté et l’ouverture très rétrécie.
Norman Chevers confirma l’opinion de Corrigan, et M. le docteur Henri Léger (3), dans un travail écrit sous l’inspiration de M. J. Bucquoy, a démontré l’influence considérable que l’aortite jouait dans l’histoire de VAngor.
Voici quelques observations de la première variété d’aortite (aortite aiguë idiopathique, dépendant du rhumatisme articulaire aigu).
(1) Elle Gintrac. — Journal de la Société de Médecine de Bordeaux, 1835.
(2) Corrigan, Dublin Journal, t. XII, p. 243.
(3) Henri Léger. — Etude sur l’aortite aiguë Thèse de doct. Paris 1877.
ÉTIOLOGIE
OBSERVATION CXXXI (Résumée, par M. Liégeois)
(II. Léger. — Loco citato, p. 105-107)
Endocardite rhumatismale, — Propagation de l'inflammation à l’origine de Taorte
Angine de Poitrine.
X,.., domestique, âgée de vingt-huit ans. Pneumonie à vingt-ans ; il y a un an, bronchite avec hymoptysie.
Il y a six mois, fatigue dans les jambes, les mains, puis gonflement des articulations des doigts et du cou de pied ; traitée par bains de vapeur et frictions. Depuis, se fatigue vite et n’a pas d’appétit.
Le 9 mars, après avoir été mouillée dans la journée, elle est prise le soir de palpitations et d’oppression subite, et entre dans le service de M. Bucquoy.
Impulsion du cœur vive, un peu d’hypertrophie ; au niveau de la pointe, bruit présystolique avec souffle doux, très profond, systolique, se propageant vers l’aisselle. Rien à la base.
Le 16, léger bruit de souffle au second temps, à la base, se propageant vers la pointe, très prononcé le 18 ; en même temps, les artères du cou sont bondissantes.
Le 20. — A l’oppression, s’ajoute une sensation de déchirure, de vrille comme dit la malade, derrière la partie supérieure du sternum. Elle s’est déjà fait sentir depuis le début de l’affection, mais jamais d'une manière aussi marquée. Le soir, crise violente de palpitation (injection de morphine ; le 22, un vésicatoire.)
Le 28. — Agitation nerveuse continuelle, éréthisme cardiaque douloureux, petits frissons, sensation continue de chaleur fébrile.
Le 7 avril. — Réapparition de l’oppression, de la douleur rétro-sternale et des sueurs ; palpitations violentes, persistance du bruit de souffle au second temps, bruit aortique un peu plus clair comme timbre, sans augmentation de la zone de matité de cette artère.
Soumise à la digitale, la malade se trouve mieux.
Le 20. — Le bruit présystolique de la pointe a disparu ; il n’y a plus qu’un léger roulement qui le remplace; le bruit systolique, moins fort et plus sourd, se perçoit encore. Par contre, le bruit du second temps de la base est franchement accusé, se propageant vers la pointe sans y arriver cependant.
Le 21. — Douleur violente en vrille, entre les deux épaules, avec sensation de battements. Palpitations moins fortes.
Du 21 au !«>■ mai, rien de particulier; le 1®'' mai, persistance de la douleur rétro-sternale, engourdissement de tout le bras gauche, marqué au niveau de l’épaule, bondissement des artères.
Le 7 mai. — Tendance à la syncope.
Les choses se continuent avec des alternatives de calme et de recrudescence dans l’oppression, les palpitations, la douleur rétro-sternale qui se prolonge jusque dans le dos. Elle veut sortir de l’hôpital et meurt en septembre. L’autopsie n’en a pas été faite.