OBSERVATION CXXXII
(D'^ Léüer. — Thèse citée, résumée par M. Liégeois, loc. cit.)
Lésions mitrale et aortique anciennes. — Aortite. — Angine de Poitrine. — Attaque intercurrente de rhumatisme articulaire
M..., trente-neuf ans, couturière, règles peu abondantes, pas d’attaques rhumatismales, et cependant elle éprouve depuis sept ans des troubles au cœur, vertiges, perte de connaissance, annoncée par des bouffées subites de chaleur à la face. N’est ni hystérique, ni épileptique.
Depuis dix-huit mois, palpitations et enflure malléollaire pour lesquelles elle entre à l’hôpital, dans le service de M. Bucquoy.
La malade est pâle, décolorée, a des sueurs continuelles et des palpitations ; la pointe du cœur bat dans le sixième espace intercostal ; à son niveau, bruit de souffle systolique assez limité, perceptible à la main, et accompagné d’un roulement présystolique très marqué. A la base, double murmure, le premier, assez rude, se propageant dans les vaisseaux du cou ; le deuxième, plus doux, au bord gauche du sternum. Pas d’œdème ; pouls dépressible et bondissant. Bromure de potassium, arséniate de soude.
6 mars. — Névralgie faciale et douleur vive à la région precordiale, s’irradiant dans l’épaule gauche 4 le coude et les doigts ont des fourmillements continuels pendant la nuit.
La pression au-dessus de la clavicule, sur le trajet du phrénique est pénible, surtout à gauche ; à droite du sternum, matité très nette, séparée de la matité cardiaque.
Le 17. — Deux accès douloureux par jour, durant deux ou trois heures ; un après déjeùner, et l’autre plus violent après le dîner. Tout le pourtour de la poitrine, à la base, est le siège de violentes douleurs. Tous les soirs, injection de morphine.
Le 10. — Pas d’accès douloureux depuis deux jours, mais la gêne à la base du thorax continue ; insomnie, pupilles égales. Chloral, deux grammes.
Un mois après, la malade allant mieux, sort de l’hôpital ; elle y rentre le 10 mai sans avoir eu d’accès d’Angor, mais elle rentre avec des douleurs rhumatismales et du gonflement aux genoux, cou-de-pied et les épaules. C’est sa première attaque de rhumatisme, et il est à remarquer qu’elle a coïncidé avec la disparition de l’Angor.
La malade est traitée pour le rhumatisme, et ses douleurs disparaissent, mais alors l’Angor revient. Quoique moins fort et sans irradiation dans le bras, l’accès douloureux revient chaque soir et dure un quart d’heure ; au même moment, injection de morphine ; elle veut, malgré sa souffrance, quitter l’hôpital le 17 juin.
Il n’est pas douteux qu’ici TAngine de Poitrine était de nature rhumatismale, et la diathèse peut, ce me semble, justifier à la fois l’aortite et VAngor.
ETIOLOGIE