OBSERVATION CXXXIV
(Note prise en 1873 par le D’’ Liégeois à la Clinique médicale de M. le professeur Victor Parisot, de Nancy)
Aortite aiguë au cours d’un rhumatisme articulaire aigu. — ■ Mort subite par Angine
de Poitrine
Trois médecins réunis près d’une dame atteinte de rhumatisme articulaire aigu venaient de lui déclarer qu’elle serait guérie plutôt qu’on ne l’avait tout d’abord espéré ; soudain cette femme s’asseoit brusquement sur son lit, porte la main à son cœur où elle accuse une douleur déchirante avec irradiation cervico-brachiale. angoisse excessive, sueurs froides, pâleur des extrémités, puis elle retombe sur son dos, elle était morte, morte d’un paroxysme angoreux lié à une aortite aiguë, diagnostiquée la veille par des douleurs rétro-sternales, toutefois assez vagues, par des douleurs sur le trajet du nerf phrénique, un peu d’anhélation et un souffle systolique rude au foyer des bruits aortiques avec propagation à la carotide.
OBSERVATION CXXXV (résumée)
(H. Léger. — p. 109 et 110.)
Rhumatisme articulaire avec athérome et insuffisance mitrale, probablement préexistante. — Poussée consécutive d’aortite.
P. P., 65 ans, sain, a eu après un refroidissement des douleurs dans les épaules et les articulations qui ont duré trois mois pendant lesquels il a ressenti quelques paljiitations ; elles deviennent plus fortes peu à peu, s’accompagnent de gêne précordiale, d’étouffements rendant toute occupation impossible ; accès subits, le plus souvent nocturnes ; le cœur, les artères du cou et de la tête sont bondissantes ; douleur aiguë au-de'ssous du sein droit cessant avec la dyspnée mais commençant quelquefois avant elle ; elle reprend juste au même niveau en arrière et le malade la compare à un étau étreignant la poitrine ; pas d’œdème ; faciès aortique, battements violents au cou et à la fourchette sternale ; le doigt y sent des battements vigoureux systoliques ; pouls radial bondissant, cœur hypertrophié, imjiulsion large ; pointe au sixième espace, bruit de souffle très accusé, doux, systolique se propageant vers l’aisselle ; large matité aortique ; au niveau de l'oriflce aortique, battements clairs sans bruits de souffle mais au-
ETIOLOGIE
dessus, le premier battement aortique est éclatant, légèrement prolongé ; le second bruit plus éclatant et plus sec ; poumons sains, urine normale.
Impressionné par la visite, le malade est pris d’une crise avec menace de mort, il s’élance à la fenêtre, anxieux, suffoquant, mais une piqûre de morphine le calme ; vin diurétique, réapparition d’une crise dans la nuit, vésicatoire ; le bromure de potassium alternant avec le cbloral calme la gêne respiratoire et diminue le nombre et la force des accès ; le malade, deux mois après, sort de l’hôpital avec un soulagement marqué en conservant au cœur et à l’aorte les mêmes signes physiques qu’à son entrée.
Dans toutes les observations que nous venons de mentionner, l’Angine de Poitrine a été déterminée par une aortite aiguë reconnaissant pour cause une diathèse rhumatismale, mais il y a des cas où l’aortite angoreuse est complètement indépendante de cette diathèse, par exemple dans les observations suivantes :