OBSERVATION CXXXVII
(Ch. Liégeois. — Travail couronné par la Société Médicale d’Amiens, 1881.
Revue Médicale de l’Est, 1®'' janvier 1883, p. 14.)
Aortite aiguë. — Angine de Poitrine
L’auteur relate une observation d’Angine de Poitrine qu’il a recueillie en 1876, à l’hôpital de la Pitié, service de M. Lasègue, chez une femme de trente-cinq ans. Au moment de son entrée, cette femme était très oppressée ; elle racontait que la veille, à midi, sans cause connue, elle avait tout à coup éprouvé une douleur extrêmement vive à la région précordiale avec irradiation dans le bras gauche. On reconnaissait là un accès d’Angine de Poitrine, mais quelle en était
ÉTIOLOÜIE
la cause ? Le pouls était fort, sans irrégularités, les pulsations des radiales isochrones ; un bruit de souffle systolique existait à la base du foyer aortique. La température était à 38». Lasègue diagnostiqua une aortite aiguë et prescrivit une application de sangsues.
OBSERVATION CXXXVIII (résumée)
(H. Léger. — Loc. cit., p. 100, 109.)
Insuffisance aortique. — Aortite sous forme de poussées successives.
Hémiplégie. — Mort.
M. G..., déménageur, 52 ans, grand, vigoureux, pâle, alcoolique, a éprouvé après une chute violente sur l’épaule des palpitations, vertiges passagers, douleur subite et brûlante derrière le haut du sternum ; entre dans le service de M. Bucquoy avec un léger œdème sus-malléolaire ; respiration peu fréquente, pouls égal des deux côtés, bondissant ; au cœur, l’impulsion est étendue, la pointe bat dans le sixième espace intercostal avec des bruits sourds, sans souffle ; au niveau de l'orifice aortique, le premier bruit est net, le second non perceptible est remplacé par un souffle doux, aspiratif se propageant vers le bord gauche du sternum jusqu’à l’appendice xiphoïde ; matité aortique normale, toux sèche, respiration emphysémateuse, urine normale.
4 octobre. — Six jours après son entrée, plus d’œdème, mais toujours chaleur rétrosternale avec dyspnée la nuit ; les piqûres de morphine ne donnent aucun soulagement, les accès augmentent, léger souffle au premier temps dans l’aorte ascendante ; vésicatoire sur la région précordiale.
13. — Teint du malade encore plus terreux, étouffements, plus de décubitus, pouls faible, œdème aux extrémités inférieures. Drastiques, injection de morphine. Le vin de Trousseau donne un peu de calme, mais dans la nuit du 18, étouffements terribles, battements tumultueux du cœur ; le chloral remplace la morphine, calme relatif pendant deux jours, on constate à la base du cœur en dehors et à gauche des bruits préricardiques et au niveau de l’édifice aortique un double bruit de souffle.
Le 24. — L’oppression augmente, 60 centigrammes de scammonée, injection plus forte de morphine, un peu de mieux ; vésicatoire sur le cœur, l’œdème diminue et finit par disparaître.
Le 8 décembre. — Le malade se lève, dort bien, mange bien, puis se sent de nouvelles alternatives d’oppressions, d’étouffements, de suffocations, de douleurs ; le régime lacté semble amener du soulagement quoique le cœur s’hypertrophie sensiblement ; enfin pendant une période de calme, le malade quitte l’hôpital le 22 janvier 1877, mais il y rentre le 1»'' février avec une hémiplégie incomplète du côté droit, stertor et mort deux jours après.
Autopsie. — Noyau de ramollissement cérébral à la partie postérieure du corps strié du côté droit.
Cœur volumineux, pesant 890 grammes, à parois épaisses friables et jaunâtres valvules aortiques saines, flexibles mais insuffisantes, valvule mitrale saine, très étendue, aorte très dilatée, à parois molles, épaisses et friables, diamètre de 6 centimètres, plaques jaunes à sa surface interne jusqu'à la bifurcation aux artères iliaques ; quelques-unes se crétifient, d’autres, dans l’intervalle de ces dernières sont rougeâtres, ou de couleur saumon ; valvules sigmoïdes saines.
ÉTIOLOGIE
Le lübe inférieur du poumon gauche n’est qu’un vaste infractus ; dans le lobe inférieur du poumon droit, il en existe plusieurs gros comme des noix, rien dans les lobes supérieurs.