‹ Traité de l'angine glanduleuse et observations sur l'action des Eaux-Bonnes dans cette affectionChapitre 29 sur 45 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

L'étude des causes comprend, non-seulement la connaissance des agents extérieurs qui modifient l'économie et impriment à ses actes une direction anormale ; mais elle embrasse aussi la recherche de ces conditions cachées, qui ont leur racine dans les profondeurs de l'organisme, et qui, nées avec lui, ou lentement développées sous des influences auxquelles il a été soumis pendant longtemps, préparent ou déterminent l'éclosion des maladies. Je veux parler des conditions diathésiques ; et ce que j'ai dit dans l'introduction me dispense d'insister ici sur leur importance, au double point de vue de la pathologie et de la thérapeutique.

J'étudierai successivement les causes qui tiennent à l'individu ou à sa constitution, et celles qui dépendent des circonstances accidentelles au milieu desquelles il est placé,

§ I. — Sexe.

Le sexe exerce une influence très remarquable sur le développement de l'angine glanduleuse. Les observations que j'ai en ce moment entre les mains me donnent 60 hommes pour 1 2 femmes.

Loin d'indiquer ces chiffres comme exprimant la fréquence relative de la maladie dans les deux sexes, je

crois qu'ils l'exagèrent notablement; mais tout en tenant compte de certaines conditions particulières qui ont dû augmenter la proportion des hommes parmi les malades soumis à mon observation, cette proportion, en réalité, est beaucoup plus considérable que celle des femmes, et tous les auteurs tombent d'accord sur ce point (1). Cette différence se retrouve même, comme l'indique le docteur Green, dans d'autres affections du larynx : ainsi', sur 53 cas d'ulcération de l'épiglotte, M. Louis en a observé 39 chez des hommes, et 1 4 chez des femmes ; et de 86 cas d'ulcération du larynx, 60 ont été rencontrés chez des hommes, et 26 chez des femmes ; cette singulière préférence s'exprime dès l'enfance. Jurine et Nyland ont remarqué que le croup était plus commun chez les petits garçons que chez les petites filles.

Cette dernière circonstance est digne d'être notée; elle semblerait établir que la fréquence inégale de la maladie dans les deux sexes ne dépendrait pas, comme on pourrait le supposer, des conditions si différentes que leur crée la vie sociale, mais qu'elle tiendrait à des causes primordiales et à une aptitude originelle.

§ II. - Age.

Ce serait, suivant le docteur Green, de vingt-cinq à trente-cinq ans que cette affection débuterait le plus souvent; dans sa leçon déjà citée, M. Chomel dit n'en

(1) Sur ùOO cas, le docteur Green n'en a pas observé plus d'une centaine chez les femmes (loc cit., p. 86). Sur 22 cas, M. le professeur Chomel en a observé 17 chez des hommes {Gazette médicale, 18i6).

avoir pas observé au-dessous de quinze ans. Je soigne, en ce moment même, deux jeunes enfants, l'un de dix, l'autre de douze ans, affectés d'angine granuleuse ; leur mère présente la même maladie ; sous forme aiguë et passagère, j'en ai rencontré d'autres exemples chez de très jeunes enfants (1).

§ III. — Ucrédilc.

Cette grande condition, qui domine l'étiologie des maladies chroni{[ucs, doit ètro rangée parmi les causes prédisposantes de l'angine; j'en ai plusieurs fois constaté l'influence, et le docteur Green la regarde comme incontestable ; il raconte avoir soigné trois frères et leur mère atteints de cette maladie ; j'ai rencontré des faits analogues.

§ IV. — Conditions diatliésiques.

M. le professeur Chomel a le premier signalé le rapport qui existe entre cette angine et les affections herpétiques; mes observations sont tout à fait d'accord avec celles de mon savant maître : sur 45 malades chez lesquels j'ai cherché à vérifier cette relation pathogénique, je n'en ai trouvé que li qui n'offrissent pas des manifestations dartreuses très prononcées, et encore deux de ces malades avaient des blépharites chroniques; chez l'un

(1) Depuis que j'ai écrit ces lignes j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs fjits du uième genre : un enfaut de dix ans, (ils d'un de nos orateurs les plus dislingués, qui a lui-même assez longtemps souffert de celte affection, présente des granulations pliaryngiennes volumineuses ei l'ensemble de symptômes qui se rattachent à celte lésion.

d'eux existaient des sueurs de tête très abondantes, et les cheveux étaient tombés prématurément. Or, on sait que l'alopécie et l'inflammation chronique du bord ciliaire dépendent, dans un très grand nombre de cas, d'une disposition herpétique. Je serais porté à y rattacher également, d'après mes observations, ces sueurs partielles abondantes, habituelles chez certains sujets. Ainsi avec l'angine glanduleuse coïncident presque constamment des phénomènes dartreux : l'acné principalement, qui, suivant l'ingénieuse remarque de M. le professeur Chomel, offre avec les granulations une analogie de siège et affecte comme elles les glandules d'une membrane tégumentaire : sur 45 cas, j'ai rencontré 21 fois une éruption considérable d'acné ; 11 fois elle coexistait avec du pityriasis ; 7 fois cette dernière éruption existait seule ou combinée avec du lichen, et occupait spécialement la tête, la poitrine, la région fémoro-scrotale. Après ces formes, j'indique, dans leur ordre de fréquence, l'eczéma, le psoriasis, Fecthyma, l'herpès, comme manifestations de la diathèse herpétique, constatées par moi chez les malades que j'ai examinés. Chez l'un d'eux la suppression d'une transpiration abondante des pieds a précédé le début de l'angine, et plusieurs fois en a marqué les exacerbations. Un certain nombre était tourmenté par des furoncles, des orgelets , affections qui ont une grande parenté avec l'acné, et se montrent souvent chez les mêmes sujets. Dans le plus grand nombre des cas, les dartres avaient précédé l'angine, et persistaient pendant sa durée ; mais quelquefois leur disparition coïncidait d'une manière remarquable avec le développe-

20 ANGINE GLANDULEUSE.

ment de la maladie granuleuse; ou bien encore, ces diverses manifestations se succédaient l'une à l'autre, et par leur alternance môme semblaient trahir une commune origine.

Il est une autre affection qu'on rencontre très souvent chez les sujets atteints d'angine, et qui me paraît, comme je l'ai déjà dit, dépendre du même principe, c'est lablépharite chronique. Les yeux acquièrent une sensibilité anormale, surtout sous l'impression de la lumière artificielle. La vue devient tendre, suivant l'expression des malades , et se fatigue facilement : le bord ciliaire est rouge et garni d'écaillés furfuracées; et en renversant la paupière inférieure , on aperçoit vers l'angle externe de la gouttière palpébro-oculaire un groupe de granulations, en général rouges, entourées du moins à leur base d'une aréole vasculaire, et constituées par le développement morbide des papilles conjonctivales. Un de mes malades avait été pendant dix ans tourmenté par une blépharite qui disparut lorsque l'angine se développa (observation T) (1) ; une autre avait été forcée, par une blépharite opiniâtre, de se rendre aux eaux de Luchon pendant plusieurs années : ses yeux se trouvèrent bien de ce traitement, mais le larynx et la trachée ne tardèrent pas à être affectés (observation 5').

L'angine, d'après les recherches de M. le professeur

(1) Malgré la dénomination commune de granulations, les lésions,

comme nous l'avons indiqué, occupent des éléments anatomiques très

différents dans l'angine et dans cette variété de blépharite. Dans la

première , ce sont des glandules en grappe ; dans l'autre, ce sont des papilles.

Chomel, paraîtrait avoir quelque conuexion avec une autre maladie, caractérisée également par la production de saillies granuleuses, et pouvant se développer sous l'influence de la même condition diathésique : c'est la métrite granulée. Sur 5 femmes atteintes d'angine, qu'il avait observées en 1846, 3 avaient en même temps ou avaient présenté antérieurement des granulations utérines. J'ai rencontré des faits analogues (observation 11') (1).

Tous les troubles profonds de l'organisme peuvent favoriser les maladies diathésiques, et l'angine en particulier. Chez un malade, c'est à la suite d'une dysentérie chronique que les premiers symptômes ont éclaté (observation 13') ; d'autres les font dater de chagrins vifs ou prolongés qui ont profondément ébranlé leur santé ; chez

(1) Cette dernière affection est complexe et occupe simultanément, d'après mes études cliniques, confirmées par les recherches microscopiques de M. le docteur Lebert, les papilles et les follicules du col utérin. Si mes observations ne m'ont point trompé, ces deux ordres d'éléments histologiques, confondus sous le nom de granulations, présentent une évolution différente, et n'arrivent pas à la guérison en suivant les mêmes phases; les papilles s'affaissent, les follicules s'ulcèrent en général, et laissent de petites dépressions arrondies qu'on ne peut mieux comparer qu'à celles d'un dé à coudre. Quelquefois leur orifice s'oblitère, et ces follicules distendus forment à la surface des taches jaunes que j'ai désignées sous le nom (Vétat acnoïde du col, dénomination qui fut adoptée par mon interne et ami le docteur Astrier, de regrettable mémoire, dans un travail sur les affections herpétiques du col utérin {Mémoires pour le concours des internes des hôpitaux, 1850). Quand on incise ces taches jaunes, on en voit sortir des globules pisiformes d'une matière comparable à l'humeur vitrée, offrant un point jaunâtre et opaque à leur centre, et formés évidemment par la sécrétion accumulée des follicules utérins.

22 ANGINE GLANDULEUSE.

un autre (observation 10') , c'est après la suppression d'un flux hémorrhoïdal, qui avait duré pendant quinze ans; presque en même temps, une affection psoriasique se montra sur les jambes.

La calvitie, dans un assez bon nombre de mes observations, coïncidait avec l'angine: le pins souvent consécutive au pityriasis età l'acné du cuir chevelu, elle témoigne de l'opiniâtreté de ces manifestations. Peut-elle quelquefois, en rendant la tête plus accessible à l'impression du froid, favoriser des coryzas, qui sont si fréquemment les préludes de l'angine? Je ne fais que poser cette question sans y attacher aucune importance ; cette circonstance n'interviendrait d'ailleurs que comme cause occasionnelle, et elle manque si souvent, qu'on ne saurait lui assigner, dans tous les cas, qu'un rôle secondaire.

En même temps que des manifestations herpétiques, j'ai souvent noté des douleurs rhumatoïdes, d'autres fois des accidents dyspeptiques chez les sujets atteints d'angine ; et tous ces symptômes se rencontrent fréquemment, comme on sait, dans les affections dartreuses. Sont-ce des états morbides congénères? Ou bien encore distincts dans leur essence , se développent-ils simultanément sous l'influence d'une débilité constitutionnelle, ou de toute autre condition générale de l'organisme, qui favorise l'éclosion de tous les germes diathésiques ? C'est une question qui peut laisser encore matière à discussion, bien que toutes les présomptions me semblent se réunir en faveur de la première hypothèse.

§ V. — Cuiifuriusttiun de la buuclic.

M. le professeur Chomel regarde comme prédisposant à la maladie qui nous occupe la forme ogivale de la voûte palatine avec rétrécissement de l'arcade dentaire. Chez les personnes qui présentent cette disposition, la lèvre supérieure est entraînée en haut, leurs narines sont généralement étroites, d'où résulte la nécessité de respirer par la bouche , et de tenir cette cavité ouverte pendant le sommeil ; de là, sécheresse de la muqueuse buccale, et peut-être irritation sécrétoire des gland ules pharyngiennes, ce qui peut en amener l'hypertrophie. {Pathologie générale, p. I2>li.)

§ VI. — Climats.

Certains climats, par leur inconstance et leurs variations brusques de température, paraissent favoriser les affections des organes respiratoires, et de l'angine en particulier. Le docteur Green remarque qu'elle est plus commune et plus grave dans les États du nord de l'Union ; cette règle cependant, ajoute-t-il, n'est pas sans exception, et l'angine est fréquemment observée à laNouvelle- Orléans. Quelques auteurs ont contesté cette influence des climats. Le docteur Hastings, dans son traité des maladies du larynx (1), prétend qu'il n'a aucun motif de croire que, dans cette affection, le séjour de l'Italie soit préférable à celui de l'Angleterre; à l'appui de cette nia-

(1) A Treatise on Diseases of larynx and trachea (London, 1850).

2/l ANGINE GLANDULEUSE.

nière de voir, il cite, comme un fait reconnu, la rareté croissante de la phthisie pulmonaire à mesure qu'on s'avance vers le nord; cette maladie, selon lui, épargnerait les habitants de l'Islande.

D'autres statistiques il résulte au contraire que la phthisie est beaucoup plus rare dans certaines contrées du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique, que dans la France, l'Angleterre et l'Allemagne. Certaines régions à température froide, mais plus constante, partageraient-elles cet avantage, cela n'infirmerait pas la proposition que je formulais en commençant cet article sur l'action des climats variables et soumis à de brusques changements de température. D'ailleurs on ne saurait conclure ri2;oureusement de l'influence des climats sur la phthisie, à celle qu'ils exercent sur l'angine; et l'on peut admettre comme devant concourir à la production de cette dernière maladie, au moins à titre de causes occasionnelles, toutes les conditions qui favorisent le développement des affections catarrhales de l'appareil respiratoire.

S VII. — Profcssiocis.

Avant qu'on eût bien déterminé les caractères distinctifs de cette affection , on avait remarqué en Amérique et en Angleterre qu'elle frappait particulièrement les hommes qui se livrent à l'exercice de la parole, et spécialement les ministres protestants; d'après les observations de M. le professeur Chomel, les avocats, les instituteurs, les chanteurs, en sont spécialement atteints. J'en ai observé moimême un grand nombre d'exemples dans les mêmes

conditions professionnelles. Cependant, comme le remarque le docteur Green, il ne faut pas croire qu'en dehors de ces professions on soit à l'abri de l'angine. Les gens qui les exercent ne comptaient que pour un cinquième dans le nombre très considérable des malades qu'il a observés ; mais chez eux, il est vrai, la maladie était en général plus grave. Suivant le même auteur, les ecclésiastiques s'y trouvent dans une proportion plus considérable que les avocats et les huissiers priseurs, qui cependant font un usage plus continu, plus fréquent, et souvent plus prolongé, de la parole. Il cherche dans cette circonstance même la raison de cette différence : les ministres du culte se reposent et parlent peu pendant six jours de la semaine; le dimanche, ils sont obligés de prêcher et de lire à haute voix pendant un temps dont la durée est fixe ; tandis que les autres ne subissent pas ces alternatives d'un repos excessif, et d'un exercice immodéré; ils sont plus maîtres de régler, suivant leurs forces, le temps qu'ils y consacrent. Le docteur Green fait intervenir comme cause inhérente à la profession ecclésiastique la situation morale fâcheuse dans laquelle se trouvent beaucoup de ministres : trouvant à peine dans leur mince salaire le moyen de subvenir aux besoins de leur famille, inquiets sur l'avenir, ils négligent les premiers symptômes de la maladie, ou font d'énergiques efforts pour surmonter les obstacles qu'elle oppose à l'accomplisseraent de devoirs professionnels dont dépend leur subsistance. C'est surtout alors qu'on voit la maladie faire de rapides progrès, et, en général, la nécessité de parler ou de chanter quand on est atteint d'un rhume ou d'une

26 ANGINE GLANDULEUSE.

grippe, est une condition qui favorise le développement de l'angine, ou en aggrave les symptômes.

Certaines professions qui forcent le malade à vivre dans une atmosphère tenant en suspension des particules solides, des fdaments de laine, des duvets, des poussières minérales ou végétales, prédisposent aux différentes affections des organes respiratoires (1).

§ Vlil. — Influence de diverses maladies.

Toutes les maladies qui intéressent la membrane muqueuse pharyngo-laryngienne, la rougeole, la variole, la scarlatine, peuvent être le point de départ de cette affection; l'engorgement des amygdales serait, suivant le docteur Green, une conséquence fréquente des fièvres éruptives, et précéderait celui des glandules pharyngiennes. La grippe surtout mérite une place importante dans cette étiologie. Le médecin de New- York signale une coïncidence remarquable entre l'épidémie grippale de 1830 et l'apparition de cas nombreux d'angine glanduleuse qui, pour la première fois, attirèrent en Amérique l'attention des médecins; il se demande si quelques rapports pathogéniques existeraient entre ces deux maladies Je suis porté à répondre par

(1) On trouve dans Toiivrage du docteur Haslings des détails effrayants sur In mortalité qui frappe les remouleurs de Sheffield : ici il ne s'agit plus, il est vrai, de laryngites ou de bronciiites, mais de la phthisie, qui atteindrait fatalement, après un terme plus ou moins long, tous ceux qui se livrent à ce travail ; on conçoit que des affections moins graves puissent se développer sous les mêmes influences.

rafflrmative. Je rapporterai bientôt quelques faits qui semblent justifier cette manière de voir (voyez chapitre IV, Angine glanduleuse aiguë). Toutes les affections catarrhales des organes respiratoires, et celles surtout qui intéressent la partie supérieure du tube aérien, peuvent intervenir à titre de causes occasionnelles puissantes dans le développement de l'angine glanduleuse. Beaucoup de malades attribuent à un rhume ou à une grippe Torigine ou l'aggravation des accidents qu'ils éprouvent.

Non-seulement les coryzas répétés et chroniques doivent être rangés parmi les causes de l'angine glanduleuse, mais l'inflammation de la partie postérieure des fosses nasales en est très souvent le premier degré. Cette dernière affection tend à revêtir la forme chronique. Tous les matins les malades ramènent dans la bouche , par une sorte de reniflement guttural, des mucosités épaisses, d'un jaune verdàtre, quelquefois demi-concrètes, et qui se sont accumulées pendant le sommeil vers les narines postérieures. Les efforts que fait le malade pour leur faire franchir l'isthme du gosier provoquent quelquefois des nausées et des vomituritions. Très souvent ce coryza postérieur accompagne l'angine glanduleuse ; dans quelques cas même, il prédomine sur les autres phénomènes morbides, et donne à la maladie une physionomie particulière.

ANGINE GLANDULEUSE.

§ IX. — Efforts de la voix, usage du tabac.

Un effort considérable de la voix a paru, dans certains cas, le point de départ de l'affection qui nous occupe, et a précédé l'apparition des premiers symptômes (1).

De toutes les causes occasionnelles, une de celles dont l'action me paraît la plus incontestable est l'abus du tabac à fumer; cette habitude exerce trop souvent une action funeste sur la santé de ceux qui s'y livrent. Véritable opium des Occidentaux, chez beaucoup d'habitants des villes, le tabac agit à la longue comme stupéfiant sur le système nerveux, et spécialement sur les nerfs qui président aux fonctions digestives ; il provoque en même temps l'irritation de la membrane muqueuse respiratoire, et particulièrement des glandes pharyngées. Je suis heureux de me rencontrer avec M. le professeur Chomel et avec le docteur Green, dans l'appréciation de cette influence, et je crois avec eux que le renoncement à l'habitude de fumer est une condition essentielle de la guérison.

L'usage du tabac à priser est suivi des mêmes inconvénients; chez ceux qui se livrent à cette pratique, la paroi postérieure du pharynx est habituellement tapissée d'une couche de mucosités qui entraînent avec elles de nombreuses particules de tabac, le matin surtout ; la position déclive de la tête pendant la nuit pousse les

(1) Docteur Green, p. 180.

sécrétions nasales dans cette direction. On comprend combien le contact habituel de ce fluide anormal, et surtout de la poussière irritante à laquelle il sert de véhicule, doit irriter T arrière-gorge. Un des cas d'angine les plus remarquables dont j'aie été témoin, était celui d'un vieillard qui faisait du tabac à priser un usage inniiodéré.

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