‹ Traité de l'angine glanduleuse et observations sur l'action des Eaux-Bonnes dans cette affectionChapitre 30 sur 45 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ANGINE GLANDULEUSE AIGUË.

L'angine glanduleuse a été considérée comme une maladie essentiellement chronique, par tous les médecins qui s'en sont occupés jusqu'ici. C'est sous cette forme que je l'étudierai dans la suite de ce travail , c'est elle que j'ai eue spécialement en vue dans les considérations qui précèdent. Cependant elle peut se présenter avec une marche aiguë, ou avant de s'établir définitivement et d'une manière continue, avec tous les caractères de la chronicité, se manifester par des accès que séparent de longs intervalles de rémission. Je vais rapporter quelques observations qui nous montreront l'angine glanduleuse sous cette forme, non encore étudiée, ou dans cette période d'intermittence qui peut constituer une des phases de son évolution, et précéder son complet développement.

Cet hiver (1855-1856) a été marqué par une épidémie de ces affections catarrhales qu'on désigne vulgairement sous le nom de (jrippes, bien qu'elles n'aient ni l'ensemble phénoménal ni la gravité des véritables épidémies grippales. Les catarrhes de cet hiver commençaient en général par des coryzas ; bientôt la gorge se prenait, il survenait une toux quinteuse et de l'enrouement ; assez souvent la fièvre se développait, précédée de frissons.

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accompagnée de céphalalgie, et souvent de troubles gastriques ; cette fièvre offrait en général le type rémittent, avec paroxysmes le soir. Convenablement soignés, ces accidents duraient une huitaine de jours ; d'autres fois, l'inflammation franchissant la région du larynx, envahissait la trachée, ou même tout l'arbre bronchique, donnait lieu, principalement pendant la nuit, à des quintes d'une toux violente, retentissante, assez intense quelquefois pour produire de la suffocation ou des vomituritions, et laissant dans la région sternale et vers les attaches du diaphragme une sensation de fatigue douloureuse. Les malades se plaignaient d'une sensation de chatouillementcontinuelàla gorge, provoquant le besoin de tousser, ou de faire une expiration bruyante, ce que les Anglais désignent par l'expression iinitative de j hernming (du verbe to hem), quelquefois d'un peu de gêne ou de douleur dans la déglutition. Les accès de fièvre, s'ils s'étaient montrés dans la première période, cessaient le plus souvent . ou étaient représentés par un simple malaise périodique. Cette affection pouvait durer plusieurs semaines, laissant quelquefois les malades dans un état de faiblesse, qui n'était pas en rapport avec le peu de gravité d'une affection qui ne leur avait paru être qu'une simple indisposition.

J'ai examiné la gorge d'un grand nombre de ces malades, et chez ceux qui avaient deTenrouement, un chatouillement à la gorge, du hernming, j'ai trouvé un développement considérable avec rougeur des follicules pharyngiens ; chez quelques-uns, l'épiglotte était d'une couleur rouge uniforme, et d'un aspect grenu, tomen-

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teux ; chez un grand nombre de ces malades j'ai observé des signes prononcés d'herpétisme. Ces granulations préexistaient-elles à la maladie accidentelle, et avaient-elles seulement subi sous son impulsion un développement anormal? Je crois qu'il en fut ainsi chez un certain nombre ; car après la disparition des accidents, j'ai retrouvé les glandules beaucoup moins volumineuses, beaucoup plus pâles, mais bien caractérisées, et les malades reconnaissaient avoir ce hem caractéristique que souvent ils n'avaient pas remarqué auparavant, parce que leur attention n'avait pas été attirée vers ce phénomène.

Je suis bien éloigné, cependant, de prétendre que ce développement des glandules pharyngiennes, se rattachant à une affection catarrhale aiguë, suppose nécessairement une diathèse herpétique, ou ne soit que l'exagération d'un état morbide préexistant. Je suis persuadé qu'il y a des inflammations catarrhales simples du larynx à forme granuleuse, comme il existe des conjonctivites et des métrites granuleuses dégagées de toute influence diathésique (1).

Mais je crois pouvoir conclure de mes observations que la diathèse herpétique et le développement morbide des glandules pharyngiennes prédisposent à ces catarrhes, et surtout favorisent la forme laryngée qu'ils revô-

(1) Les mêmes faits se leproduisent sur la peau. La diaUièse dartreuse peut s'y exprimer par des affeclions aiguës ou chroniques; et d'une autre part, cet organe peut être le siège d'états morbides très divers, qui offrent de l'analogie avec les manifestations herpétiques , et se développent sous l'influence de causes accidentelles et passagères, ou d'autres conditions diathésiques.

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tent assez souvent. Chose remarquable : en même temps que, chez les adultes, j'observais ces laryngites, j'ai soigné plusieurs enfants affectés de laryngites striduleuses, dont quelques-unes graves. J'en rapporterai plus bas une observation dans laquelle le diagnostic pouvait offrir quelque incertitude. Le pharynx, chez ces enfants, était en général granuleux d'une manière très prononcée, et chez quelques-uns qui avaient eu plusieurs attaques successives de la même affection, il existait des eczémas, des pityriasis, ou des lichens rebelles. Était-ce une simple coïncidence ? La diathèse herpétique interviendrait-elle quelquefois comme condition pathogénique des affections catarrhales du larynx chez l'enfant? C'est une question sur laquelle j'appelle l'attention des médecins spéciaux. Je puis dire seulement que quelques malades, atteints d'angine granulée chronique, se rappelaient avoir eu dans leur enfance des attaques de faux croup. Mais, je le répète, je n'en tire aucune conclusion ; les faits dont je dispose sont trop peu nombreux, et je suis d'ailleurs convaincu que toute laryngite peut présenter, chez l'enfant, le caractère striduleux, très rare dans la laryngite aiguë chez l'adulte (1), et qui tient très probablement aux conditions spéciales de l'organe vocal dans le premier âge.

;i) J'ai traité dernièrement une femme, atteinte de syphilis consliluiionnelle, et qui fut prise d'aplionie au milieu de la période éruptive; une première cautérisation, faite avec une solution d'azotate d'argent au dixième, parut la soulager ; une deuxième provoqua, au bout de quelques heures, un véritable accès d'angine striduleuse, avec orthopnée, toux croupale, etc., et qui se répéta encore, quoique affaiblwf le jour suivant.

Une autre tentative ayant amené des accidents semblables, sans

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Voici quelques oljservations de laryngite aiguë, avec développement morbide des follicules pharyngiens.

Au mois de février 1 856, je reçus à l'hôpital de la Pitié la femme R. . . âgée de trente-cinq ans; née d'un père sujet aux maladies herpétiques, elle a été elle-même affectée de pityriasis, de prurit vulvaire, et raconte avoir été pendant assez longtemps tourmentée par une indisposition que j'ai observée dans les mêmes conditions diathésiques : c'était un besoin fréquent et irrésistible d'uriner, qui se faisait sentir, le soir surtout, et lorsqu'elle se trouvait dans une atmosphère chaude ; elle en fut guérie, ditelle, par l'usage des bains sulfureux. La femme R... est assez sujette aux rhumes. Dans l'hiver de 1 856, à la suite d'un refroidissement, elle fut prise soudainement de toux et d'un enrouement, bientôt porté à un tel degré , qu'elle devint complètement aphone ; elle se décida alors à entrera l'hôpital; sa respiration était sifflante, suspirieuse ; sa toux rauque ; elle accusait de la dyspnée ; elle avait de la fièvre ; Tisthme du gosier et le pharynx étaient d'un rouge vif; celui-ci granuleux d'une manière très prononcée ; les amygdales et les glandes sous-maxillaires étaient un peu tuméfiées ; la malade accusait un chatouillement incommode au niveau du larynx, et un peu de gène dans la déglutition.

que la voix éprouvât aucune modificnlion favorable, et la malade accusant de la dyspnée, et une douleur croissante dans la région laryngée, je renonçai h celte médication, et je fis des insufflations avec de la ^udre de gomme et du calomel. L'amélioraiion fut immédiate, et après ^ekjucs insufflations, la malade pouvait parler distinctement. Je substituai après quelques jours l'alun au calomel, et celte femme fut rapidement et complètement guérie.

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Un vésicatoire appliqué sur la région sternale, une potion belladonée, un gargarisme adoucissant amenèrent une prompte disparition de ces accidents, et au bout de six ou huit jours, la malade sortit guérie.

L'observation suivante offre de l'intérêt par l'existence de lésions glanduleuses, et par la violence des symptômes qui ont été à la fois plus graves, et surtout beaucoup plus opiniâtres que ceux qu'on observe ordinairement dans une simple angine striduleuse. Au lieu d'une congestion passagère, ou d'une inflammation superficielle du larynx, il est permis de croire, d'après la raucité permanente de la voix, portée jusqu'à l'aphonie, que, dans ce cas, l'affection de cet organe était plus profonde, et constituait un élément plus important de la maladie.

Le fils du comte de V. . . , âgé de huit ans, néd'une mère atteinte d'herpétisme, et sujet lui-même à des manifestations de même nature, ayant eu antérieurement des attaques de faux croup, était enrhumé depuis unjour ou deux, lorsque le 2 février il se réveilla en sursaut avec une toux rauque, rappelant l'aboiement du chien, de l'anhélation, de la fièvre. Je me rendis chez lui vers dix heures et demie ; il était assis sur son lit ; sa face était pâle, anxieuse, plombée ; ses yeux étaient saillants, ses lèvres bleuâtres. On entendait de loin ses respirations, sifflantes, suspirieuses, précipitées, interrompues de temps en temps par une sorte de toux, ou plutôt d'aboiement étouffé. Le pouls battait ! 20 fois par mimite, l'enftint parlait à voix basse ; si on l'engageait à faire des efforts pour parle# haut, il poussait des sons rauques, déchirés, et qui expiraient dans un chuchotement guttural. Cependant, quand

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je lui demandais de prononcer une seule voyelle, il parvenait à l'aide d'un effort à émettre un son assez distinct, quoique voilé ; l'auscultation ne me fit constater autre chose qu'un bruit respiratoire rude, dans toute l'étendue de la poitrine. Le pharynx était ronge et granuleux^ les glandes sous -maxillaires étaient tuméfiées.

Malgré ce dernier symptôme, malgré l'aphonie, je pensai que j'avais affaire à nn de ces catarrhes laryngés qui régnaient à cette époque, mais qui, trouvant un larynx étroit et prédisposé, revêtait la forme pseudo-croupale, sans qu'il y eût à l'intérieur formation de productions couenneuses dont le pharynx d'ailleurs n'offrait aucune trace. J'étais confirmé dans cette pensée par la soudaineté des accidents. Néanmoins j'instituai un traitement énergique : administration immédiate de l'ipécacuanha en poudre suspendu dans du sirop d'ipécacuanha, frictions sur la nuque et la région inter-scapulaire avec de l'huile de croton ; onctions sur la partie antérieure du cou avec de l'onguent mercuriel belladoné ; sinapismes promenés sur les extrémités.

L'ipécacuanha amena plusieurs vomissements qui entrahièrent au dehors une assez grande quantité de mucosités, et furent suivis de soulagement ; dans l'après-midi l'enfant fut pris de nouveau de suffocation, et réclama lui-même un second vomitif qui avait été prescrit conditionnellement; il en fut soulagé, et il se trouvait sous cette impression de mieux-être, lorsque je l'allai visiter ^ers le soir. Je lui prescrivis une potion belladonée avec addition d'eau de laurier cerise, une nouvelle application de sinapismes. et, conditionnellementencore. un vomitif,

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si la dyspnée, qui n'avait jamais cessé, acquérait de nouveau la violence qu'elle présentait dans la matinée.

LeSfévrier la respiration est toujours sifflante au même degré; cependant le malade accuse moins d'oppression, et peut garder la position horizontale ; la face est toujours paie, mais les lèvres sont rosées ; le pouls offre quelques pulsations de moins ; la voix est toujours aussi altérée. La friction d'huile de croton, pratiquée avec trop d'énergie, a produit sur toutes les parties qu'elle a atteintes, une large vésication. Je fis vomir l'enfant pour la troisième fois. IMèmes onctions, mêmes frictions.

Le II février l'oppression a cessé, l'émission des voyelles est de plus en plus nette ; la voix est encore très rauque, par moment elle semble tendre à se dégager ; l'enfant, cependant, parle bas habituellement.

Le 5 l'enfant commence à parler haut, quoiqu'il reste enroué; les glandules pharyngiennes sont toujours rouges, tuméfiées, ainsi que les piliers du voile palatin et les amygdales. Amélioration progressive à partir de ce moment.

Je vais rapporter actuellement quelques faits de laryngites passagères observées chez des sujets qui présentaient un développement morbide des glandules du pharynx, mais qui jusque-l;i n'avaient donné que peu ou pas d'attention à cette affection. Huit ou dix cas semblables se sont montrés à moi simultanément, chez des jeunes gens de dix-huit à vingt-deux ans, dans un établissement dont je suis médecin (l'École normale su\yérieure) , et alors que régnait en ville une épidémie d'affections catarrhales.

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Par cette coïncidence d'un état aigu, lié à une influence générale et d'une lésion ancienne, qui a pu en favoriser développement et en modifier l'expression, ces faits sont mixtes en quelque sorte, placés sur la limite de la forme aiguë et de la forme chronique, et me paraissent par cela même devoir trouver ici leur place.

l""' Observation. — M. M... n'est pas sujet aux rhumes, il présente une éruption abondante d'acné et du pityriasis capitis.

Le 9 décembre il reste un quart d'heure exposé à un courant d'air froid. Le 11, il s'aperçoit que sa voix est altérée ; peu de toux, pas d'expectoration. L'altération de la voix augmente les deux jours suivants.

Le 14, il vient me consulter; sa voix est enrouée, il hemme de temps en temps ; léger degré de coryza, et sensibilité de la vue à la lumière ; aucune gêne dans la déglutition ; rougeur générale de la voûte palatine par pointillé, entremêlée de fines arborisations; cette injection est limitée antérieurement par une ligne convexe en avant, qui, partant des dépressions constituées par les orifices des glandules palatines et indiquées par Albinus, se dirige en arrière et en dehors derrière les dernières molaires, et va gagner, en s'y éteignant, la face interne des joues. Tout l'espace circonscrit par cette courbe, toute la face antérieure du voile palatin, sont couverts de petites granulations semi-pellucides, arrondies, ayant l'aspect des œufs de poisson. Les pihers antérieurs sont fortement injectés. La luette est rouge, allongée, blanchâtre, et comme infiltrée à ses bords; il existe une rougeur écarlate du pharynx parsemé de granulations et de

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vaisseaux dilatés, surtout à sa partie supérieure et sur lès côtés. i

La conjonctive palpébrale est rouge et légèrement grenue vers Tangle externe du repli palpébro-oculaire.

Je prescrivis à ce jeune homme l'usage du gargarisme suivant :

Décoction de têtes de pavots 'JOO ^ram.

Sirop de lactucarium, 30 —

Teinture d'iode 2 —

lodure de potassium 0,10 centigr.

Dès le lendemain, la voix était meilleure, l'injection de la gorge avait diminué, et après quelques jours de traitement, l'enrouement ayant cessé, ce jeune honmie cessa de venir à l'infirmerie.

Nous retrouvons ici ces deux éléments qui se représenteront dans la plupart de mes observations : herpétisme, granulations pharyngiennes; celles-ci. momentanément exagérées par un état congestionnelaigu, avaient diminué, sans disparaître, quand le malade s'est soustrait à mes soins ; je crains que, s'il ne suit pas un régime convenable, les fatigues vocales, inséparaljles de la profession dans laquelle il est engagé, n'amènent chez lui tôt ou tard un trouble permanent des fonctions du larynx ; et je suis d'autant plus autorisé à concevoir cette crainte, que je soigne en ce moment plusieurs jeunes professeurs qui ont été obligés d'abandonner la carrière de l'enseignement il cause de cette affection.

Observation II. — M. G..., âgé de vingt et un ans. bonne santé habituelle, sujet aux coryzas. Acné excessivement abondante sur le front, la poitrine et les épaules.

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pityriasis capilis^ pityriasisvei'sicolor sur la poitrine; il n'est passujet à l'enrouement ; sa conjonctive droite est le siège de granulations agminées vers l'angle externe.

18 décembre. Il y a trois ou quatre jours, M. G... s'aperçut que sa voix changeait : depuis lors enrouement plus marqué le matin, il est obligé quand il se réveille d'attirer dans la gorge, par une sorte de reniflement, les mucosités accumulées dans la partie postérieure des fosses nasales. Hem fréquent; un peu de chatouillement à la base de la langue et au niveau du larynx ; rougeur morbilliforme de la voûte palatine derrière les dépressions d'Albinus ; luette rouge, pendante, verruqueuse, infiltrée, blanchâtre sur ses bords, se replie sur la base de la langue ; granulations semblables k des œufs de poisson sur la voûte palatine; granulations très nombreuses, petites et d'un rouge vif sur le pharynx.

Prescription. — Gargarisme avec li grammes de teinture d'iode pour 1200 grammes de véhicule.

19 décembre. Mieux sensible.

!20. Les granulations grosses ces jours-ci comme des grains de chènevis. n'ont plus aujourd'hui que les dimensions de fines têtes de camions. La rougeur s'éteint; la voix est encore enrouée le soir et le matin ; le malade éprouve du picotement à la gorge, quand il se trouve dans une atmosphère chaude.

Au l »out do trois jours, ces symptômes disparurent, et le malade quitta l'infirmerie.

J'ai l'occasion de revoir M. G... le 3 mars ; sa santé s'est maintenue jusqu'à ces derniers temps, où il a contracté un ]-hunie ; il a encore un besoin assez fréquent de

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hemmer. Un peu d'enrouement par intervalles. La voûte du palais présente des petites saillies disséminées, demitransparentes, du volume d'une tète de camion ; dans le pharynx, on aperçoit des arborisations vasculaires, se dessinant sur un fond chagriné, finement grenu ; en bas, et sur les côtés existent des granulations volumineuses ; la luette a ses dimensions normales. Je lui conseille l'usage de l'eau d'Engmen.

Voici en quelques mots un fait du même ordre.

Observation IIÏ. — M. B. . . présente une éruption d'acné très prononcée et très étendue ; le 3 novembre il est soumis à un refroidissement; bientôt se développent les symptômes d'une pharyngo-laryngite aiguë avec tuméfaction des glandes pharyngiennes. Je lui prescris un gargarisme iodé ; le 7 septembre je touche le pharynx avec de la teinture d'iode pure ; le 8 il quitte l'infirmerie guéri.

Dans les faits précédents, l'état aigu accidentel se détache de l'affection chronique qu'il couvre et qu*il cache. Dans les suivants le fond chronique, si je puis m' exprimer ainsi, ressort sous l'état aigu, et se montre déjà, en partie du moins, avec les caractères qui lui sont propres.

Observation iV. — M. M... présente du -pityriasis versicolor. et de l'acné sur toute la poitrine, sa tête est saupoudrée d'écaillés pityriasiques, ses conjonctives palpébraies sont granuleuses ; tous les ans il est sujet à des coryzas intenses.

Le 17 décembre il vient à l'infirmerie, se plaignant d'enrouement, de picotements à la gorge, de difficulté à soutenir l'exercice de la parole. Hem fréquent ; quel-

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ques crachats muqueux ; rougeur par bandes sur la luette et sur la voûte du palais, qui est parsemée de petites granulations ressemblant à des œufs de poisson. Rougeur et aspect granulé des piliers antérieurs. A la partie supérieure du pharynx, granulations grosses comme des lentilles ; plus bas leur diamètre ne dépasse pas celui d"un grain de chènevis; il égale celui d'un grain de millet inférieurement.

Prescription. — Gargarisme iodé, eau de goudron

Le 7 janvier. Mieux sensible. Hem et crachats à peu près nuls ; il n'éprouve plus de picotements à la gorge ; glandules peu saillantes et à peine plus colorées que le reste de la muqueuse.

Je le revois le 28 ; sa voix est forte, très légèrement enrouée ; il supporte bien l'usage de la parole ; je lui conseille l'eau d'Enghien pour compléter sa guérison.

2 mai. J'examine de nouveau M. M... Sa voix a toujours ({uelque chose d'un peu rauque ; besoin fréquent de hemmer. Par moments, un peu d'enrouement ; cependant depuis le traitement qu'il a subi il a pu pendant un mois faire, quatre fois par semaine, quatre heures de classe par jour ; il en a ressenti de la fatigue, et sa voix le soir était un peu voilée, mais il reconnaît que deux mois auparavant il eût été dans l'impossibilité de remplir cette tâche. Il a toujours beaucoup d'acné sur le front, et du pityriasis sur la poitrine ; son pharynx est hérissé de grosses granulations lenticulaires.

Je lui conseille de prendre de nouveau de l'eau d'Enghien pendant un mois, et d'y joindre l'usage des bains sulfureux.

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Observation V. — M. J... présente deracné, du pityriasis capids, et quelques granulations conjonctivales; il entre à l'infirraerie le 17 décembre; depuis quelque temps il éprouve des douleurs dans le dos ; depuis quelques jours, enrouement, hem fréquent, picotements au niveau du larynx, sensation de constriction, et, suivant son expression, de raclage dans la même région ; il accuse une gêne au sommet de la poitrine et derrière le sternum. Ces symptômes sont plus prononcés le matin. Il rejette alors quelques crachats muqueux. Le pharynx présente des granulations, dont les plus volumineuses existent en haut et en dehors ; leur volume varie entre celui d'une lentille et celui d'un grain de chènevis ; la luette est allongée et entourée d'un liséré blanchâtre.

20 décembre. L'usage d'un gargarisme iodé et de l'eau de goudron a fait cesser le chatouillement et la constriction laryngée ; les autres symptômes persistent, l'enrouement est peut-être plus prononcé ; je touche le pharynx avec de la teinture d'iode ; cette opération produisit une irritation qui dura deux jours, elle diminua ensuite en même temps qu'un coryza se développa.

Prescriplinji. — Gargarisme avec 3 grammes d'alcoolature d'aconit; pilules avec 15 centigrammes d'iodure de potassium.

24 décembre. Le malade est notablement mieux ; le coryza a diminué ; la voix est plus nette. (Nouvelle application de la teinture d'iode.)

28. Hier le malade a éprouvé de nouveau des picotements après s'être fatigué et avoir subi l'impression du froid aux pieds. L'iodure de potassium a, dit-il, favorisé

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l'expectoration et fait disparaître la gêne qu'il éprouvait au sommet de la poitrine et derrière le sternum. (Gargarisme avec l'alcoolature d'aconit, troisième application de la teinture d'iode.)

5 janvier. Mieux notable, hem très rare, enrouement moindre, gorge débarrassée, suivant l'expression du malade; granulations toujours saillantes, luette toujours allongée, un peu d'expectoration le matin. Je supprime le gargarisme et je touche avec la teinture.

16 janvier. La dernière opération a été suivie d'une sensation de gêne qui a duré deux jours ; depuis lors, amélioration progressive ; diminution de l'enrouement ; hem presque nul ; le chatouillement a disparu ; le malade accuse des douleurs à la nuque. (Teinture d'iode.)

19 janvier. Le mieux se confirme; encore un peu de douleur dans la région cervicale.

23. Voix de plus en plus nette ; à peine un peu de hem le matin. Granulations petites et peu saillantes, touchées avec la teinture.

28. La douleur à la nuque a cessé; il en a éprouvé une légère dans les régions scapulaires. Sa luette est à peu près normale. Hier, ayant été exposé au froid, il a contracté un peu d'enrouement. Du reste sa santé générale est notablement meilleure : son teint est plus animé, ses joues ont augmenté. Je touche le pharynx avec la teinture d'iode pour la dernière fois.

Comme il restait chez ce jeune homme une susceptibilité de l'organe vocal, qu'excitait la cause la plus légère, je lui ai conseillé l'usage de l'eau d'Enghien.

2 mars. M. J. n'a pas suivi ma prescription. Il a pâli

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de nouveau, sa gorge est toujours très délicate et il s'enroue facilement. Il va commencer prochainement l'usage de l'eau d'Enghien et des bains sulfureux.

J'avais voulu soumettre ces jeunes gens à l'usage des eaux sulfureuses (1) combinées avec des applications topiques pour arriver à une guérison complète ; mais se trouvant très soulagés et en état de remplir leurs devoirs professionnels, ils ont reculé devant un traitement dont ils ne comprenaient pas la nécessité.

(1) Des molil's d'économie font préférer clans les éiablîssements publics les eaux d'Enghien aux Eaux Bonnes; je prescris ces dernières toutes les fois que je puis les employer.

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