PATHOGÉNIE
manifestation herpétique; les faits me paraissent conduire à une conclusion tout opposée. Je crois que les glandules du pharynx peuvent se tuméfier, s'hypertrophier sans qu'il faille voir nécessairement dans cette altération la révélation d'un principe dartreux. J'ai vu des pharyngites aiguës et passagères se présenter avec un aspect granuleux très prononcé. Dans un grand nombre de membranes muqueuses, l'inflammation tend à revêtir la forme granuleuse, comme on l'observe sur la conjonctive palpébrale, sur le vagin, sur le col de l'utérus (1).
Ceci n'infirme pas ce que j'ai dit précédemment sur la connexion très pi'obable du plus grand nombre des angines granuleuses et de la diatlièse herpétique. Gom-
(11 J'ai oI)servé, chez un inédecin airecté depuis plusieurs semaines d'un coryza i)urulent, un dévcloppemeiu très considéraijle et une rougeur vive des glandules pliai yngiennes. Jamais il n'avait présenté aucune manifestation herpétique. La paroi postérieure du pharynx était tapissée par une couche épaisse de mucosités purulentes qui venaient des fosses nasales. C'était évidemment à leur action irritante sur la membrane muqueuse qu'il fallait attribuer l'infl.iinmation dont celleci était le siège et la saillie morbide de ses t,'landules; de même que dans un coryza intense, la peau do la lèvre supérieure s'enflamme et se couvre quelquefois de papules ou même de vésicules, au contact du flux nasal. De même encore, dans quelques cas, le développement des granulations sur le col de la matrice paraît dû à l'aclion irritante d'une sécrétion piuiforme qui s'échappe de la cavité utérine. Mon excellent ami le docteur Gosselin a signalé ce fait, mais il l'a trop généralisé, et n'en a pas, je crois, apprécié, sous leur véritable jour, les conditions pathogéniques. Les granulations et le catarrhe sont deux phénomènes connexes, deux produits du travail phlegmasique ; on ne peut donc pas dire, à proprement parler, que l'un soit la conséquence de l'autre? mais l'action irritante des produits de l'inflammation peut certainement contribuer à la propager et à en étendre le foyer.
98 ANGINE GLANDULEUSE.
bien ne voyons-nous pas, tous les jours, d'états morbides de la peau tout à fait indépendants, dans leur origine, de cette diathèse, bien qu'ils puissent offrir une grande analogie apparente avec les éruptions dartreuses. Il en peut être de même des granulations pharyngiennes. De la similitude des lésions on ne peut pas toujours conclure à l'identité des maladies; d'ailleurs, comme je l'ai dit ailleurs (voyez introduction), des lésions semblables en apparence, bien que liées à des conditions pathogéniques différentes, peuvent présenter cependant des caractères distinctifs, qui échappent à un examen superficiel, et qu'une observation plus délicate viendra révéler. .