ÉTUDE DES MODIFICATIONS DE LA VOIX DANS L'ANGINE GRANULÉE
Quatre phénomènes principaux caractérisent l'angine granuleuse :
I" Une toux gutturale, et surtout cet effort expirateur, ce racleinent laryngien, que j'ai désigné par le mot anglais de hem, qui en exprime si bien la forme la plus connnune.
11° La sensation morbide qui les provoque, et qui consiste le plus souvent dans un chatouillement.
ni" Ces crachats globuleux, colloïdes, joer/és, que rendent les malades, et qui sont sécrétés par les glandules des membranes muqueuses pharyngienne et laryngienne.
IV" Des modifications dans le timbre, la tonalité et la puissance de la voix. J'ai assez insisté sur les trois premiers symptômes pour n'avoir plus à y revenir;^ j'ajouterai quelques développements k ce que j'ai déjà dit sur les changements morbides que subit la fonction vocale.
Cette altération de la voix, intermittente d'abord, n'est marquée au début de la maladie que par un léger enrouement qui survient subitement au milieu d'une phrase, d'un mot, accompagné ordinairement d'une sensation de chatouillement qui excite le malade à hemmer, ou à faire un effort de toux. En général, il accuse en
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même temps un sentiment de fatigue dans les organes respiratoires.
La maladie peut rester stationnaire pendant des années, pendant toute la vie même, sans autre expression que ces légers troubles laryngés, bornés, dans certains cas, au chatouillement et au hem, dont la répétition est quelquefois attribuée à une sorte d'habitude, et rangée parmi ces phénomènes qu'on désigne vulgairement sous le nom de tic; mais il n'en est pas ainsi dans le plus grand nombre des cas, surtout si le malade est placé dans des conditions hygiéniques défavorables : s'il fume, s'il abuse des alcooliques, si sa profession exige un exercice fatigant de la voix, s'il se trouve dans ces dispositions morales déprimantes qui favorisent l'évolution de tous les germes diathésiques.
Alors la voix s'altère de plus en plus; elle conserve habituellement un timbre rauque et couvert; elle semble descendre au-dessous de son intonation naturelle. Cet enrouement survient, chez beaucoup de malades, le matin surtout au moment du réveil, jusqu'à ce qu'ils aient expectoré les mucosités qui obstruent le larynx; le soir, après les fatigues de la journée, il est plus constant encore et en général plus prononcé. Il varie suivant la température et la densité de l'atmosphère, diminue ordinairement après les repas, augmente sous l'influence des émotions. L'action d'éci ire, le froid aux pieds, suffisent quelquefois pour le faire naître ; l'exercice de la parole surtout le provoque, après un temps qui devient de plus en plus court, à mesure que la nudadie fait des progrès.
Enfin, chez certains sujets, l'aphonie devient à peu