‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 101 sur 150 · SAIGNÉES GÉNÉRÂTES ET LOCALES · texte numérisé non relu

SAIGNÉES GÉNÉRÂTES ET LOCALES

tement, son rôle s'efface presque complètement devant celui de plusieurs autres éléments pathogéniques ; — par conséquent, les évacuations sanguines ne sont point toujours nécessaires ni utiles, et souvent même elles sont nuisibles.

D'une autre part, les émissions sanguines ne doivent pas être employées seulement dans des cas exceptionnels, ni toujours avec une extrême réserve , car très souvent l'infiltration laryngée est subordonnée à une phlegmasie aiguë qui exige positivement des évacuations sanguines abondantes.

Mais aussi, nous nous gardons bien de dire que, dans le cas où cette infiltration est liée à une phlegmasie aiguë de la gorge ou du larynx, il faut répéter coup sur coup les saignées, les porter même jusqu'à la syncope, et ne se laisser arrêter que par V excès de faiblesse du malade , ajoutant que si l'on a fréquemment échoué, malgré les saignées, c'est qu'on ne les a pas encore poussées assez loin. Cette opinion contraire à ce que l'observation et le raisonnement nous ont appris est excessivement dangereuse , et nous la repoussons de toute notre conviction.

Si la saignée générale est indiquée, elle sera faite au bras; de cette manière, on peut obtenir plus facilement et plus sûrement la quantité de sang jugée nécessaire. — La saignée du pied sera réservée pour certaines circonstances exceptionnelles, pour le cas, par exemple, de menstruation imminente, etc. — On évitera la saignée de la jugulaire, surtout parce que le vésicatoire que l'on sera presque certainement obligé d'appliquer sur le cou, pourrait enflammer l'orifice de la veine, et occasionner une phlébite rapidement mortelle.

Les sangsues seront appliquées sur les parties latérales et antérieure du cou. — Chez les très jeunes enfants, on les placera sur les parties supérieures de la poitrine, de peur d'hémorrhagie incoercible, si on les posait sur le cou. — Les sangsues à l'anus, peu efficaces pour combattre l'angine œdémateuse, ne seront employées que pour remplir quelque indication exceptionnelle.

Les ventouses scarifiées ne seraient guère appliquées que dans le cas où il aurait été impossible de se pourvoir de sangsues.

§ II. — Vésicatoïres.

Si nous ne tenons compte, pour le moment, que des vésicatoïres placés sur les régions antérieure et latérales du cou, nous trouvons 1i\ observations dans lesquelles ce moyen a été prescrit.

A. Sur 26 cas de guérison ( sans bronchotomie ), le vésicatoire sur le cou a été employé 10 fois, c'est-à-dire dans la proportion de 2/5es environ ; — il n'a pas été, il est vrai, le seul agent mis en usage; — néanmoins ce résultat lui est déjà favorable.

B. Le vésicatoire sur le cou a été employé plus souvent dans les cas de guérison que dans ceux de mort ou de bronchotomie. En effet, la proportion a été 2/5es environ pour les cas de guérison ; — 1/3 pour les cas de bronchotomie ; — et même elle a été réduite à l/6e seulement pour les cas de mort sans bronchotomie.

Ces différences sont encore beaucoup plus frappantes si nous avons plus particulièrement égard à 25 sujets dont l'infiltration laryngée a été consécutive à une inflammation aiguë de la gorge ou du larynx. En effet, le vésicatoire sur le cou a été employé U fois sur 6 cas de guérison sans bronchotomie; — et seulement 1 fois sur 19 cas de mort sans bronchotomie et de bronchotomie.

C. Chez les malades guéris sans bronchotomie, le vésicatoire sur le cou n'a jamais été employé seul ; il est donc fort difficile de savoir au juste à quoi s'en tenir sur son degré d'efficacité. — Tout ce que nous pouvons dire , c'est que le vésicatoire ainsi placé nous paraît avoir eu une très grande part à la guérison de plusieurs sujets cités par MM. Legroux (n° 2), — Szafkowski (n° \ ), — Valleix (nos 2 et 3), — Vidal (de Cassis) — et aussi chez une malade à laquelle nous avons donné nos soins.

D. Une circonstance importante à signaler, c'est que parmi les cas où le vésicatoire a coopéré à la guérison, nous trouvons deux des formes principales de la maladie : l'angine œdémateuse liée à une phlegmasie aiguë de la gorge et celle qui dépend d'une laryngite chronique.

E. Dans plusieurs cas où le vésicatoire au cou n'a pu sauver les malades, son application a néanmoins été suivie à1 une amélioration

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