SINAPISMES, ETC
laryngite chronique et qui guérit sous la seule influence d'un grand vésicatoire sur la région antérieure du cou et de quatre autres vésicatoires placés, en même temps que le premier, aux cuisses et aux jambes (Vidal, de Cassis). Chez un autre sujet cité par le même auteur, on employa avec succès les vésicaloires , comme précédemment, et de plus les éméto-catharliques. — Soyons convaincu que, pour combattre une maladie aussi dangereuse, l'on ne saurait trop multiplier même les agents thérapeutiques dont l'expérience a sinon démontré, du moins laissé soupçonner l'efficacité.
§ III. — Sînapismes et autres agents extérieurs.
1° Les sînapismes n'ont encore été que fort rarement appliqués sur le cou. M. Cruveilhier affirme en avoir obtenu de bons effets. S'ils ont sur le vésicatoire l'avantage de la promptitude d'action, ils lui sont de beaucoup inférieurs, puisqu'ils n'occasionnent le plus ordinairement ni œdème ni phlyctènes. — Il est vrai que chez un malade cité par Mérat, et dont l'angine laryngée œdémateuse était sub-aiguë, des sinapismes placés à plusieurs reprises sur le cou et sur le haut de la poitrine ont donné lieu à un œdème considérable de ces parties, bientôt suivi d'amélioration et plus tard deguérison ; — mais c'est là un effet tout exceptionnel et sur lequel on ne peut nullement compter; or comme il n'y a jamais de temps à perdre dans le traitement de cette affection, même lorsqu'elle marche lentement, car d'un moment à l'autre elle peut enlever subitement le malade, nous regardons comme imprudent de tenter l'application du sinapisme, quitte, s'il échoue, à employer le vésicatoire. — Nous ne devons pas cependant mettre entièrement de côté ce moyen : d'abord, parce que, dans un cas, il a été le principal et peut-être même l'unique agent de la guérison ; ensuite, parce qu'il pourrait survenir quelque circonstance qui contre-indiquât l'application du vésicatoire.
2° Les sinapismes ont été quelquefois placés sur la poitrine et sur les bras, et très fréquemment sur les membres inférieurs : aux pieds, aux mollets, aux genoux et aux cuisses; nous comprenons également ici les bains de pieds sinapisés, ainsi que Veau et le vinaigre très chauds appliqués sur ces mêmes régions. —
Les sinapismes ainsi placés, les pédiluves sinapisés seront utiles, surtout dans le cas d'angine œdémateuse liée à une inflammation aiguë de la gorge ou du larynx; de plus , quelle que soit la forme de la maladie , ils contribueront sans doute à diminuer la fréquence et l'intensité des accès de suffocation, et aussi la congestion pulmonaire et cérébrale qui accompagne parfois l'affection du larynx. Sous ces différents rapports, on ne devra donc pas négliger cet auxiliaire.-— Dans les observations que nous analysons, les sinapismes sur les membres inférieurs, ainsi que les pédiluves sinapisés, n'ont été prescrits que dans !e 1 /6e environ des cas de guérison ; tandis qu'on y a eu recours dans la 1/2 environ des cas de mort sans bronchotomie et de ceux où le traitement ayant échoué, il a fallu pratiquer cette opération.
3° Plusieurs autres substances irritantes ont été employées en application sur le cou : ainsi la pommade stibiée, Y huile de croton tiglium, le Uniment cantharidé , le Uniment volatil. Chez un malade, après avoir obtenu la vésication à l'aide du marteau, on saupoudra la surface dénudée avec 5 centigrammes de tartre stibié.
Aucun de ces cas ne s'est terminé par la guérison. — Ces divers agents, trop rarement employés pour que nous puissions en apprécier la valeur, nous paraissent cependant avoir une utilité bien inférieure à celle d'un large vésicatoire sur le cou.
§ IV. — Vomitifs.
Les vomitifs ont été souvent mis en usage (29 fois sur 92 cas). — Le plus ordinairement on a eu recours au tartre stibié ; une fois seulement au sulfate de cuivre, en deux doses de 5 grains.
Tandis qu'ils n'ont été administrés que dans le 1 jlx environ des cas de guérison sans bronchotomie, — ils ont été prescrits dans le 1/3 environ des cas de mort sans bronchotomie, — et même dans les 3/8es des cas de bronchotomie. Ce résultat est donc peu favorable à cette médication. — Mais celle-ci reprend une certaine importance, si nous examinons les cas de guérison. En effet, quoique dans aucun d'eux, le vomitif n'ait été le seul moyen employé, il nous paraît cependant que sa coopération a été réellement efficace chez trois malades dont la guérison a été obtenue : deux fois à l'aide du tartre