‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 104 sur 150 · VOMITIFS. — PURGATIFS · texte numérisé non relu

VOMITIFS. — PURGATIFS

stibié et des vésicatoires sur le cou et sur les cuisses; et une fois à l'aide du vomitif, des sangsues au cou et du vésicatoire sur la même région. — Le petit nombre des moyens combinés ici avec le vomitif semble démontrer l'efficacité de cet agent.

En conséquence, nous regardons la médication vomitive comme utile. — Les vomitifs agissent, comme dérivatifs, sur l'estomac et sur l'intestin; — comme expectorants et diapboréliques ; — ils provoquent une sécrétion abondante de mucus dans l'arrière-bouche et des contractions énergiques dans ses parois, action complexe bien propre, ce nous semble, à diminuer l'engorgement œdémateux du sommetdu larynx; — ils diminuent peut-être la fréquence et l'intensité des accès de suffocation. — Enlin, par le trouble profond qu'ils déterminent dans l'économie, ils feront peut-être avorter l'angine œdémateuse, s'ils sont administrés dès son commencement.

Bayle, MM. Cruveilhier, Delasiauve, Rayer, Serres, Valleix, etc., en conseillent l'usage.

Malheureusement cette médication est loin d'être toujours applicable. — Avant tout, en effet, il faut que le malade ait une somme de forces assez grande pour soutenir les efforts du vomissement et pour résister à l'action hyposthénisante du médicament. Sous ce rapport, le vomitif est généralement contre-indiqué : dans le cas d'angine œdémateuse, chez les individus affectés de phthisie tuberculeuse avancée, chez ceux qui sont convalescents ou encore atteints de fièvre typhoïde, ou dans un étal de cachexie séreuse ou autre ; il serait même dangereux, dans certains cas de maladies organiques du cœur, d'engorgement volumineux du cou, etc. — Ajoutons qu'il n'est pas rare de voir des malades, atteints d'angine œdémateuse, dans l'impossibilité d'avaler même quelques gouttes de liquide; or, en pareil cas, et malgré la gravité des circonstances, peu de praticiens seront disposés à introduire l'émétique dans l'estomac, à l'aide de la sonde œsophagienne, comme le docteur Herzog a réussi cependant à le faire, chez un malade atteint d'angine œdémateuse, et qu | d'ailleurs a succombé aux progrès de son affection.

§ V. — Purgatifs.

Les purgatifs ont été plusieurs fois prescrits ; vingt de nos observations en font mention. — On les a administrés tantôt par la voie

supérieure : ainsi le calomel, le sulfate de soude, Yémétique en lavage, V huile de croton; d'autres fois en lavements : ainsi le vin émétique (120 grammes), le sel de cuisine.

Cette médication n'a jamais été employée seule; mais il est positif qu'elle a été plus souvent prescrite dans les cas de guérison (1/3 environ), que dans les cas de mort sans bronchotomie (1/1 0e).

x\insi, d'après l'observation de quelques faits d'angine laryngée œdémateuse, et d'après la connaissance que nous avons de la médication purgative en général, nous la croyons fort utile, et nous la conseillons dans les diverses formes de la maladie, à moins de contreindication formelle. — Si l'angine œdémateuse est inflammatoire aiguë, les purgatifs ne seront prescrits qu'après les émissions sanguines et le vomitif ; si elle est liée à l'anasarque ou à l'hydropisie, les purgatifs pourront être employés de prime abord.

Mais il est deux faits qui méritent de fixer ici toute notre attention ; ils sont relatifs à l'emploi de Yhuile de croton tigiium.

Deux femmes, dit M. le professeur Requin (1), étaient affectées de laryngite périg lot tique avec fièvre inflammatoire ; la déglutition était presque impossible, la suffocation imminente. En vain avaient-elles été saignées largement et par la lancette et par les sangsues, le mal avait toujours marché; ce ne fut qu'après l'administration de trois gouttes d'huile de croton tigiium, qu'après la superpurgation qui en résulta, que les malades commencèrent à se sentir soulagées et à respirer un peu plus librement. Elles guérirent toutes deux. — M. Requin nous a dit avoir administré les trois gouttes d'huile de croton en une seule fois , dans une cuillerée de tisane.

Ces deux observations nous portent à croire que l'huile de croton, administrée à l'intérieur, rendra dorénavant de grands services dans le traitement de l'angine infiltro-laryngée ; et les considérations suivantes, qui ont pour but de faire ressortir le genre, Y énergie, la rapidité et la sûreté d'action de ce médicament, sont bien propres à nous affermir dans cette opinion. En effet :

L'huile de croton agit, non pas sur un seul segment du tube intestinal, mais sur toute la longueur de cet appareil. Cette action à la fois dérivalive el révulsive s'exerçant sur une vaste surface, peut amener d'heureux changements dans une infiltration bornée seulement à une partie du larynx. — En outre, la matière des éva-

(1) Éléments de pathologie médicale, L t} p. 748.

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