ANTI-SYPHILITIQUES
santé et diminution sensible des symptômes laryngés. — Malheureusement cette médication fut suspendue et la malade finit par succomber au milieu des angoisses de l'asphyxie.
A l'ouverture cadavérique, on trouva au sommet du larynx du boursouflement et quelques végétations syphilitiques. « 11 ne fut pas douteux pour nous , ajoute l'auteur, que si l'on eût persévéré plus longtemps dans l'usage d'un médicament auquel on était alors trop peu familier, ce cas n'eût offert un remarquable succès en faveur de l'iodure de potassium dans un cas d'oedème très grave de la glotte. » (Payan.)
V. — Nous rapporterons bientôt et plus en détail (Voyez Sonde laryngienne) l'observation d'un militaire atteint d'angine œdémaleuse consécutivement à une laryngite chronique syphilitique, et chez lequel la sonde laryngienne, introduite à plusieurs reprises, prévint la suffocation et donna le temps de guérir l'affection à l'aide des anti-syphilitiques.
Enfin, quoique l'angine laryngée œdémateuse ne nous soit pas complètement démontrée, dans le cas suivant, il nous paraît cependant utile de le consigner ici, en raison de la rapidité avec laquelle les accidents laryngés ont cédé à l'iodure de potassium.
VI. — Un malade de l'hôpital du Midi (service de M. Vidal, de Cassis) était atteint à l'isthme du gosier, au pharynx et au larynx, de lésions vénériennes secondaires; la suffocation étant devenue imminente, on administra Je proto-iodure de potassium à la dose de 2 grammes par jour, puis plus tard, de 3 et 4 grammes. — Au bout de trois jours, on put déjà constater une très remarquable amélioration ; la respiration redevint libre, et la guérison fut complète (Bouteillier) (1).
Les observations que nous venons de rapporter sont d'un haut intérêt pratique. — Si nous laissons pour le moment de côté l'observation Ve, nous voyons qu'une angine laryngée œdémateuse, consécutive à une affection vénérienne, menaçait la vie de quatre et peut-être de cinq sujets, lorsqu'un traitement anti-syphilitique prompt et énergique fit disparaître tous les accidents et amena une guérison définitive chez quatre d'entre eux et une amélioration | très notable chez le cinquième. — Le danger était pressant; il fal- I lait donc recourir à l'anti-syphilitique le plus rapide dans ses effets, ! et l'administrer à haute dose ; aussi a-t-on choisi l'iodure de potassium et a-t-il été prescrit à la dose de un, deux, trois, et même de quatre
(1) Gazette des hôpitaux, 1846, p. 81.
grammes par jour. — Chez ces malades, Tic-dure de potassium a été administré quatre fois seul et une fois avec la liqueur de Van- Swieten. — Ces agents ont été les seuls mis en usage chez quatre sujets; nous ne pouvons en dire autant du malade soumis à nos soins; chez lui, nous recourûmes, le même jour, à la cautérisation répétée de la gorge et du sommet du larynx et à l'iodure de potassium à haute dose. La diminution des accidents laryngés ayant eu lieu en quelques heures, nous devons l'attribuer plutôt à la cautérisation qu'à l'iodure, qui n'a agi sans doute qu'un peu plus tard. — L'affection syphilitique était manifeste et parfaitement constatée chez quatre de ces malades; chez le cinquième, Y apparence de cicatrices dans la gorge et dans la bouche a porté seulement à soupçonner que le point de départ des phénomènes laryngés était également syphilitique, et ce simple soupçon a légitimé l'emploi du traitement spécifique. — Chez deux de ces malades, la bronchotomie paraissait devoir être très prochainement pratiquée, lorsque le traitement anti-syphilitique fut commencé; il fut aussi prompt qu'efficace.
En conséquence, toute angine laryngée œdémateuse aiguë ou sub-aiguë, qui sera ou soupçonnée être consécutive à une affection vénérienne, devra être combattue, entre autres moyens , par les anti-syphilitiques, et notamment par l'iodure de potassium à haute dose.