HUITIEME PARTIE
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HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'aNGINE INFILTRO-LARYNGÉE. — DESCRIPTION DES PRINCIPALES FORMES OU VARIÉTÉS DE LA MALADIE.
§ I. — Histoire générale de l'angine infiltro~Iary»gée.
I. — Caractères analomiques. — L'infiltration des replis aryténoépiglotliques par un liquide quelconque est le caractère anatomique de l'angine infiltro-laryngée.
Mais l'infiltration ne reste pas toujours bornée à ces replis; très souvent, au contraire, elle envahit aussi l'épiglotte, — moins fréquemment l'intérieur du larynx — et l'arrière-bouche, — et très rarement la trachée — et les grosses bronches.
Considérée dans les replis aryténo-épiglottiques, l'infiltration affecte le plus ordinairement ces deux replis à la fois. — Le volume, la configuration, la mobilité, la consistance, etc., des bourrelets, offrent de nombreuses variétés ; — l'orifice supérieur du larynx est déformé, rétréci et quelquefois oblitéré ; — le liquide infiltré est de la sérosité pure, sanguinolente ou purulente, de la matière purulente parfois réunie en abcès, très rarement du sang en nature ; — son écoulement, après les scarifications, est tantôt nul ou difficile, d'autres fois assez facile et abondant.
V infiltration de ïépiglotte s'est montrée dans un peu plus des 8/9es des cas où il a été fait mention de cet organe. — L'épigloite relevée, immobile, parfois repliée sur elle-même, prend souvent un volume considérable.
V œdème intra-laryngé a été constaté dans les 2/3 environ des cas où l'intérieur du larynx a été décrit; mais cette proportion est sans doute beaucoup supérieure à la proportion réelle. — Tantôt général, plus souvent partiel, — il atteint le plus ordinairement
les cordes vocales ; — » de là le rétrécissement et parfois même l'oblitération de la glotte.
V œdème de l'arrière -bouche est assez fréquent : — tantôt fort étendu, d'autres fois borné à une petite partie de cette région , — il offre divers autres caractères utiles a connaître; — très souvent il annonce la présence de l'œdème dans l'intérieur même du larynx.
Sur 132 nécropsies, l'œdème de la trachée ' n'a été signalé que 6 fois, — et celui des grosses bronches que 1 fois seulement.
Le cadavre présente en outre diverses lésions, dont les unes sont le point de départ de l'infiltration laryngée, — tandis que les autres sont des effets de l'obstacle apporté au passage de l'air par celte même infiltration.
II. — Etiologie. — Une prédisposition inexpliquée et insaisissable préside, en général, au développement de l'angine infilirolaryngée.
Quant à ses causes appréciables : — Le plus ordinairement l'infiltration est subordonnée à une phlegmasie aiguë, sub-aiguë ou chronique du larynx, de la gorge ou du pharynx; phlegmasie tantôt primitive, tantôt secondaire et variable elle-même dans sa nature. — Diverses lésions extra-laryngées cervicales, ordinairement inflammatoires, contribuent assez fréquemment au développement de l'infiltration aryléno-épiglottique et parfois même la produisent à elles seules. — Les causes qui donnent lieu à Y œdème du cou, à Yanasarque, à la diathèse séreuse, président quelquefois aussi à la production de l'œdème laryngé ; mais, le plus ordinairement, avec la coopération de quelque phlegmasie affectant le larynx, la gorge ou les tissus voisins. — Tantôt la cause est unique, mais très souvent plusieurs causes agissent simultanément ou successivement.
Très rare chez les jeunes enfants, — moins rare de 5 à 15 ans, — l'angine infiltro- laryngée atteint son maximum de fréquence de 18 à 35 ans; — au delà de 35 ans elle diminue; — et c'est surtout au delà de 55 ans que cette diminution est frappante.
Un peu plus des 2/3 des malades appartiennent au sexe masculin.
Dans un peu moins de l/5e des cas, cette angine atteint des
DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L' AFFECTION. 417 individus en pleine santé ; — dans un peu plus des /i/5fs des cas, elle se développe pendant la convalescence ou dans le cours de maladies diverses.
Les 3/5es environ des malades exercent des professions fion sédentaires.
L'affection se montre plus fréquemment dans le semestre d'hiver que dans le semestre d'été.
L'influence du froid est ici des plus remarquables.
Les matériaux nous manquent pour apprécier l'influence des
climats.
En se liant à une affection épidémique, l'angine infiltro-laryngée semble revêtir parfois le même caractère.
Vintervalle qui sépare le moment où la cause déterminante et ordinairement extérieure agit , de celui où l'infiltration laryngée se développe, est souvent très court.