III. — Symptomatologie
a. — Prodromes. — Un sujet est atteint de l'une des affections dont l'infiltration laryngée est plus ou moins souvent symptomalique ; — et parfois déjà la luette, le voile du palais, ou quelque autre partie de l'arrière-bouche est infiltrée de sérosité.
b. — Invasion. — Alors, tantôt des symptômes fort inquiétants éclatent brusquement du côté du larynx; — mais, plus souvent encore, le malade n'offre d'abord que des phénomènes peu graves en apparence : c'est une sensation de gêne, d'embarras dans l'arrièregorge, la voix est un peu rauque ou légèrement voilée, l'inspiration un peu difficile, etc. Puis, successivement et dans un laps de temps très variable, les symptômes s'aggravent et se multiplient avec des alternatives dans leur intensité, jusqu'au moment où ils deviennent caractéristiques, ou jusqu'à l'arrivée d'un violent accès de suffocation.— Dans les6/7esdes cas, l'invasion a lieule soirou pendantlanuit.
c. — État. — L'affection une fois établie offre le plus ordinairement les caractères suivants :
Le malade éprouve dans l'arrière-gorge, au sommet du larynx, la sensation d'un corps étranger qui semble monter, puis redescendre à sa place, en suivant les mouvements du pharynx dans l'acte de la déglutition; croyant pouvoir l'expulser ou l'arracher, le patient se livre à chaque instant à des efforts d'expiration ou d'expectoration,
et souvent il porte ia main à la partie supérieure du cou. — Sa voix, d'abord faible et enrouée, finit par s'éteindre entièrement, et quelquefois alors il ne peut plus s'expliquer que par gestes ou par signes. — La respiration est constamment gênée et même orthopnéique, du moins à certains moments. — Le plus ordinairement l'inspiration est très difficile et Y expiration facile. — V inspiration, souvent saccadée et entrecoupée, est parfois subitement arrêtée, comme par un corps qui viendrait s'appliquer brusquement sur l'ouverture du larynx ; — elle s'accompagne de bruits divers, tels que sifflement, frôlement, bruissement, claquement; et souvent de bruits vocaux, tels que râlement, ronflement, bruit de eornage, etc. — Vexpiration est, comme nous l'avons dit, ordinairement facile et silencieuse; quelquefois cependant elle est gênée et accompagnée d'un léger sifflement, de frôlement ou de bruit de drapeau. — A l'auscultation des poumons, le murmure respiratoire est affaibli; il disparaît même entièrement, ou bien il est masqué par les bruits du larynx. — Si l'on ausculte le larynx, les bruits de sifflement, de frôlement ou autres sont d'autant plus prononcés, qu'on les recherche plus près de cet organe. — La toux est, en général, petite, avortée, sans force expulsive; elle est rauque, voilée et comme étouffée ; souvent elle est provoquée par la sensation d'un corps étranger dans l'arrière-gorge, par des mucosités épaisses et gluantes, par le passage des boissons, etc. — L'expectoration n'amène en général que du mucus peu abondant, dense, visqueux etincolore. — On constate assez fréquemment Xexpuition abondante d'un liquide transparent, limpide ou filant. — La déglutition, quelquefois impossible, est en général difficile et accompagnée de la sensation d'un corps étranger dans le voisinage dt* larynx ; souvent elle détermine une anxiété très vive, des angoisses et la suffocation.
Parfois les boissons sont rejelées par le nez. — A Yinspeciion de
l'arrière bouche, on découvre assez souvent de l'œdème à ia luette, au limbe du voile du palais et dans leur voisinage. — Si l'on parvient àporter le doigt jusque sur le sommet du larynx, on constate la tuméfaction de cette partie ; le plus ordinairement sous forme de deux bourrelets, tantôt fermes, solides, lisses ou veloutés, d'autres fois mous et pulpeux ; leur température est plutôt froide qu'élevée. -*L'épiglotte est le plus ordinairement gonflée, pulpeuse ou plus ou moins résistante, et parfois roulée sur elle-même.