‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 134 sur 150 · DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L* AFFECTION. U2Z · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L* AFFECTION. U2Z

Si, malgré l'emploi des moyens précédents, la maladie s'aggrave, il faut gagner du temps, en fournissant à l'air une voie artificielle.

— La bronchotomie réussit dans les 2/5e* des cas où elle est pratiquée.

Avec la bronchotomie la proportion des guérisons étant, comme nous venons de le dire, 2/5eâ, — sans cette opération, elle n'est plus qu'un peu moins de ïjk-

Au reste, l'issue de la bronchotomie est différente suivant Y état antécédent des sujets. — Tandis que l'opération réussit dans un peu moins des 2/3 des cas, lorsque l'angine iufiltro-laryngée atteint des individus bien portants, — elle ne réussit plus que dans un peu plus du l/6e des cas, lorsque cette angine s'est développée chez des individus convalescents ou encore sous le coup de maladies diverses.

L'opération obtient plus de succès chez la femme que chez l'homme; — la proportion des guérisons est plus de 1/2 chez la première, et moins de 1/3 chez le second; nous avons dit pourquoi.

La crico-trachéotomie et la trachéotomie sous-cricoïdienne ou supérieure sont, en général ici, préférables à la trachéotomie inférieure ou pratiquée au-dessous de l'isthme de la glande thyroïde. — Plusieurs circonstances dirigeront le choix du praticien à cet égard.

Parmi les difficultés et les accidents de la bronchotomie, il en est qui appartiennent plus particulièrement ou même exclusivement à l'opération pratiquée pour une angine infiltro-Iaryngée.

— Enfin , parmi les moyens propres à entretenir la respiration, on ne doit pas omettre la sonde laryngienne ; — elle a rendu et pourra rendre encore quelques services, dans certains cas que nous nous sommes attaché à préciser.

Quant au traitement préservatif, il mérite au plus haut degré noire attention ; — et c'est surtout en vue de ce traitement que nous avons insisté sur les causes de cette dangereuse affection.

§ II. — Description des principales variétés de la maladie.

Mais on ne connaîtrait que fort incomplètement l'histoire de l'angine infiltre- laryngée , si l'on se bornait aux généralités qui précèdent. Au point de vue pratique surtout, il est indispensable d'établir ici plusieurs variétés, d'après la cause et la nature de l'infiltration aryténo-épigioltique. — Quelques unes d'entre elles, pour n'avoir été que très rarement encore observées, n'en sont pas moins fort distinctes des autres.

Nous reconnaissons les onze variétés principales suivantes, auxquelles s'en rattachent aisément plusieurs autres, voisines ou mixtes.

1° Infiltration aryténo-épiglollique subordonnée à une inflammation aiguë et simple de la gorge.

"2° Infiltration liée à une laryngite aiguë superficielle , sans phlegmasie gutturale.

3° Œdème aryléno-épiglottique actif très probablement consécutif à une phlegmasie aiguë légère et superficielle, mais dont les traces ont disparu après la mort.

Zi° Infiltration aryténo-épiglottique consécutive à une laryngite nëcrosique aiguë, pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde.

f>° Infiltration symptomalique d'une laryngite chronique.

6° Infiltration consécutive à une phlegmasie des tissus extralaryngés et cervicaux.

Dans les six variétés qui précèdent, le rôle, de l'inflammation est manifeste ou à peu de chose près. — Il n'en est plus de même dans les trois suivantes :

7° OEdème aryténo-épiglottique suite d'obstacle à la circulation veineuse du cou.

8° OEdème par extension au larynx d'une diathëse séreuse.

9° OEdème immédiatement consécutif à une extravasation traumatique de sang dans le tissu cellulaire circum-Iaryngé.

VARIÉTÉS DE i/AFFECTION. 425

La variété suivante est tout exceptionnelle par la nature du liquide infiltré dans les replis.

10° Infiltration spontanée de sang en nature dans les replis aryténo-épiglottiques, et sous l'influence de causes internes.

\\° Enfin, sous la forme d'appendice, nous décrirons une variété fort remarquable par sa cause et par l'âge des sujets qui la présentent : savoir, l'angine infiltro-laryngée suite de brûlure de l'arrière-bouche.

Les caractères que nous assignons à chacune de ces variétés sont fondés sur l'analyse des observations que nous avons réunies. — Des fails ultérieurs et plus nombreux leur imprimeront sans doute quelques modifications, et conduiront sans doute aussi à la découverte de nouvelles variétés, distinctes de celles que nous admettons pour le moment. — L'obscurité qui règne sur la valeur de certains moyens de traitement, et que l'expérimentation future pourra seule dissiper, rendra nécessairement incertaines plusieurs des règles que nous allons rapidement tracer.

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