TROISIÈME VARIÉTÉ
OEdème aryténo-épiglottique actif, très probablement consécutif à une phlegmasie aiguë légère et superficielle.
Un individu bien portant s'endort exposé à un courant d'air ; — à son réveil, les paupières d'un seul côté sont gonflées, œdémateuses, sans douleur, sans chaleur et sans rougeur à leur face externe comme à leur face interne; c'est là un œdème actif tout à fait local , par simple irritation sécrétoire , ou du moins sans phlegmasie bien constatée. — Or, il paraîtrait qu'un œdème pareil envahit quelquefois le tissu cellulaire des replis aryténo-épiglottiques. — Nous sommes cependant fort disposé à admettre que, dans les cas de ce genre, il y a phlegmasie superficielle et commençante de la membrane muqueuse, phlegmasie qui disparaît après la mort, en ne laissant pour toute trace de son passage que l'œdème du tissu cellulaire sous-jacent. — Quoi qu'il en soit, nous croyons voir ici une variété particulière de l'angine laryngée œdémateuse dont nous avons rapporté quatre observations. (Voyez Étiologie, p. 81, et Nature, p. 260.) En voici le résumé :
Quatre sujets appartenant au sexe masculin sont âgés de 20, de 32 et de 60 ans; l'âge du quatrième n'est pas spécifié. — Deux sont en pleine santé, deux autres sont convalescents : l'un, d'une « gastro-entérite aiguë, » l'autre, d'une « fièvre muqueuse intermittente. » — Les trois premiers s'exposent au froid humide, à la pluie; et bientôt après survient un œdème laryngé, — qui se termine par la mort : chez l'un, en 6 ou 7 heures; chez deux autres, en 20 heures environ; chez le quatrième, enfin, dans la nuit du quatrième au cinquième jour.
A X ouverture cadavérique on ne trouve qu'une infiltration séreuse du tissu cellulaire du sommet du larynx, sans rougeur inflammatoire de cette partie, ni de la gorge. — Sur l'un des cadavres, la sérosité infiltrée s'écoule à l'aide des incisions suivies de pression. Cette expérience n'est point tentée sur les trois autres sujets. — D'ailleurs il n'est fait mention ni d'œdème de l'intérieur même du larynx, — ni d'œdème de Y arrière-bouche.
Pour le traitement, nous conseillons l'apposition d'un certain
VARIÉTÉS DE L' AFFECTION. UoZ
nombre de sangsues sur le cou, si le sujet n'est pas affaibli; — l'application sur cette même région d'un large vésicatuire; — le vomitif, — puis Yhuile de croton à l'intérieur, à moins de contreindication. — On insistera sur le traitement direct, sur Yalun, sur les scarifications des bourrelets en particulier.
Celte variété sera peut-être, dans l'avenir, une de celles où l'emploi de la sonde laryngienne sera tenté avec quelque succès.