‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 139 sur 150 · CINQUIÈME VARIÉTÉ · texte numérisé non relu

CINQUIÈME VARIÉTÉ

Infiltration avyténo-épiglottique symptomatique d'une laryngite chronique.

La laryngite chronique est une des causes les plus fréquentes de l'angine infiltro-laryngée. Nous en avons rassemblé ^5 observations plus ou moins détaillées.

Le plus jeune des sujets a \k ans. — C'est surtout de 30 à 50 ans que cette variété est signalée ; — et beaucoup plus fréquemment chez Y homme (28 fois) que chez la femme (16 fois). — Sur 19 cas : 8 fois la profession est non sédentaire , 6 fois sédentaire et 5 fois mixte. — Sur 20 cas, il en est 13 qui sont recueillis pendant le semestre d'hiver, et surtout pendant les mois de novembre et de décembre , et 7 seulement dans le semestre d'été. — Assez fréquemment l'infiltration laryngée débute peu de temps après l'action de quelque cause extérieure , du froid plus particulièrement. — Plusieurs états morbides contribuent parfois avec la laryngite

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chronique au développement de l'œdème laryngé : c'est, par exemple, un engorgement glanduleux voisin du larynx, c'est l'anasarque, etc.

Les tuberculeux, au nombre de la, sont âgés de la à 6a ans. — Parmi eux, 9 appartiennent au sexe masculin , et a seulement au sexe féminin.

Les syphilitiques , au nombre de la, sont âgés de 2a a 77 ans.

— Les hommes sont au nombre de 8 et les femmes au nombre de 6. Quant à la laryngite chronique simple ou de nature douteuse,

elle est signalée 17 fois, chez des sujets de 26 à 55 ans. — 11 fois chez l'homme, et 6 fois seulement chez la femme.

Dans celte variété de l'affection , les bourrelets aryténo-épiglotliques sont presque constamment décolorés, blancs ou blanchâtres.

— Le liquide infiltré est souvent de la sérosité limpide, parfois de la sérosilé purulente ou bien encore une matière gélatiniforme. — Aussi son écoulement par suite des incisions est-il très variable; tantôt assez facile , d'autres fois nul ou presque nul. — V œdème intra-laryngé apparaît dans la moitié environ des cas. — Par contre, 1' 'œdème de l'arrière-bouche est fort rare; il n'a été constaté que dans le 1 /20e environ des cas, et l'un des deux sujets qui l'ont présenté était en même temps affecté d'hydropisie générale. — V œdème de la trachée-artère a été signalé dans cette variété. — En général, point de congestion cérébrale ou pulmonaire notable; pas de concrétions polypiformes dans le cœur.

Dans le cours d'une laryngite chronique, on doit toujours redouter l'invasion de l'œdème laryngé, surtout si l'inflammation chronique revêt momentanément un caractère aigu, sous l'influence du froid plus particulièrement; si pendant la durée d'une laryngite chronique se développe une anasarque ou une diathèse séreuse. — Très rarement on observe ici , comme phénomène précurseur, l'œdème de la luette, du voile du palais ou des parties voisines; il ne s'est guère présenté que dans le cas où le malade était atteint à la fois de laryngite chronique et d'anasarque.

Les phénomènes d'invasion apparaissent en général successivement et graduellement, et avec une certaine lenteur ; — quelquefois cependant ils sont subits et sous la forme la plus grave.

Dans les 2/3 des cas, l'affection présente dans sa marche des accès de suffocation, — lesquels ont lieu quelquefois à des distances

assez considérables les uns des autres , de plusieurs jours , par exemple; — ils sont souvent alors séparés par un étal de caluie remarquable.

La durée est variable, — en général de plusieurs jours et môme de plusieurs semaines ; — quelquefois cependant elle est moins de 1l\ heures.

Dans le diagnostic, on doit surtout s'attacher à distinguer la dyspnée et les accès de suffocation occasionnés par l'infiltration aryténo-épiglottique de ces mêmes accidents dyspnéiques dus à divers autres agents plus ou moins inhérents à la laryngite chronique, et sur la nature desquels nous avons insisté.

Le pronostic est fort grave, puisque la mortalité est des Zjk des malades, malgré la bronchotomie, qui échoue le plus ordinairement.

Mais la mortalité varie suivant la nature de la laryngite chronique : ainsi, tandis qu'elle n'est que des 3/5es environ dans les cas de laryngite syphilitique , — elle s'élève aux 6/7es chez les tuberculeux.— Et dans le petit nombre des cas où le larynx était le siège de dégénérescences squirrheuse, lardacée, etc., l'issue a été constamment funeste.

Traitement. — En général, et à moins de circonstance particulière et tout exceptionnelle, la saignée générale est ici inutile ou nuisible. — Souvent il convient d'appliquer des sangsues au cou, surtout si une phlegmasie aiguë est venue s'ajouter à la phlegmasie chronique du larynx.

Le vomitif et Y huile de croton seront prescrits, à moins de contre-indication dépendant de l'état morbide du tube digestif et de la faiblesse du malade.

Le vésicatoire sur le cou sera l'un des principaux moyens à employer.

Le mercure, comme altérant, ne sera pas sans doute sans utilité, mais son usage sera subordonné à l'état général du sujet.

Les insufflations d'alun, Yazotate d'argent en topique ne seront pas toujours exclus du traitement; loin de là, puisque ces agents peuvent contribuera la disparition de l'infiltration laryngée, et que d'ailleurs ils sont miles dans certains cas de laryngite chronique.

VARIÉTÉS DE L'AFFECTION

La compression des bourrelets sera peut-être utile dans quelques circonstances que nous avons cherché à spécifier.

On recourra surtout aux scarifications des bourrelets.

Au reste, le traitement subira de très importantes modifications suivant la nature de la laryngite chronique elle-même, suivant aussi les étals morbides qui l'accompagnent. — Par exemple, si la laryngite chronique est, ou soupçonnée être de nature vénérienne, on administrera les antisyphilitiques les plus prompts dans leurs effets, car il peut se faire qu'ils aient le temps d'agir. — Si le malade est en diathèse séreuse, le traitement sera modifié en conséquence, et comme nous le verrons bientôt, etc.

Si, malgré le traitement direct ou indirect, les accidents s'aggravent, la sonde laryngienne ne sera employée que si la bronchotomie est impraticable. — En général, il conviendra de recourir de bonne heure à l'ouverture du canal respiratoire. — Et même, si à l'époque de l'invasion de l'angine infiltro-laryngée le malade est déjà très affaibli, et si, en même temps, tout porte à croire que le larynx est le siège de profondes lésions, nous croyons qu'il faut recourir à la bronchotomie aussitôt l'infiltration aryténo-épiglottique constatée. — En raison des lésions dont le larynx est atteint, on évitera la crico-trachéotomie ; on lui préférera la trachéotomie sous-cricoïdienne.

Un malade est affecté de laryngite chronique, comment le mettre à l'abri de l'angine œdémateuse?

Il faut traiter avec activité et méthode la laryngite chronique elle-même ; — prévenir l'apparition intercurrente des phlegmasies aiguës de la gorge et du larynx, en mettant le malade à l'abri du froid, de l'humidité; en lui recommandant d'éviter les efforts de la voix, le chant, les cris; en calmant la toux, etc., et aussi en n'employant qu'avec circonspection les divers topiques laryngés, tels que le nitrate d'argent, le calomélas, ainsi que les fumigations mercurielles, etc. — Si l'on n'a pas pu prévenir la phlegmasie intercurrente aiguë dont nous parlons, on s'attache à la faire disparaître le plus promptement possible, — On combat avec soin l'affaiblissement du malade, car il favorise l'apparition des phlegmasies œdémateuses. — On prévient enfin, s'il est possible, ou du moins on combat activement la diathèse séreuse; car, surprenant un

UhO RÉSUMÉ.

larynx chroniquement enflammé, elle imprimerait facilement à cette phlegmasie chronique le caractère séreux.

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