SEPTIÈME VARIÉTÉ
OEdème aryténo-épiglottique, suite d'obstacle à la circulation veineuse
du cou.
L'œdème du larynx reconnaît parfois pour cause sinon unique, du moins principale, un obstacle à la circulation du sang dans les veines du cou. L'obstacle est ordinairement formé par une tumeur par dégénérescence organique, encéphaloïde ou tuberculeuse.
Cette tumeur atteint presque toujours des individus du sexe masculin, — adultes ou vieillards; elle occupe uniquement ou principalement la région droite du cou ; — les veines correspondantes, les jugulaires surtout, sont ou comprimées, ou en partie détruites, ou oblitérées par la matière de nouvelle formation qui a pénétré dans leur cavité.
L'œdème affecte la face et le cou ; — il affecte aussi la luette, le voile du palais, et parfois toutes les parties internes de la bouche. — Il occupe uniquement ou principalement le repli aryténo-épiglottique correspondant au côté de la tumeur, par conséquent le repli droit, lequel proémine de quelques lignes au-dessus de son congénère. Tantôt ferme et résistant , il est d'autres fois mollasse et tremblotant ; ne pouvant se maintenir roide et droit, il tombe et se replie sur le ligament opposé, de manière à fermer exactement l'orifice supérieur du larynx, comme le ferait un couvercle. Le liquide infiltré est tantôt intimement combiné avec le tissu cellulaire et ressemble à delà gelée; tantôt c'est de la sérosité pure qui s'écoule facilement par l'incision suivie de pression. La membrane muqueuse ne présente pas la moindre trace qui puisse faire supposer une inflammation. — L'œdème envahit parfois Xintérieur du larynx, en totalité ou en partie; il s'étend même au commencement de la trachée-artère.
Dans cette variété, comme on le voit, on peut prévoir l'invasion de l'angine laryngée œdémateuse en observant une tumeur organique du cou, avec œdème de cette région et de la face, et surtout en constatant de l'œdème sur les parois internes de la cavité buccale, sur la luette et le voile du palais.
D'ailleurs la maladie offre ses symptômes ordinaires, et, en particulier, des accès de suffocation.
Sa durée est variable; en général, de plusieurs jours.
Son pronostic est des plus fâcheux; car la tumeur organique persiste, s'aggrave et entretient l'œdème laryngé.
Dans le traitement, on s'attachera à diminuer autant que possible le volume de la tumeur, ou du moins à combattre la congestion séreuse et le travail phlegmasique qui l'entourent.
Quanta l'œdème laryngé lui-même, on ne pourra guère l'atteindre à l'aide des évacuations sanguines, des purgatifs, du vésicatoire, etc. — Les moyens directs, Y alun, Y azotate d'argent et surtout les scarifications obtiendront peut-être quelque avantage.
La bronchotomie offre en général de grandes difficultés, dues à la présence de la tumeur organique elle-même, à l'œdème du cou, à la déviation du larynx, poussé du côté opposé à la tumeur.
Si la bronchotomie est impraticable, on devra recourir à l'introduction de la sonde laryngienne.