DIXIÈME VARIÉTÉ
Infiltration des replis aryléno-épigloltiques par du sang en nature, et sous l'influence de causes internes.
L'infiltration des replis supérieurs du larynx par du sang en nature n'a encore été que très rarement observée : nous n'en connaissons en effet qu'un seul exemple (1). — Celte variété mérite cependant une mention à part.
En supposant le cas dont nous parlons moins rare, et en le généralisant, nous inscrivons les caractères suivants :
Un malade est atteint de variole liémorrhagique ou de toute autre affection, avec le caractère hémorrhagique par altération profonde et liquéfaction du sang ; il y a purpura ; les matières expectorées,
(1) Voy. Etiologie, p. 114.
VARIÉTÉS DE L'AFFECTION. Ukl
celles des vomissements, des selles, les urines, contiennent du sang, etc. — Bientôt surviennent les symptômes d'une infiltration aryténo-épiglottique, qui se termine proinptement par la mort.
A Y ouverture cadavérique, on trouve des ecchymoses sur la muqueuse du tube digestif, des bronches; les poumons sont gorgés de sang écumeux.... on observe, en un mot, tous les caractères d'une dialhèse hémorrhagique.
En outre, le tissu cellulaire des replis aryténo-épiglottiques et de Yépiglotte est infiltré de sang; quelques mailles du tissu ont même été déchirées par le liquide , qui forme épanchement et s'écoule assez facilement à l'aide des incisions et de la pression. — L'infiltration sanguine a envahi V intérieur du larynx , les cordes vocales en particulier. — Elle s'est étendue à plusieurs parties de Y arrière-bouche , aux replis glosso-épiglottiques , à la base delà langue, aux parois du pharynx ; — sur ces parties, et aussi sur les bourrelets de l'épiglotte , la membrane muqueuse est d'un rouge noirâtre, comme fortement ecchymosée.
Pour établir le diagnostic de cette affection, on s'attachera non seulement à reconnaître que les replis aryténo-épiglottiques sont infiltrés, mais aussi quelle est la nature même du liquide infiltré; or, les circonstances au milieu desquelles l'infiltration laryngée se sera développée, et surtout l'inspection de la base de la langue, du sommet de l'épiglotte, des piliers du voile du palais, du pharynx, parties colorées par le sang, aideront à établir ce dernier point, fort important d'ailleurs pour le traitement.
On combattra la dialhèse hémorrhagique par des moyens divers, et qu'il n'est point ici le lieu d'exposer.
Quant à l'infiltration aryténo-épiglottique, ce n'est point le cas de recourir au vésicatoire sur le cou, à l'alun, à l'azotate d'argent; — mais on se hâtera de tenter l'emploi des scarifications des bourrelets. — On recourra d'ailleurs de bonne heure à la bronchotomie, malgré le bien faible espoir de la voir réussir.
onzième variété. — Voy. Y Appendice.
laryngite oedémateuse suite de brulure de. l'arrière-bouche.