‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 145 sur 150 · ARTICLE PREMIER. — CAUSES · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. — CAUSES

La cause la plus ordinaire de la brûlure de la gorge et du sommet du larynx est l'ingestion d'un liquide bouillant ou l'inhalation d'une vapeur brûlante.

Ce redoutable accident n'a guère encore été observé qu'en Angleterre, où il est très fréquent. Ainsi le docteur W. Wallace a vu un grand nombre de sujets y succomber, et il parle de vingt malades traités par lui. — D'une autre part, M. Jameson a pu en rassembler treize exemples, presque tous dans sa propre pratique. — Enfin, nous avons réuni etanalysé 29 observations de ce genre (1), et nous les devons toutes à des auteurs anglais.

L'usage universellement répandu en Angleterre du thé, que l'on prend le matin et le soir, explique en très grande partie la fréquence de cet accident dans ce pays ; — ajoutons que dans plusieurs hôpitaux d'enfants, on a l'habitude de laisser, près du lit, des veilleuses destinées à entretenir les boissons chaudes.

L'accident dont nous parlons n'a encore été observé que sur des enfants, — et sur 23 d'entre eux dont l'âge a été spécifié, le moins âgé avait 1 an 1/2, et le plus âgé, k ans; — presque toujours (18 fois sur 23), ils étaient âgés de 2 à 3 ans. — Voici, au reste, la répartition qu'ils nous ont présentée :

1 an 1/2 3 cas. 3 ans. 5 cas.

2 ans 6 — 3 ans 1/2 1 —

2 ans 1/2. 7 — k ans 1 —

Avant un an et demi les enfants, d'ailleurs en général surveillés, ne sont pas encore assez intelligents pour boire au bec d'une

(4) Voy. Bibliographie, p. 26.

BRULURE DE L'ARRIÈRE-BOUCHE. t\[\9

théière ou d'une bouilloire ; et après quatre ans ils ont au contraire, et en général, trop d'intelligence pour ne pas comprendre le danger de boire de celte manière. — Or, le mode d'ingestion à l'aide d'une tasse ne peut guère occasionner la brûlure de l'arrière-gorge, car les lèvres et l'extrémité de la langue douloureusement affectées, avertissent à l'instant même le sujet, qui rejette violemment le liquide bouillant. — Et d'ailleurs, en supposant que chez un jeune homme ou un adulte, une petite quantité de ce liquide pénètre dans la gorge et le pharynx, la membrane muqueuse étant alors moins délicate et moins sensible que chez l'enfant, étant même déjà habituée à tolérer un haut degré de chaleur, les suites de ce contact seront beaucoup moins fâcheuses. — Ce qui est positif, c'est que nous ne connaissons encore aucun exemple de brûlure du larynx, par l'eau ou par la vapeur bouillante, observé au delà de l'enfance.

Dans les observations traduites que nous avons sous les yeux, les enfants du sexe masculin, au nombre de 16 sur 23, ont été, comme on le voit, beaucoup plus souvent les victimes de cet accident que ceux du sexe féminin. Nous supposons, dans celte appréciation, que, lorsque dans une relation on mentionne un enfant de 2 à 3 ans, il s'agit en réalilé d'un garçon.

C'est constamment pour avoir essayé de boire ou pour avoir bu au bec, au goulot d'une théière ou d'une bouilloire contenant un liquide très chaud ou bouillant, que l'accident est arrivé. Du moins, parmi les observations que nous avons analysées, toutes les fois que la cause a été nettement indiquée, elle a été telle que nous venons de le dire. — En général, dit le docteur Jameson, la vapeur seule est inspirée, l'eau n'est avalée que bien rarement, si même elle l'est jamais, à raison du spasme qui survient au moment où ! elle arrive dans la bouche, et qui la fait rejeter immédiatement. — | Nous croyons au contraire que souvent le flot du liquide, qui sort I brusquement du goulot plus ou moins enfoncé dans la bouche, | pénètre en partie dans l'arrière-gorge et jusque sur le sommet du larynx, avant que le pourtour musculaire de l'isthme guttural et les | parois de la bouche aient eu le temps de se contracter pour lui i fermer le passage et l'expulser.

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