‹ Traité de l'angine laryngée oedémateuseChapitre 43 sur 150 · VARIOLE. — VARICELLE · texte numérisé non relu

VARIOLE. — VARICELLE

offre une légère teinte rouge. Les poumons crépitent peu, et laissent écouler, à la coupe, une quantité considérable de sang écumeux; la membrane interne des bronches ne présente aucune trace d'ecchymose, et conserve sa couleur rose pâle normale. Le cerveau est un peu congestionné, le piqueté ne disparaît pas sous un filet d'eau ; les sinus sont remplis de sang. Les reins sont fortement congestionnés; la rate est ramollie et d'une couleur lie de vin très prononcée ; le foie est pâle et décoloré. La vessie , fortement revenue sur elle-même, ne contient aucun caillot, et est parfaitement saine.

L'altération la plus remarquable a son siège au larynx et particulièrement à l'épiglotte. L'ouverture supérieure est presque complètement oblitérée par le gonflement des replis aryténo-épiglottiques, qui sont infiltrés d'une quantité de sang telle qu'ils ont atteint une épaisseur de 2 centimètres environ. Les bords de l'épiglotte, devenus mousses et arrondis, sont repliés sur eux-mêmes de dehors en dedans; les replis aryténo-épiglottiques, renversés aussi en dedans, ont transformé l'ouverture correspondante en une fente verticale et très étroite. On conçoit, à la vue de cette disposition, que l'inspiration de l'air devait presque complètement obturer la glotte par le renversement plus complet en dedans de ces replis. La muqueuse qui tapisse ces bourrelets est rouge noirâtre , comme fortement ecchymosée et sensiblement épaissie. Les replis aryténo-épiglottiques sont devenus presque immobiles et ne tremblottent pas comme dans l'infiltration séreuse; si on les incise, et si on les presse légèrement entre les doigts, on voit suinter, de toute la surface, le sang qui y est contenu; les mailles du tissu cellulaire sont distendues et semblent avoir été déchirées par épanchement.

Les replis glosso-épiglottiques sont aussi le siège du même gonflement et de la même infiltration sanguine ; ils ont complètement perdu leur forme et se confondent avec le tissu cellulaire environnant; par leur énorme distension, ils empêchent l'épiglotte de se rabattre et de fermer l'orifice supérieur du larynx. L'infiltration a envahi le tissu cellulaire des gouttières latérales et se prolonge sur les parois du pharynx et jusqu'à la base de la langue. Les cordes vocales partici- | pent elles-mêmes au gonflement, mais à un bien moindre degré ; la [muqueuse qui les tapisse est d'un rouge pâle; les ventricules ont j presque entièrement disparu, et sont réduits à une fente presque I linéaire. Au-dessous des cordes vocales inférieures s'arrête brusquement toute altération, et la muqueuse est à peine le siège d'un peu de rougeur et d'une légère injection (Bogros).

En résumé, la variole devient fort rarement une cause d'angine laryngée œdémateuse, et lorsqu'elle coopère à la production de cette affection, le mécanisme en est différent. Tantôt elle paraît j imprimer un caractère aigu à une laryngite sub-aiguë ou chronique

116 ÉTIOLOGIE.

antécédente; — tantôt, sous l'influence de la variole, une laryngite crico-nécrosique se développe, comme on l'observe parfois dans la convalescence de la fièvre typhoïde. — Enfin, la variole étant de forme hémorrhagique, des infiltrations sanguines se forment en diverses parties superficielles et profondes du corps, et notamment dans le tissu cellulaire des replis aryténo-épiglottiques.

Quant à la laryngite aiguë , simple ou pustuleuse , survenant dans le cours de la variole, nous ne connaissons encore aucune observation qui constate qu'elle ait produit l'œdème sus-glottique ; sous ce rapport, elle se rapproche de la laryngite rubéolique et de l'angine gutturale scarlatineuse, affections qui, elles aussi, ne se sont jamais compliquées de l'œdème du sommet du larynx.

§ xviîî.

Il nous paraît fort douteux que la varicelle ait joué quelque rôle dans un cas observé par le docteur Langet.

S xix.

La fièvre typhoïde, si grave en elle-même, ne l'est pas moins par les divers accidents qui surviennent dans son cours ou pendant sa convalescence ; elle est en particulier l'une des causes prédisposantes les plus remarquables de l'angine infiltro-laryngée. En effet, cette angine est survenue 23 fois dans le cours ou pendant la convalescence de la fièvre dont nous parlons.

20 fois chez des sujets du sexe masculin, et 3 fois seulement chez , des individus du sexe féminin. La plupart de ces faits ont été recueillis à Paris où la fièvre typhoïde atteint beaucoup plus fréquemment les premiers que les seconds.

A l'exception d'un seul malade qui avait U0 ans, tous les autres étaient âgés de 15 à 30 ans, savoir: k de 15 à 20 ans, — et 13 de 20 à 30 ans. — Cinq malades, dont l'âge n'a pas été formulé, étaient cependant des jeunes gens ou des adultes. On sait que la fièvre typhoïde, celle du moins qui a été jusqu'à il y a quelques années, principalement et presque uniquement décrite, atteint en général les jeunes gens et les adultes .• — Quant à la fièvre typhoïde des enfants, qui est loin d'être rare, nous ne possédons aucun fait qui démontre qu'elle se soit compliquée d'angine laryngée œdémateuse. Remarquons que la fièvre typhoïde à cet âge a beaucoup

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