ÉPIDÉMIES
telles. 31 M. Peyraud (1) et Ponnet (2) ont consigné chacun une courte notice sur cette épidémie.
Au rapport de M. Ponnet, elle offrit cela de remarquable, qu'elle sévit surtout sur les hommes, et qu'elle parut régner sous l'influence d'une température très peu stable ; des pluies très froides succédant à quelques jours d'une température assez douce. Les cas les plus nombreux furent observés pendant les mois d'octobre et de mars.
« Les derniers jours de février et la première moitié de mars (1847), dit le docteur Peyraud, ont été caractérisés par la persistance d'une température singulière et bien rigoureuse pour notre ville. Pendant cette période de trois à quatre semaines, le vent du nord a régné d'une manière à peu près constante, et souvent avec une violence extrême. Il faisait habituellement froid, et toutes les nuits le thermomètre descendait à plusieurs degrés au-dessous de la congélation ; il ne remontait au-dessus de zéro qu'au milieu du jour, grâce à un soleil brillant et à une atmosphère presque constamment pure. De là résultait une différence de température très grande entre les parties opposées de la voie publique, suivant qu'elles étaient exposées au soleil ou à l'ombre, à l'abri du vent, ou, au contraire, en but à sa violence. Sous l'influence d'une constitution atmosphérique semblable, des angines se sont présentées en assez grand nombre à l'observation des praticiens, et quelques unes avec un caractère de malignité vraiment remarquable. Ainsi, quelques morts subites ont été signalées à la suite de maux de gorge qui n'avaient pas plus de vingt-quatre à trente-six heures d'existence. Des accidents de ce genre ont eu lieu en ville, d'autres à l'Hôtel-Bieu. » L'auteur rapporte plusieurs observations, et en particulier deux cas d'angine laryngée œdémateuse, terminés tous deux par une mort presque subite, et précédés d'une inflammation légère de la gorge.
Nous nous sommes demandé si le docteur Saissy (3) n'aurait pas
(1) Note sur quelques cas d'angines laryngées œdémateuses observés à THôtel-Dieu de Lyon en mars 1847. {Journal de mèd. de Lyon, t. I, 2e série, mai 1847.)
(2) Thèse, Paris, 1848, n° 101.
(3) Annales cliniques de la Société de médecine pratique de Montpellier, novembre 1813 ; et Bibliothèque médicale, t. XLIII, p. 248.
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eu affaire à une épidémie de petite localité, lorsque, dans Vespace de huit jours, il put recueillir trois observations d'angine laryngée œdémateuse, et toutes trois sur des ouvriers soumis à l'influence du froid humide ou de la pluie, le corps échauffé par des travaux forcés. C'est en 1787, dans un comptoir de commerce sur la côte septentrionale de l'Afrique, que le docteur Saissy recueillit ces trois observations ; il ne les communiqua que plus tard, en 1812, à la Société de médecine de Paris. (Note de Valentin , Traité du croup, p. 295.)
Pendant les mois de janvier et de février 1845, des stomatites et des pharyngites couenneuses régnèrent dans les salles du professeur Fouquier, à l'hôpital de la Charité; or l'œdème du larynx se développa chez deux sujets atteints de ces phîegmasies pseudo-membraneuses.
Au rapport du docteur Gordon-Buck, on put recueillir 8 cas d'angine laryngée œdémateuse à l'hôpital de New-York, dont 7 entre les mois de décembre 1847 et de février 1848. Durant cette période, la saison fut remarquablement pluvieuse et humide, avec très peu de neige ; et la constitution médicale fut caractérisée par la prédominance des érysipèles et des fièvres typhoïdes, aussi bien que par le type asthénique des autres maladies, soit à l'hôpital, soit au dehors.
En résumé, l'angine infiltro-laryngée s'est peut-être montrée quelquefois sous la forme épidémique, et liée à quelque affection présentant cette même forme : à la scarlatine? à la laryngite érythémateuse ? à la stomo-pharyngite couenneuse , mais surtout à Y inflammation de la gorge.
§ VI. — De quelques agents extérieurs considérés comme causes d'angine infiltro-laryngée.
a. — On sait que Bichat (1), se livrant à diverses expériences sur le larynx des chiens, et voulant étudier en particulier le rôle de l'épiglotte, pratiqua un trou à ce cartilage, et y passa une ficelle qu'il fixa ensuite autour du cou de l'animal. Or, un des chiens opérés de cette manière mourut le lendemain « d'une angine séreuse exactement analogue, dit l'auteur, à celle qui suffoque tout à coup les malades, et qui a son siège dans les deux replis de la
(1) Anatomie descriptive, t. II, p. &0/j.