QUELQUES AGENTS EXTÉRIEURS
membrane muqueuse étendus entre les aryténoïdes et l'épiglotte. »
b. — Des plaies faites à la région antérieure et supérieure du cou par des instruments tranchants ont été quelquefois suivies, chez l'homme , d'infiltration aryténo-épiglottique. Nous connaissons U cas de ce genre ; une seule fois , la plaie a intéressé le larynx lui-même.
Chez deux sujets, l'œdème laryngé est survenu seulement huit, seize jours après le moment où la plaie a été faite au cou (Dubreuil, n08 1 et 2). Chez le premier de ces blessés, nous ae savons point au juste quelle a été la cause de l'infiltration laryngée. — Chez le second, on trouva la membrane muqueuse du larynx pâle et ramollie, surtout dans le tiers supérieur. En outre, la partie de cette membrane correspondant à la cicatrice offrait dans l'étendue de quatre à cinq lignes une couleur rouge qui contrastait avec la décoloration des portions voisines.
Mais les deux observations suivantes offrent un grand intérêt :
Le docteur Bobillier (n° \ ) rapporte qu'un ouvrier âgé de trente-six ans, poursuivi pour dettes, résolut de se débarrasser d'une vie qui lui était à charge; il se saisit d'un rasoir peu tranchant, et se fit à la partie supérieure du cou, entre l'hyoïde et le cartilage thyroïde, une plaie transversale étendue de 6 centimètres environ. ( Tamponnement de la plaie, application de bandelettes agglutinatives, ligatures de quelques petites artères, flexion du cou en avant, saignée du bras.) L'état du malade était satisfaisant, il demandait des aliments et voulait sortir de son lit, lorsque cinq jours après la tentative de suicide, les accidents les plus violents se déclarèrent tout à coup : c'étaient ceux de l'angine œdémateuse, avec accès. Malgré une ample saignée du bras, l'application de 4 5 sangsues au cou et de sinapismes aux pieds, les paroxysmes se rapprochèrent, les symptômes devinrent incessamment plus alarmants, et le blessé mourut à neuf heures du soir.
A l'ouverture du cadavre , on reconnut que la partie antérieure et supérieure du cartilage thyroïde avait été divisée par l'instrument tranchant, ainsi que la membrane thyro-hyoïdienne. Une ecchymose très étendue occupait le repli aryténo-épiglottique du côté droit; et l'œdème du pourtour de l'orifice supérieur du larynx était considérable...
Ici l'œdème laryngé a été la conséquence de la phlegmasie traumatique, et sans doute aussi de la présence d'une certaine quantité ; de sang extravasé dans le voisinage du sommet du larynx, et même dans l'un des replis aryténo-épiglottiques.
ÉTIOLOGIE.
C'est encore au docteur Bobillier (n° 2) que nous devons la relation qui suit :
Un soldat se donna , dans un moment de désespoir, un coup de couteau à la partie latérale droite du cou ; il fut aussitôt apporté à l'hôpital militaire. Une plaie d'un pouce et demi d'étendue, de figure triangulaire, existait à la hauteur du bord supérieur du cartilage thyroïde; il n'y avait ni hémorrhagie extérieure, ni crachement de sang; les inspirations étaient longues et pénibles, la parole et la déglutition étaient médiocrement gênées; le peu de gravité de ces accidents faisait présumer que la blessure n'aurait aucun résultat fâcheux. On réunit la plaie à l'aide de bandelettes agglutinatives, et la tête fut maintenue fléchie sur la poitrine. A quatre heures, il survint une hémorrhagie en nappe qui fut incomplètement arrêtée par un morceau d'agaric mis sur la plaie; le pansement fut renouvelé. Une heure après, l'appareil était encore imbibé, mais le sang n'ayant pas passé outre, on ne dérangea rien. Alors il se forma , au côté gauche de la base de la mâchoire, une tumeur molle, bleuâtre, insensible; le malade éprouva une grande difficulté de respirer; il avait la face injectée; il paraissait menacé de suffocation , et portait sans cesse les mains à l'appareil dans l'intention de l'arracher. On présuma que la bande était trop serrée ; on la remplaça par une simple mentonnière ; la plaie ne saigna plus, et le malade se trouva mieux. Mais il continua d'être inquiet et agité ; il se levait souvent sur son séant et semblait respirer avec moins de gêne dans cette position; les inspirations étaient longues et pénibles, tandis que l'expiration paraissait facile; la déglutition des liquides n'était que très difficilement exécutée. Une heure plus tard, le chirurgien de garde fut de nouveau appelé; lorsqu'il arriva, le malade était mourant; la face était décolorée, le pouls très lent, la respiration presque nulle, il faisait des efforts comme pour vomir. La mort eut lieu six à sept heures après l'entrée du. blessé à l'hôpital.
Nécropsie. - — Passant sous silence plusieurs détails anatomiques donnés par l'auteur et qui concernent les parties divisées, nous dirons seulement que la plaie ne pénétrait pas dans le larynx. La tumeur bleuâtre observée pendant la vie était formée par un foyer sanguin. Tout le tissu cellulaire de la région cervicale antérieure était infiltré de sang. La membrane muqueuse du pharynx était très colorée par ce liquide , surtout du côté gauche, depuis le pilier correspondant du voile du palais, jusque près de l'entrée du larynx. Du côté droit , elle contenait dans son tissu , en quelques points , un épanchement qui la développait extraordinairement. L'infiltration séreuse était très prononcée dans la portion de membrane qui recouvre les cartilages aryténoïdes, et l'on en pouvait faire sortir le liquide par l'expression. 11 était facile de voir que l'ouverture de la glotte était en grande partie oblitérée. Le cerveau présentait une congestion veineuse, mais