CORPS ÉTRANGERS DANS LES VOIES AÉRIENNES
recueillies par les docteurs Diguet (1), Alibert (2), Dallas (3), Blandiu (&), Gerdy (5), Rokitanski (6), et, plus spécialement encore, deux observations citées dernièrement par MM. Gubler (7) et E. Foucher (8).
Ici encore, comme toujours, le toucher et l'inspection rendront les plus grands services.
ARTICLE III. — CORPS ÉTRANGERS DANS LES VOIES AÉRIENNES, DANS LE PHARYNX OU L'OESOPHAGE.
§ I. — Corps étrangers dans lés voies aériennes.
Quels sont, — en dehors des commémoratifs, — lesquels peuvent manquer ou tromper, — surtout chez les enfants et chez les aliénés, — les phénomènes qui distinguent de l'angine laryngée œdémateuse les corps étrangers venus du dehors, et introduits dans les voies aériennes?
Ici Yinvasion des accidents, constamment subite et instantanée, surprend, sous la forme la plus grave, des individus souvent en pleine santé, au milieu des repas, des jeux; et les accidents primitifs sont presque toujours caractéristiques. Mais supposons qu'ils soient presque nuls ou totalement ignorés; supposons aussi le corps étranger libre dans la trachée-artère; les phénomènes qui surviennent alors éclairent le diagnostic. Par exemple : si un bruit de soupape se fait entendre, c'est au moment de X expiration, et non pas, comme dans l'angine laryngée œdémateuse, au moment de l'inspiration. — On perçoit souvent un bruit de grelot ou de grelottement déterminé par le corps étranger qui roule contre les parois de la trachée-artère. — L'inspiration est généralement facile,
(1) Dissertation sur les polypes du nez et de la gorge. Paris, 180/i (an xm), n» 350.
(2) Dictionnaire des sciences médicales, t. XLIV, p. 218.
(3) Id., p. 225 ; — Essays and observât., etc., t. III.
(4) Gazette des hôpitaux, 1847, p. 206.
(5) Thèse de concours, 1833.
(6) Archives, 3e série, t. IX, p. 332; — L'Union médicale, 1849, p. 290.
(7) Bulletin de la Société anatomique, 1846, p. 332.
(8) L'Union médicale, 1849, p. 290.
tandis que l'expiration est gênée ou presque impossible, car le corps étranger, alors poussé vers la glotte, l'oblitère plus ou moins complètement. — La toux est intense, parfois continuelle, ou par quintes sonores. — Les accès de suffocation reviennent principalement pendant la veille, car leurs causes déterminantes les plus ordinaires sont le rire, les efforts, certaines positions données au corps; aussi peut-on souvent les faire naître à volonté et sous ses yeux. — Ces accès, qui d'ailleurs ne sont pas toujours de plus en plus intenses, sont souvent séparés par des intervalles de calme complet, et le malade semble alors tout à fait bien portant.
Si le corps étranger, irrégulier, de petit volume, est fixé dans quelque partie du larynx : une douleur, souvent très vive et augmentant par la pression, répond au point précis où le corps étranger s'est fixé ; — une toux laryngée fatigue le malade par son intensité et par sa continuité, — et l'expiration est aussi gênée ou presque aussi gênée que l'inspiration.
Au reste, que le corps étranger soit libre ou fixé, l'inutilité, dans la plupart des cas, de tout traitement qui n'a pas pour résultat l'expulsion de ce corps étranger, peut fournir quelques données utiles.
Enfin, l'âge du sujet n'est pas ici sans quelque importance. Nous avons vu combien est rare l'angine œdémateuse chez les enfants; tandis que sur 103 observations de corps étrangers dans les voies aériennes, observations que nous avons nous-même analysées, nous trouvons que 6^ d'entre elles concernent des enfants de 10 ans et au-dessous ; — 18, des sujets de 10 à 15 ans; — et 21 seulement, des individus plus âgés.
Une sangsue fixée dans l'arrière-gorge et s'introduisant en partie, et par moments, dans la portion sus-glottique du larynx, donne lieu à plusieurs phénomènes qui rappellent ceux de l'angine infiltrolaryngée. Signalons une sensation de corps étranger au fond de la gorge, — l'altération de la voix, — la gêne de la respiration, — et souvent de violents accès de suffocation.
Mais les phénomènes différentiels sont, entre autres, une douleur vive de piqûre ou de morsure, avec sentiment de succion et de tiraillement dans un point très circonscrit. — Souvent la suffocation n'a lieu que dans certaines positions, et suivant que le poids de la