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CORPS ÉTRANGERS DANS LE PHARYNX, ETC

sangsue la fait se rapprocher ou s'éloigner de l'orifice laryngien. — Signalons surtout une hémorrhagie qui a lieu constamment par vomissement, expectoration ou expuition, hémorrhagie rémittente ou intermittente, et qui amène un sang non écumeux. — On conçoit dès lors que si cette hémorrhagie reste inconnue, l'accident dont nous parlons peut être confondu avec une angine laryngée. Nous voyons en effet une pareille erreur être commise parce que les linges dans lesquels le malade avait craché furent enlevés avant la visite (Trolliet (1) ).

Lorsque des corps étrangers se sont introduits dans les voies aériennes, sans être venus du dehors, on est presque toujours privé, pour en établir le diagnostic, de l'importante ressource des commémoratifs. Aussi de graves erreurs peuvent alors avoir lieu.

— Nous pourrions en citer plusieurs exemples.

Des ascarides lombricoïdes, en s'introduisant dans les voies respiratoires, déterminent des accidents qui, sous plusieurs rapports, se rapprochent de ceux de l'angine laryngée œdémateuse ; comme le démontrent plus particulièrement deux observations recueillies l'une sur une petite fille de neuf ans (2) et l'autre sur un homme âgé de cinquante-deux ans (3). Mais remarquons que ce genre d'accident n'a guère été signalé que chez des enfants (six fois sur sept).

— Notons aussi l'invasion subite de la suffocation. — L'inspection de l'arrière-bouche fait parfois découvrir l'ascaride, comme cela est arrivé à M. Delasiauve. — Quant à l'exploration par le toucher, on devra faire grande attention à ne pas confondre avec les bourrelets aryténo-épiglottiques la présence d'une portion de l'ascaride, formant au sommet du larynx un corps allongé, lisse et arrondi.

§ II. — Corps étrangers dans le pharynx.

Lorsque des corps étrangers se sont arrêtés dans le pharynx, si les commémoratifs manquent ou ne sont pas regardés comme valables, on est exposé à méconnaître complètement la nature de l'accident et à croire à une affection spontanée de la gorge ou du

(1) Journal de médecine et de chirurgie pratiques, t. XVII, p. kkk*

(2) Bulletin de thérapeutique, t. VIII, p. 32.

(3) Archives de médecine, Puris, 1836, 2e série, t. X, p. 49.

sommet du larynx. Rappelons qu'un aliéné de Bicêtre était traité depuis plusieurs jours pour une angine, lorsqu'enfin le docteur Murât (1) reconnut la présence, dans le pharynx, d'une cuiller de bois dont une partie avait pénétré dans l'œsophage.

§ III. — Corps étrangers dans l'œsophage.

Des corps étrangers arrêtés dans Yœsophage ont donné lieu à une dyspnée intense, — à des accès de suffocation ; — la voix était rauque et presque éteinte ; — le malade rapportait son mal au larynx ;

— il lui semblait que quelque chose empêchait l'air de le traverser.

— Ces phénomènes laryngiens ne pouvaient être attribués au volume considérable du corps étranger, puisque, le plus ordinairement, ils étaient apparus lorsque ce corps étranger, de petit volume, était irrégulier, tranchant et anguleux. Fabrice de Hilden, — Pascal, — Foubert, — Saviard (mémoire de Hévin), — les docteurs Bégin (2), — Germain (3), — Schaz (k) — et Lechcoess (5) ont rapporté des cas de ce genre qui démontrent la réaction de l'œsophage sur le larynx.

Disons enfin que les corps étrangers arrêtés dans l'œsophage viennent quelquefois de l'économie elle-même, de l'estomac surtout : c'est une masse alimentaire (Houllier (6), — Boileau (7));

— ce sont des pelotons d'ascarides lombricoïdes (Morgagni (8), — Borsieri (9), — de la Prade (10), — Missoux (11)).

Dans ces divers cas, les commémoratifs, le mode d'invasion, la nature et la durée des accidents, ainsi que l'inspection de l'arrière-bouche, et plus particulièrement encore le toucher exercé sur le sommet du larynx, serviront à établir le diagnostic différentiel.

(1) Journal général, t. CI, p. 138.

(2) Journal hebdomadaire, 1833, t. XI, p. 111.

(3) Recueil de mémoires de médecine et de chirurgie milit., t. XLIX, p. 198. (h) Jnaugur. dissert. Tubinge», 1832, p. £6.

(5) Annuaire de l'institut clinique de la chirurgie de Berlin ; — Gazette de santé, 1821, p. 22.

(6) Scholiogr. ad cap. 33, lib. I. — De morb. int.

(7) Archives de médecine. Paris, 1830, lre série, t. XXIII, p. 528.

(8) Desedib. et caus. morb., litt. XV, $ 16.

(9) Institut, med. pract., 1798, vol. IV, p. 291.

(10) Compte rendu des travaux de la Société de méd. de Lyon, 1821, p. 62. Thèse. Paris, 1825, n° 76, p. 23.

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