DURÉE ET TERMINAISON
Rien n'est plus variable que la durée de l'apoplexie ; elle est toujours en raison du volume de l'épanchement , de la constitution et de l'âge du malade , de la célérité et de la plus ou moins juste application des moyens curatifs.
En général , la durée de l'apoplexie est trèscourte dans trois circonstances ; 1 .9 quand l'ef-
fort hémorrhagique avorte, que la maladie se borne à une simple congestion cérébrale; 2. ° lorsque quelques gouttes de sang seulement ont été exsudées; 5.° enfin, dans l'apoplexie foudroyante. Dans le premier cas, le retour à la santé est, pour ainsi dire, instantané : un rétablissement plus lent caractérise l'épanchement de quelques gouttes de sang. Dans une apoplexie ordinaire la guérison ne s'opère guère avant le vingtième ou le trentième jour : dans quelques cas même, il en reste encore des traces après plusieurs mois.
Il est un symptôme qui disparaît beaucoup plus lentement que les autres , auxquels il survit quelquefois des années entières ; q'est la paralysie. Rarement , chez les adultes les mieux constitués , elle se dissipe avant trois ou quatre mois. Chez les vieillards il est rare qu'elle cesse complètement ; elle laisse dans les parties qui en étaient le siège un certain degré d'engourdissement, de débilité et de maigreur, qui persiste quelquefois toute la vie. D'autres malades ne recouvrent qu'imparfaitement le libre exercice de leurs facultés mentales ; ils restent stupides , ou tombent dans un état de démence. {Esquirol.)
Un embarras dans la prononciation, une distorsion de la bouche et de la langue, un lar-
5o TRAITÉ DE l'aPOPLEXIE
moiement involontaire, l'affaiblissement de quelques sens, la perte de la vue, de l'ouïe, l'oubli de certains mots, sont encore autant d'accidens consécutifs de 1 apoplexie que j'ai observés.
La mort est la terminaison la plus fréquente de cette maladie : dans les cas où la congestion cérébrale suffit pour lajifij^JUtt^ner , elle est toujours très-prompte.y^Q^ M E D / ^
M. Rochoj^èt : auia^^étenxfen^ que , quelque foudroyantje^qoXsmtï'^^lexieJla mort n'arrive jamais .avant le deuxième jour. J'ai par-devers moi des^itsSg^^aùtoifBent à affirmer le contraire. Le 24"nïaTS"T8 1 8 , j'ouvris le cadavre d'une apoplectique, chez laquelle la mort avait, pour ainsi dire, été le premier symptôme de l'attaque. "Dans la huitième observation du recueil de JVepfer, la mort eut lieu au bout d'une heure.
Dans ces cas , l'hémorrhagie se fait par rupture des vaisseaux (1); la désorganisation de l'encéphale est extrême , Fépanchement considérable. Lorsque l'attaque, sans être foudroyante, doit avoir une terminaison funeste, la mort arrive du quatrième au douzième jour.
(j) Lrs communicantes de IVÏllis, les artères inférieures du cervelet, ou le carré basilaire, sont déchirées.
ET DES HYDROCÉPHALES. 5l
Quand les reliquats de l'apoplexie se prolongent plusieurs mois, ils deviennent souvent symptômes avant -coureurs d'une nouvelle attaque. Dans certains cas, ces accidens consécutifs sont entretenus par la torpeur du cerveau, état que ce viscère conserve quelquefois même trèslong-temps après la disparition du caillot ; plus souvent leur prolongation est due à la lenteur de la résorption du sang; d'autres fois enfin ils sont déterminés par une altération organique du cerveau succédanée à l'apoplexie , telle qu'une accumulation démesurée de sérosité dans la caverne apoplectique ou les ventricules, la formation d'un vaste kyste, le ramollissement de la pulpe cérébrale.
Nulle maladie n'est aussi sujette aux récidives que l'apoplexie ; cela est si vrai, qu'il suffit qu'un homme en ait été frappé une fois pour qu'il soit voué à mourir de nouvelles attaques. On peut prédire une rechute prochaine , si on observe le relâchement des lèvres et des paupières , le bégaiement, l'affaiblissement de la vue et de l'ouïe, la diminution ou la perte complète de la mémoire, l'assoupissement, un certain degré d'obésité , etc. Tout à coup le malade devient morose, triste, et perd connaissance; peu à peu sa respiration s'embarrasse, et il meurt quelquefois
même avant qu'on ait remarqué cet accroissement morbifique.
Ces rechutes sont plus ou moins fréquentes , plus ou moins tardives , selon l'assiduité que met le malade à observer le traitement préservatif qui lui a été conseillé.