MALADIES QUI PEUVENT COMPLIQUER L'APOPLEXIE
La fièvre , comme complication de l'apoplexie , n'est pas si rare que le pense M. Rochoux , surtout si l'on admet l'existence de cet état pathologique toutes les fois qu'il y a chaleur brûlante à la peau , dureté et fréquence du pouls.
Hippocrate , ayant reconnu cette complication , y avait attaché une grande importance. (Âphor. xv, sect. vi. Coac. praenot. 5, lib. i , caput 25.) Werlof (tom. î, pag. 55), Camérarius (Dissertatio de apoplexiâ cuni febre , Tubingœ 9 1717) ,, et Prosper Martian, Font également admise. Duret était du même avis [Comment, in Coac. Hipp, pag. 456). Cjelius Aurélianus ( dans sa définition ) , Van-Swieten ( Comment, in aph. Boerhavii , sect. 1017 ) , et Ponsart ( pag. 36) , ont cherché au contraire à nier cette complication.
Quelque diverse que soit l'opinion des auteurs à ce sujet , voici au reste ce que l'observation démontre. La fièvre dite inflammatoire , caracté-
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risée par la sécheresse de ïa langue , la chaleur brûlante de la peau , la force et la dureté du pouls , etc. i est la compagne inséparable de l'apoplexie active ; elle persiste tout le temps que durent les symptômes de l'excitation cérébrale , du molimen hœmorrhagiœ y dont elle indique les divers degrés ; elle disparaît ordinairement dès que l'épanchement est complet.
La forme bilieuse que la fièvre revêt souvent, soit au début soit à une période plus avancée de l'apoplexie , est, d'après M. Broussais , plus rarement due à l'existence de l'embarras gastrique qu'à la concomitance d'un certain degré de gastrite. Il paraît que la complication de cette phlegmasie est beaucoup plus fréquente qu'on ne le croit. Lorsqu'elle existe , la peau est le siège d'une chaleur acre , sèche et brûlante , le pouls est petit , serré et rare , la région épigastrique gonflée et sensible au toucher , la langue recouverte à sa base d'un enduit blanc j aunâtre très-sec : elle est écarlate à sa pointe et ses bords ; le malade est tourmenté de rots , de vents , de nausées , de vomissemens bilieux; un teinte jaune se fait remarquer autour des lèvres et des ailes du nez.
Le caractère ataxique de la fièvre , le délire , les convulsions , les soubresauts des tendons , et
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autres symptômes nerveux que présentent quelques apoplectiques, doivent presque toujours être attribués à la coexistence de l'arachnitis; dti moins j'ai trouvé , dans sept cas d'apoplexie compliquée de ces symptômes, l'arachnoïde en-* flammée, et un liquide louche dans les ventricules. M. Broussais prétend encore qu'une gastrite intense peut les déterminer.
L'adynamie vraie ne complique jamais l'apo-* plexie active , mais elle précède et accompagne presque toujours l'apoplexie passive. Alors les phénomènes du molimen hœmorrhagiœ sont imperceptibles. L'épanehement se fait et s'accroît .* pour ainsi dire, à l'insu du médecin. Les signes de l'adynamie sont trop connus pour qu'il soit besoin de les détailler ici. Cependant, qu'on s'attache bien à distinguer l'adynamie vraie , compagne presque inséparable de l'apoplexie passive, de cet état de collapsus général qui s'observe dans quelques apoplexies actives. Ici il n'y a qu'un simple affaissement des forces ; le pouls $ quoique petit et lent , est dur et fort ; des saignées repétées dissipent cet état, tandis qu'une seule suffirait pour hâter la mort, si l'adynamie était essentielle.
L'hydrocéphale essentielle aiguë est une complication fréquente de l'apoplexie sthénique. A
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l'autopsie , on trouve à la fois un caillot sanguin dans la pulpe cérébrale et un épanchement de sérosité dans les ventricules ou à la base du crâne» On ne peut pendant la vie reconnaître cette concomitance.
Il reste encore à savoir si le ramollissement du cerveau qu'on trouve ordinairement autour du caillot apoplectique a été antérieur, concomitant ou consécutif à l'attaque.
De toutes les complications de l'apoplexie active , aucune n'est plus fréquente que l'anévrisme actif du cœur. D'après la remarque de M. Corvisart y on le rencontre sur les trois quarts des apoplectiques.
L'anévrisme passif n'est pas rare non plus dans l'apoplexie asthénique.