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MUTATIONS DE MÉDICAMENTS

Il est bien peu d’agents de la matière médicale qui conservent au sein de l’économie la forme sous laquelle on les a administrés. Nous appelons mutations l’ensemble des changements qu’ils éprouvent entre le moment de leur application et celui de leur élimination.

Dans les médicaments, on doit distinguer une action immédiate ou locale , et une action éloignée ou générale ou dynamique.

Celle-ci suppose une absorption préalable et le transport dans le torrent circulatoire ; elle ne semble donc pouvoir appartenir qu’à des corps solubles non décomposables par les liquides de l’économie, ou susceptibles de se dissoudre par suite de certaines réactions.

Formes sotis lesquelles les yncdicamenls sont absorbés . — Les substances dont l’absorption peut se faire directement sont celles qui, se trouvant déjà dissoutes ou étant solubles dans l’eau , ne subissent de la part des humeure qui lubréfient les surfaces absorbantes aucune décomposition capable de les rendre insolubles.

Nous insistons sur ces mots : substances dissoutes ou solubles, parce que soluble indique dans le langage ordinaire la solubilité dans l’eau , et que des matières dis.soutes dans tout autre véhicule peuvent au.ssi être absorbées directement à la condition d’être miscibles à nos humeurs sans altération. Les teintures éthérées et alcooliques, en général , sont dans ce cas.

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Les substances qui peuvent pénétrer immédiatement dans les ssecondes voies sont : les alcalis minéraux , et jusqu’à un cer- :taiu point tous les alcaloïdes; les acides végétaux et quelques ■acides minéraux ; tous les sels alcalins et quelques autres; un 5grand nombre de principes immédiats.

Au contraire, les substances qui, n’étant pas dissoutes , sont en môme temps insolubles dans l’eau ou dans les dissolutions, -sont précipitées par les réactifs de ces humeurs; celles-là ne peuvent être absorbées qu’après transformation.

Les transformations sont opérées par quatre ordres d’agents :

1“ Des acides qui se trouvent ijrincipalement dans l’estomac (lactique chlorhydrique) ;

2° Des alcalis qu’on rencontre surtout dans l’intestin grêle,

I mais qui appartiennent également à la sérosité des vésicatoires, ;à la lymphe , au sang ;

3* Des chlorures alcalins répandus partout ;

à® Des corps neutres azotés qui font éprouver à certaines 'substances des transformations particulières; telles sont la

■ diastase animale trouvée par M. Mialhe dans la salive, la pepsine (Shovvan), le suc pancréatique (Bernard), dont l’action

■ sur les matières grasses est tout à fait indépendante de son alcalinité.

Les corps solubles dans les acides sont : tous les métaux , excepté ceux de la dernière section, qui n’ont presque aucune affinité pour l’oxygène ; la presque totalité des o.xydes métalliques. Ceux-ci s’unissent directement à l’acide du suc gastrique ; les premiers décomposent l’eau pour s’oxyder préalablement. De là dégagement d’hydrogène pur et quelquefois d’hydrogène sulfuré qui produisent des éructations nidoreuses. Il faut ajouter encore les alcalis végétaux et quelques principes qui s’en rapprochent

Les corps solubles dans les alcalis se trouvent être d’un manière générale tous ceux qui, par leurs affinités, se rapprochent des acides, et les acides proprement dits. ISous citerons parmi les métalloïdes le soufre, le phosphore et l’iode; parmi les métaux, ceux qui ne donnent que des bases douteuses et surtout leurs combinaisons oxygénées du degré le plus élevé. Certains oxydes, comme le protoxyde d’antimoine, peuvent être solubles dans les acides de l’estomac et dans les alcalis des intestins. Ainsi s’explique l’action plus prolongée de certains oxydes métalliques qui peuvent se combiner aux acides et aux bases pour former des composés solubles.

Dans le règne organiijue , on trouve presque toutes les matières colorantes. Dans tous ces cas ce sont des composés analogues aux sels qui prennent naissance.

Les choses ne se passeraient pas tout à fait ainsi , d’après

AKT UE FÜRMILEH.

quelques autcui’s , pour les matières grasses et résineuses, lesquelles, dans leur opinion , ne seraient puis saponifiées, mais * simplement émulsionnées par les alcalis.

Quant aux combinaisons solubles dans les chlonires alcalins , elles sont peu nombreuses, et ont pour caractère commun d’appartenir aux métaux des dernières sections dont les chlorures jouent le rôle d’acides par rapport à ceux des métaux qui fournissent les bases les plus puissantes. Ce sont tous les oxydes et les sels de plomb, du mercure , de l'argent, de l’or et du platine.

Mais les quantités de ces trois sortes de dissolvants que renferment les humeursanimalessont très-bornées. Aussi M. Mialho { An de Formuler J Paris, 18Zi5 j a-t-il adopté comme formule générale d’associer les matières insolubles pai’ elle-mômes à une certaine dose de leur dissolvant spécial.

Nous croyons que souvent ou atteindra le mémo but par un ' autre procédé ; voici quelques règles à cet égard :

Ou doit donner ù, petites doses et il courts intervalles les médicaments dont l’absorption réclame l’intervention des acides , ^ des alcalis ou des chlorures. Nous aui’ons occasion de revenir sur ce point.

Ceux qui ont besoin des acides doivent être ingérés avec la moindre quantité d’eau possible, de peur de diluer le suc gastrique , ou do forcer la substance à franchir trop rapidement le pylore.

Il faut éviter les boissons alcalines. Doit-on recommander les boissons acidulés? on fera mieux peut-être de recom-ir à un autre artifice pour augmenter la quantité des acides de l’estomac. Cet artifice consiste à. en provoquer la sécrétion à l’aide ' d’une petite quantité de substance alimentaire agréable. Dans certains cas cependant, on arrivera au même but en associant le médicament au sucre , au miel , aux fécules qui se transforment facilement en acide lactique.

C’est là le secret des avantages que présentent les chocolats et les biscuits médicamenteux.

L’expérience prouve que les médicaments administrés dans le cours des repas sont supportés par les estomacs les plus faciles à révolter : on néglige trop cette précaution.

Pour favoriser l’absorption des médicaments dont la dissolution s’opère à l’aide des alcalis , on conseille , avec raison , les boissons légèrement alcalines.

Faisons observer cependant que dans l’administration de ces liqueurs acides ou alcalines, il faut employer de très-petites doses; car M. Bernard a prouvé qu’un excès d’acide suspendait ou diminuait la sécrétion gastrique tandis qu’une quantité d'alcali plus grande que celle nécessaire pour saturer les acides do

AUT DE FüHMLLEH.

: resti'»nia(“ ausmeiitait cette sécrétion : est-ce à dire pour cela ■ riu’il ftiudrait faire prendre beaucoup d’alcali pour augmenter lu sécrétion acide? Nous ne le pensons pas; car cet excès d alcali devrait produire des perturbations plus

NOUS aimerions mieux, pour notre compte, qu on pû^ venir à provoquer, dans une juste mesure, lafllux de labile dans l’i.Uestin grêle, par le secours d’une d’un purgatif cholagogue ; H»®’ f

dicament à un peu de poudre d Ipéca, et quou ladmimstiat

*^^uant aux médicaments qui

chlorures alcalins, comme ils sont très-actifs et qu une petite (luantité suffit pour produire les effets désires, il serait presque oiseux de leur chercher des adjuvants. On se contente de les

administrer ù, doses réfractées. #

Formes sous lesquelles les médicaments parcourent le tonent circulatoire. - Nous ne saurions admettre comme irrévocable la série des transformations par lesquelles les chimistes veulent faire passer les médicaments parvenus dans le sang.

Ils font, suivant nous, une application trop rigoureuse des lois de Berthollet. Et pourtant des faits curieux , sur lesquels on a récemment appelé l’attention, font aæez voir combien i faut être réservé dans ses inductions lorsqu on veut transporter dans le monde organique les lois de la chimie minérale. Le sulfate de fer et le carbonate de soude mis en présence doivent donner par double décomposition du sulfate de soude et du carbonate de fer insoluble ; eh bien l cette réaction n aura pas heu avec l’intervention d’une certaine quantité d albumine dissoute dans la liqueur.

Le sérum du sang ne présente-t-il pas cette conditioiw

Les quantités ont aussi leur influence dans le jeu des affinités ,

qu’elles renversent parfois. ....

'Fous ceux (jui ont répété QuelQues expériences de chimie savent ù merveille que des réactifs meme très-énergicpies demeurent impuissants à produire l’eflet prévu par la théorie s ils sont employés en trop minime proportion.

Or, dans un instant donné , il ne passe dans le sang , par voie d’absorption , que des quantités infiniment petites d’un médicament ingéré , surtout si ce médicament est insoluble par lui-

inème. .

Comment, d’après ces considérations, n hésitorait-on pas a admettre les inévitables précipités qu’on suppose produits par les sols de fer en présence de l’albumine et des alcalis du .sang ?

Nous choisis.sons cet exemple parce que c’est un des plus im- }>ortants; mais ces réfl<?xions poui’raient cnn venir iV beaucou)' d’atitre«.

En résumé, malgré les travaux de ch’mistes recommandables, nous ne sommes pas suffisamment édifiés au sujet des mutations que doivent subir les médicaments parvenus dans le système vasculaire.

Ce qui paraît le mieux démontré , c’est que quelques-uns s’oxydent comme les matériaux du sang, puisqu’on les retrouve sous cette forme brûlée dans les produits de ^crétion et particulièrement dans l’urine. C’est ainsi, comme l’ont prouvé les expériences de MM. Wœhler, Millon etLaveran, qu’en général les sels de potasse et de soude à acide organique sont transformés en carbonates par suite de cette action oxydante.

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