DOXNER AU MÉDICAMENT UNE FORME APPROPRIÉE
Nous avons déjà dit plus haut que le médecin devait, autant que possible , approprier la forme de ses médicaments au goût et aux caprices de ses malades , en masquer l’odeur et la saveur désagréables tout en n’en sacrifiant pas Tefiicacité. Il est aussi très-important de choisir une forme pharmaceutique qui puisse prévenir la décomposition spontanée On y arrive presque toujours en ajoutant à la formule des aromates ou des huiles essentielles ; le sucre empêchera les onguents de devenir rances; un lieu sec et d’une température modérée sera
presque toujours le plus favorable pour y déposer les médicaments.
Pour ce qui est de la fonne la plus efficace à donner aux médicaments, nous nous en occuperons en parlant des différentes formes pharmaceutiques, telles que les infusions, les poudres, les potions, les mixtures, etc.
lin cio's citlinûiiirs cl pharmaceutiques à éviter dans la composition des formules magistrales.
Les erreurs chimiques et pharmaceutiques que l’on peut commettre tiennent aux causes suivantes :
1“ On associe des substances qui ne peuvent se mélanger ou donner lieu à des composés d'une consistance uniforme et afhpropriée à la forme ptuirmaceuti<iue indiquée.
C’est là ce qu’on appelle commettre une erreur dans le mécanisme de la prescription. Une faute de ce genre est plus nuisible il la réputation du médecin qu’à la santé du malade; cependant, dans certains cas, les erreurs pourraient être fâcheuses. Quelques exemples suffiront pour faire comprendre la nature de ces erreurs, ün n’ordonnera pas le camphre uni aucopahu, sous formes de pilules, sans y joindre un intermède, tel que du jaune d’œuf dur; car, loin d’obtenir une masse pilulaire, on n’aurait qu’un mélange de consistance sirupeuse.
Le calomel ne sera pas prescrit dans un véhicule aqueux , puisqu’il est insoluble dans l’eau , et que par conséquent son administration serait très-difficile. Il faudra alors employer un intermède, tel que le mucilage, l’albumine, etc.
On aura soin de ne pas mélanger des substances produisant une masse très-dure et d’une digestion impossible, comme serait, par exemple, un composé de myrrhe et de fer auquel on ajouterait de la potasse liquide au lieu de carbonate de soude.
Il serait convenable aussi que les pharmaciens fissent moins usage de. grandes quantités de poudre de gomme ou de mucilage , surtout pour les pilules qu’on est dans l’habitude de faire par grandes quantités ; car au bout de peu de jours ces pilules deviennent d’une dureté extraordinaire , et elles traversent le canal digestif sans être attaquées.
2“ O» place les médicaments dans des conditions telles qu us ne peuvent développer leurs principes actifs.
Nous savons que les huiles essentielles d amandes amères, de moutarde, de raifort, neprennent naissance qu’en vertu d’une vérital)ie fermentation. 11 importe donc de ne pas chauffer au delà de 7o" les préparations qui ont ces médicaments pour
base , et de n’y ajouter aucune des substances qui , comme l’alcool, les acides énergiques, le camphre, empêchent les fermentations.
3” On mêle des substances qui se décomposent mutuellement, et l’action se trouve alors changée ou détruite entièrement.
C’est ici le lieu de donner un tableau des substances incompatibles; mais nous allons auparavant présenter quelques exemples qui feront parfaitement comprendre quel est ce genre d’erreurs. Nous poserons en même temps quelques règles qui aideront le médecin à les éviter.
A une préparation pilulaire mercurielle n’ajoutez pas de l’acide nitrique , car il se formerait du nitrate de mercure qui pourrait tuer le malade. L’action styptique de l’acétate de plomb sera nulle si on le combine à l’alun, ou si on fait en même temps usage de l’infusion acidulée de roses ou de petites doses de sulfate de magnésie. L’eau de chaux forme avec le tannin un composé insoluble dans l’eau et qu’on regarde comme ineflicace.
Les règles que nous avons à établir sont toutes chimiques et peuvent se ramener aux suivantes :
1” Toutes les fois que deux sels à l’état de dissolution peuvent, par l’écliange de leur base et de leur acide, former un sel soluble ou un sel insoluble , ou bien deux sels insolubles , la décomposition est forcée; ii moins que le sel insoluble et le sel soluble ne puissent en se combinant donner naissance à un sel double , ce qui est très-rare.
On ne prescrira donc pas ensemble du chlorure de baryum et du sulfate de soude ; car ces deux sels seraient décompo.sés et transformés en sulfate de baryte insoluble et en chlorure do sodium soluble. La même décomposition aurait lieu si on mettait de l'acétate de plomb en mélange avec un sulfate soluble; il se formerait du sulfate de plomb insoluble et un acétate soluble, de soude par exemple si on avait pris du sulfate de soude, il ne faudrait pas dans une formule associer le nitrate d’argent à un chlorure soluble , car on aurait du chlorure d’argent insoluble et un nitrate soluble.
2“ Si les deux sels solubles que l’on a mêlés ne sont pas de nature à pouvoir donner un sel soluble et un sel insoluble, la dissolution n’est pas troublée; il peut même se faire qu’il n’y ait pas de décomposition.
3" Si l’on met en contact un sel insoluble et un sel soluble, et que leurs éléments soient capables de former deux sels insolubles, la décomposition aura lieu. Ajoutons, cependant,
au’il est rare que celte réaction ait lieu à la température orinaire.
V‘ En mêlant un sel quelconque et un acide, on aura tou-
AHT DE FOUMULEH.
jours une décomposition , quand l’acide ajouté sera plus fixe ou plus soluble que celui du sel.
6“ Les sels dont l’acide est gazeux ou doué d’une faible affinité pour leur base sont toujours décomposés par les acides plus fixes , ou bien lorsque l’acide ajouté pourra former un composé insoluble ou moins soluble avec la base du sel.
6° Les oxydes et les acides se saturant réciproquement , leurs effets sont annulés , et ils donnent lieu à un composé nouveau.
T Les oxydes alcalins précipitent les autres oxydes et les alcalis végétaux de leurs dissolutions salines; mais souvent l’oxyde précipité est soluble dans un excès d’oxyde alcalin. Ces mêmes oxydes alcalins dégagent de leurs combinaisons les bases volatiles, telles que l’ammoniaque, la nicotine, etc.
La potasse et la soude peuvent décomposer tous les sels des cimj dernières classes , et la plupart de ceux de la première.
8° Les substances végétales contenant du tannin et de l’acide gallique précipitent la gélatine, l’albumine, les alcalis végétaux et les oxydes de la plupart des sels des cinq dernières sections. On évitera de prescrire dans la même formule de l’émétique et une décoction amère ou astringente. Sans cette précaution , l’émétique serait décomposé et perdrait ses propriétés. On peut cependant associer le quinquina aux préparations ferrugineuses.
On pourra prévoir les réactions , conséquences de la loi de Berthollet, en sachant que les bicarbonates, les acétates, les nitrates, tous les sulfates, ceux de baryte, d’étain, d’antimoine, de plomb, de mercure et de bismuth exceptés; les carbonates de potasse, de soude et d’ammoniaque, les phosphates des mêmes bases, les sulfures alcalins, les iodures des trois premières sections , tous les chlorures à l’exception de trois , le protochlorure de mercure et les chlorures de plomb et d’argent, tous les sels à base de potasse, de soude et d’ammoniaque avec excès d’acide, sont solubles dans l’eau, à moins que l’acide ne soit insoluble, comme les acides silicique, antimonique; et même les silicates des antiinoniates de potasse et de soude sont-ils solubles dans un excès d’alcali.
On ne devra pas oublier non plus qu’un grand nombre de sels, comme le nitrate de bismuth, le protochlorure d’antimoine (beurre d’antimoine), les nitrates et sulfates de mercure sont décomposés par l’eau en sels acides solubles et en sels banques insolubles.
Enfin , nous recommanderons de ne jamais mélanger les acides avec des substances capables d’être coagulées par elles , comme l’albumine, la caséine, l’amandine, etc.
Que les sulfates de baryte, d’étain, de plomb, d’antimoine,
AHT DE FORMULER.
de bismuth et de mercure, les carbonates autres que ceux indiqués plus haut comme solubles, les phosphates, les borates, les sulfures des cinq dernières sections et les iodures des trois dernières , sont insolubles dans l’eau.
Nous recommandons de nouveau de ne jamais associer les préparations mercurielles, même le calomel, avec l’acide cyanhydrique ou les corps qui peuvent en former, comme les loochs, les émulsions renfermant des amandes amères, les eaux distillées de laurier cerise et d’amandes amères; nous avons déjà dit que le protochlorure de mercure, peu actif lorsqu’il est administré seul, était transformé par l’acide cyanhydrique et les cyanures alcalins simples, en bichlorure et bicyanure de mercure, tous deux poisons très-violents.
Ce n’est ainsi qu’avec connaissance de cause que les chlorures alcalins, et surtout le chlorhydrate d’ammoniaque, seront associés aux préparations métalliques insolubles, et surtout aux composés mercuriels qui, d’après M. Mialhe, sont transformés dans ce cas en sublimé corrosif; l’action de ce dernier sel sera même augmentée par les chlorures alcalins , parce qu’il se forme des chlorures doubles plus facilement absorbables.
Comme dernière règle à observer à l’égard des réactions chimiques, nous dirons de ne pas mettre les substances acides en contact avec des vases de cuivre , de fer, de plomb ou de marbre, mais de n’employer que des vases de porcelaine ou de verre. La même précaution sera bonne pour l’émétique et le sublimé.
Le tableau des substances incompatibles que nous donnons est aussi complet que possible; néanmoins il a dû nous échapper quelques omissions. On y remédiera en sachant que si une substance est douée de propriétés thérapeutiques ou vénéneuses assez marquées autres que celles dépendant de son action chimique sur les tissus, sa manière d’agir ne sera ni changée ni détruite par les combinaisons qu’elle peut former, pourvu toutefois que les nouveaux composés ne soient pas insolubles dans l’eau.
Avant de traiter de l'incompatibilité, disons qu’on en admet trois sortes '.Vincompalibilité physique, que nous avons traitée en parlant de la forme pharmaceutique ; l’incompatibilité physiologique , dont nous avons parlé en traitant des idiosyncrasies; enfin, l’incompatibilité chimique, celle dont nous allons nous occuper.
Quoi qu’en disent certains auteurs, lorsqu’il y a incompatibilité chimique, il n’y a pas toujours incompatibilité physiologique ou thérapeutique ; en effet , la formation d’un précipité n’empêchera pas toujours qu’un médicament agisse , il dimi-
ART DK FORMULER.
nuera et retardera son action, voilà tout, lorsque ce précipité sera attaquable par les liquides de l’économie; ainsi, tous les jours on associe les ferrugineux avec le quinquina, le tannin aux alcaloïdes, le sublimé seul impressionne trop vivement l’estomac , alors on l’associe à l’albumine , au gluten , au lait , il est alors mieux supporté.
Il ne sullit pas d’administrer deux médicaments incompatibles en même temps pour que la réaction se produise, il sullit qu’on les donne à un court intervalle; ainsi, un malade soumis à un traitement saturnin externe et nième interne. , l)résentera une coloration de la peau si on lui fait prendre un bain sulfureux quatre ou cinq jours après que le traitement ])lombique aura été supprimé : si on frictionne une partie avec l’iodurc de sélénium , lorsque précédemment on avait appliqué l’emplàlre de 4 igo ou l’onguent napolitain, il se fera de riodure de mercure et de la potasse causticpie <iui déterminera une vésication. Si , quatre ou six joui’s après avoir administré l’oxyde blanc d’antimoine, ou fait prendre la bmonade tartrique, les vomissements sur\ieuneut.
TABLEAU DES SIBSTAXCES lACOMPATlBlES.
Absinthe.
Avro ; les snUales de fer el de tinc , l'acéuie de plomb , l’ëméliqae , etc.
Acétate d’ammoniaque.
Avec : les acides concentrés, les alcalis Qxes, le nitrate d'argent, le sublimé corrosif, etc.
Acétate de morphine. Voir Acétate d’atmnoniaque , l’iodo , les per-sels de fer.
Acétate de plomb.
Avec : l’acide sulfurique et b-i plupart i des acides, les alcalis, l'alun , le borax, les carbonates alcalins, la chaux, les liydrosulfatos ou sulfures , le lait, la plupart des matières animales, la magnésie, les savons, l.x plupart des sels neutres, les sulfates alcalins, le tannin cl les substances qui en contiennent, l'opium fl les préparations renfermant des acides méconique, qninique, igisnrique, etc.
Acétate de potasse.
Avec : la plupart des acides, presque tous les fruits acides et un grand nombic do sels,
Acétate de potasse et de fer.
Avec : les acides forts , l'eau de chaux, les hj'drosulfales ou sulfures , les infusions végétales amères elaslringenles, etc.
Acide acétique. Voir Acide citrique.
Acide arsénieux, OU Oxyde blanc d’arsenic.
Avec : l'eau de chaux, la décoction de quinquina el les infusions des substances astringentes, le mUate d'argent el les sulfures solubles.
Acide citrique.
.\vcc ; les acides minéraux, les .alcalis, les carbonates alcalins, les émulsions, le lait, les sels de plomb, de chiux, etc.
Acide chlorhydrique.
Avec : les alcalis, les carbonates alcalins , le nitrate d'argent el tous les sels d'argent, les sels de plomb, les protosels de mercure.
Acide cyanhydrique, ses com|M)scs et ses produits cyaniques.
■Avec : les acides minéraux) le cltlore,
lei exjdei d'antimoine et de merenre, le nitrate d’arttenl, le» sels de fer, la plupart des sels métalliques, les sulfures, etc.
Acide nitrique.
.\rec : les bases saliBables , les carbouates, etc.
Acide oxalique. Voir Acide citrique.
Arec : tons les sels de chaux et ceux de la section.
Acide sulfurique.
Avec : les alcalis , les carbonates, les émulsions, les h/drochlorales , le lait, les nitrates, les sulfures, les sels de baryte, de chaux, etc.
Acide tartrique. Voir Acide citrique.
Avec : l’ean de chaux.
Aconit napel. fuir Solanées vireuses.
Alcool, Alcoolés , Alcoolats.
Avec : les substances gommeuses et albumineuses, telles que le lait, etc.
Alun.
Avec : l’acétate de plomb, les alcalis et leurs carbunates, l'ammoniaque, la chaux, les émutsiun.'' , 1 infusion de qninquina, la magnésie, la noix de galle , les sels de mercure et la plupart des sels métalliques , etc.
Ammoniaque.
Avec : les acides, l'alun, les sels acides et tes sels métalliques.
Angusture vraie.
Avec : les acides concentrés, l’infaeion de noix de galle et de quinquina, la potasse, le sublimé corrosif, les sulfates de fer et de cuivre.
Arnica.
Avec : l'acétate de plomb , les acides minéraux, les lulfaics de fer et de ziuc, etc.
Arséniate neutre de soude. Voir Arséiiile de potasse.
Arsénite de potasse.
Avec ; l'eau de chaux , les décoctions on infusions de quinquina, les sulfnres solubles, les sels solubles d'argent, de cuivre, etc.
Beurre d’antimoins.
Avec : l’eau , qui le convertit en acide chlorhydrique et oxychlorure d'anlimoioe ou poudre d'Algarotb. {Voy«3 émétique.)
Borax ou Sous-Borate de soude.
.Avec : les acides , les chlorures do chaux et de magnésie, la potasse et les sulfates.
Cachoux. Voir Tannin.
Calomel ou ÜProtochlorure do mercure.
Avec : les acides, qui le convertiraient en sublimé corrosif vénéneux; I s alcalis, qui le décomposeraient». Te ehie • rure de sodium ou sel commun , qui l> ferait passer à l'étal de deutochiorsrc ; l'eau de chaux, le cuivre, le fer, lo plomb, les sulfures d'anlimoine cl do potasse, les iooebs , le lait d'amande'*, l'eau de laurier-cerise, iTamandes untores, en un mot, tous les liquides renfermant de l'acide cyanhydrique , qui le transforment en bichlornre et en bicyanure de mercure, etc.
Camomille romaine.
.Avec : l'infusion de quinquina et des végétaux astringcnl.s, le nitrate d’argcnl, les sels de plomb, la solation de gélntine, le sublimé corrosif, le sulfate de fer.
Camphre.
Les résines des gommes résines forment avec lui des masses très- molles ; le musc perd sou odeur au conlacl du camphre.
Carbonate d’ammoniaque.
Avec : les acides, les oxydes des deux premières classes , les sels acides, les sels métalliques, les sels terreux, le sublimé.
Carbonate de plomb. Voir Acélaie (le |iloiiib.
Carbonotes de potasse et do soude.
Avec : les acides, l'aTun-, te chlorhydrate d'ammoniaque , les chlorures de mercure , l'eau de rhanx, l'émetique, le nitrate d'argent; les sulfates ds cuivre, de fer, de magnésie, de zinc, etc.
Chaux.
Avec : les aeides , les catbonales
lei infuiionide Colombo, de rhobtrbe, de qnina, etc.
Chlore.
Arec : la gélatine , le nitrate d'argent , etc.
Chlorhydrate d’ammoniaque.
Arec : les acides nitrique et sulfurique, les oxydes de la seconde classe, les sels d'argent et de plomb.
Chlorure de baryum.
Avec : l'alun, les carbonates, les nitrates alcalins et métalliques , les phosphates et les sulfates, solubles.
Chlorure de calcium.
Avec : les acides borique, phospboriqne et sulfurique et les sels qui en sont formés, les alcalis et leurs carbonates.
Chlorure d’or.
Avec : les alcalis , les sncs végétaux acides, gommeux, sucrés et extractifs, etc. Les pi otosels de fer et d’étain.
Chlorure de sodium ou Sel commun.
Avec : l'acide sulfurique et les acides minéraux. Us sels d'argent, le calomel.
Cig:uë. Foir Solanées vireuses.
Les acides diminnent l'énergie de la ciguë. Les préparations qui ont pour base la ciguë sont d’autant plus actives, qu'elles ont été préparées à une basse température.
Colombo.
Avec : l'acétate de plomb , l’eau de chaux, l’infusion de noix de galle et de quinquina, le sublimé corrosif.
Coloquinte.
Avec ; l'acétate de plomb, les alcalis 6xes , le nitrate d'argent, le sulfate de fer, etc.
Crème de tartre ou Tartrate acide de potasse.
Avec : les acides forts , les sels de chaux et de plomb, les préparations antimoniales.
Cyanure de potassium.
Avec : Ions les acides même affaiblis , la plupart des sels métalliques , et surtout les sels de mercure. .1
Oeutocblorure de mercure ou Sublimé corrosif.
Avec : les alcalis et leurs carbonates; le cuivre, l'émétique, le fer, le mercure métallique, le plomb, les savons , les substances végétales tannantes , les sulfures solubles , etc. Les substances albumineuses diminuent son action.
Seutoiodure de mercure.
Sa dissolution dans l'alcool est décomposée par l'eau non distillée. Les iodures solubles le dissolvent et le rendent plus aelif.
Digitale.
Les sels de fer, de plomb et d’argent précipitent l'infusion de la digitale. L’incompatibililé thérapeutique en résultet-elle? La digitale est incompatible avec l’acétate de plomb, l'infusion de quinquina et l’iodure de potassium ioduré.
Écorce de chêne.
Avec : l’aeélate de plomb, les carbonates alcalins , l'eau de chaux , la gélatine , le sublimé , les sulfates de fer et de xinc.
Émétique.
Avec ; les acides concentrés, l’acide gallique , les oxydes métalliques des deux premières classes et leurs carbonates, les savons, la plupart des substances amères et astringentes, la rhubarbe, le quinquina, les sulfures solubles, le tannin et loules les plantes qui en renferment : l'opium diminue son action.
Éther chlorhydrique.
L’eau le sépare de sa dissolution alcoolique.
Fruits contenant les acides acétique , c'itrique , oxalique , malique , lartrique.
l’ar exemple : les cerises, les citrons, les framboises, les grenades, les groseilles, les mûres, les oranges, les pommes, le verjus, l'oseille, etc.
Avec : les alcalis , les carbonales alcalins , les émulsions, le lait, les tels de chlore, etc.
Gommes.
Avec : l’alcool , les acides , le sonsacétate de plomb, etc.
Houblon,
Avec : les acides minéraux; les sels d'argent, de fer, de mercure , de plomb.
Xode et les préparations iodurées.
Arec : les substances contenant de l'amidon ou des alcalis régétaui.
Zpécacuanha.
Arec : les acides végétaux et tes infusions des substances astringentes. L'opium modifie son action.
Kermès minéral.
Arec : tous les acides , les sulfures et chlorures solubles.
Kino.
Avec : les acides minéraux, l'émétique, la gélatine, les sels d'argent et de plomb, le sulfate de fer.
Ziaudanum de Sydenham et de Rousseau. (lumme pour l'opium. Koÿcs ce mol.
Nitrate d’arg^ent.
Arec : les acides chlorhydrique , lar- Irique, arsénieux, arsénique, cyanhydrique; les cyanures solubles, les alcalis Qxes, les carbonates solubles, les chlorures, les iodures, les sulfures alcalins, le tannin et les substances qui en contiennent. Dans ce cas, les substances organiques le décomposent.
Nitrate de potasse.
Arec : l'acide sulfurique , l'alun; les sulfates de fer, de cuivre, de magnésie et de zinc.
Opium.
Les alcalis, l'ammoniaque, les carbonates de potasse et de soude, le nitrate d'argent , l'acétate de plomb, le sublimé (à moins que ce ne soit sous forme piluiaire) ; les sels de riiivre, de fer, de mercure , do zinc; l'infusion de noix do galie, le tannin, etc., précipitent l'opium, mais ne sont pas véritablement incompatibles arec ce corps, puisque les composés sont très-actifs.
Les corps t peu prés incompatibles arec l'opium et qui diminuent le plus son activité sont ; l'iodure de potassium iodufé et les solutions dégageant du chlore.
L'acétate de plomb forme avec l'opium du méconate do plomb et des acé- Uies de morphine et de codéine, de
aorte que raclion est peu modifiée; mais k cause de celle décomposition qui se manifeste par le précipité de méconaie de plomb , il faut éviter celte assoc alion .
Oxyde de zinc et Tutbie.
Arec : les acides , les sels et les sucs acides.
Phosphore.
Arec : l'eau , qui le précipite de ses dissolutions alcooliques et éthérées.
Sous-carbonate de potasse.
Arec : les acides, i'eau de chaux , l'acétate de cuivre ; les chlorhydrates d’ammoniaque, de fer, de mercure; le nitrate d'argent ; les sulfates de cuivre, de fer, de magnésie, de zinc ; l'alun, le tarlrale d'antimoine et de potasse.
Sous -carbonate de soude, f’oir Sous-carbonate de potasse.
Sous- nitrate de bismuth blanc de fard.
Arec : l'acide snlfbydrique , les sulfures alcalins ; appliqués sur la peau dans le but do la blanchir, les bains sulfureux noircissent alors la peau.
Sous-phosphates de soude.
Arec : les acides chlorhydrique, nitrique, sulfurique; la chaux , le chlorure de baryum, la magnésie.
Sulfates de cuivre.
Arec : l’acétate de plomb, les alrn!i<, le borax, les carbonates alcalins, les infusions cl les teintures tannantes.
SuUates de fer.
Avec ; les acétates de plomb , les alcalis et leurs carbonates , le borax , lo chlorhydrate d'ammoniaque, le nitre, les oxydes métalliques des deux premières clas-es , plusieurs sels mé'nlliques : ce sont ceux qui forment nvco l'acide sulfurique un composé insoliible ; les savons , le larlralo de potasse et do soude ; le tannin et les substances qui en conlifnnrnl, comme noix de galle, écorce de chêne, cannelle, quinquina, cachou, etc. Les précipités des sels de fer avec le tanoln et les astringents végétaux en conservent, d'après certains auteurs, les propriétés médicinales.
Sulfate de magnésie.
Avec ; l'acétato de plomb ; les eblor-
ART DE FORMLLER.
hyJrMa d'ammoDlïqiic, de baryte, de iln'ii; le nitralo d'ar^i-iil , le» oxyde» métallique» de la aecuode classe , le»
soos-carbaoalc» de potasse et de soude.
Sulfate de morphine.
Avec : lu plupart des oxyde» métalliques.
Sulfate de potasse. Voir Sulfale de soude.
Sulfate de soude.
Avec : les sels de baryte, de cbani , de plomb, etc.
Sulfate de zinc.
Avec : les alcalis, les carbonates alcalins, le lait, les mucilages ; les sel» de plomb, de baryte, de chaux ; le» sulfures, le tannin et les substauces végétale» qui cil contiennent.
Surarséniate do potasse. Toir Arsciiite de potasse.
Tamarin.
Avec : les carbonate» alcalins, l'eau de ihaux, l'émétique, le» sels & base de potasse.
Pommade oitrine.
Qui renferme du nitrate, du stéarate, du margarate, de l'oléate et de l'élaidate de mercure, est décomposée au contact des substance» organiques telles que l'axonge, le cérat; le merenre est alors ramené à l’état métallique, et le mélange noircit.
Pommade mercurielle double.
Onguent napolitain-
Avec : l'iode et les iodares, le chlore, les chlorures.
Protochlorure de fer.
Avec : les alcalis et leurs carbonates, les infusions végétales astringentes , le mncilage de gomme arabique, la potasse et les sels de morphine.
Quassia amara.
Avec : l’acétate de plomb , le nitrate d'argent.
Quassia simuraba.
Avee : l’acétate de plomb, les rarbonales alcalins; les infusion? de cachou , de noix de galle, de quinquin»; le sublimé.
Quinquina.
Les acide» concenlrv*, K-> alcali? le» ;
sel» de fer, le sulfale de zinc, le nitrate d’.iigrDl , le deiitorhlorure de mercure , le taitrate antimonié de potasse ; les infusions de camomille , de Colombo , de cachou, de rhubarbe, etc., font nrllre d'abondant» précipités dan» les infusions et les décoction» de diverses scrle» de quinquina».
Ratania. Voir Tannin.
Rhubarbe.
Avec : le» acides fort» , l'eau de chaux, l'émétique, le» infusion? astringente», le.sublimé, les sulfale» do fer cl de zinc. Eviter une température élevée.
Savon médicinal.
Avec : le» acide» et tou» le» sel» soluble», excepté ceux à b.vse de potasse, de soude et d’ammoniaque , les subslaiire»
tannante».
Séné.
Avec : les acides forts, le» carbonates alcalins, l'ran do chaux, l'émétiquc, etc. L'ne Icmpéralure élevée diminuera son actkiD.
Solanées viveuse».
Plusieurs substances précipitent le»
préparation» de» lolanée» vireuses; mais le» sent» mélanges véritablement incompatibles sont ceux qui dégagent de l’iode ou du chlore.
Sous-carbonate d'ammoniaque.
Avec : les acides, les oxydes des deux premières classes, l'acétate de plomb, le sublimé corrosif , les sulfates de frr, de magnésie et de zinc.
Tannin.
Avec : les acides minéraux, les alcalis, le» carbonates, l'albumine, le»
émulsions, la gélatine , le» sel» métalliques de» quatre dernière» classe», et surtout ceux d'antimoine et do fer.
Tartrate de potasse et de fer.
Arec : le» acides poissants , l'ari'le sulfhydrique , l’eau de chanx, le» infusion» végétales astrbgcmes, le» sulfures.
Tartrate de potasse.
Avec : Ion» le» ecides, même le» plu»
faible» , qui forment un lartrate acid»,
ART DE l'ùRMl’LER.
l'MU de chaux, le chlorure de barvmn , lot leU de plomb.
Tartrate de potasse et de soude.
Toir Tartralc de potasse neutre.
Thé.
Avec ; l'eau de chaux, la gélalioe, lei sels de fer, les sels métalliques, etc.
Végétaux contenant du tannin.
Aigremnine., argentine, boiiolte, hiflorle, cynorihodon, écorce do chéii'' , grenadier, noix de galle , ronces , roses rouges, lormenlille, etc.
Les substances incompatibles sont les mêmes que celles reconnues pour le tannin. Voir ce mol.
3“ La methode indUinée pour la préparation des médicaments ne fait pas atteindre le but proposé, ou elle est de nature à changer et éi détruire l’elficacité des substances employées.
Il est telle substance qui perd toutes ses propriétés actives quand on la prépare d’après un mode plntèt que d’après un autre. Ainsi , l’huile essentielle et l'eau distillée de laurier-cerise ou d’amandes amères ont une action vénéneuse bien constatée; leurs extraits aqueux , au contraire, sont innocents. Quand on prescrit l’infusion des Ixiies de genièvre > si on n’a pas la précaution de les faire concasser, le remède est presque inerte. Nous ne multiplierons pas les exemples de ce genre ; nous nous bornerons à dire qu’il est des médicaments solubles dans l’eau, à froid ou à chaud : d’autit's ne le sont qim dans l’alcool , l’éther ou l’huile. Il est donc important de ne pas prescrire indifTéremment le mode de préparation.
ABRÉGÉ DE PHARMACIE
'^AAA»VVVVVV^A*^A*VV^A»V^.V^iVVV^»VVV^»VVVVVVVV^/^VVV\.VVVV'^A.VVVV^/VVVVVVVV^•^A.VVVVVV•‘ j*.
ABRÉGÉ DE PHARMACIE
La pharmacie est l’art de choisir, récolter, conserver et préparer les médicaments. Tandis qu’on nomme pharmacologie la partie de la médecine qui traite des médicaments, elle est divisée en trois parties : 1" l’histoire naturelle médicale ou matière médicale ; 2“ la pharmacie proprement dite; 3“ la thérapeutique. L’art de formuler lui-même fait partie de la pharmacologie.
Choisir et connattre un médicament consiste à en donner les caractères chimiques et physiques les plus tranchés , afin de le distinguer de tous les autres.
Récolte. L’époque la plus favorable à la récolte des végétaux a été nommée par Van Helmont temps balsamique ; elle varie beaucoup et influe sur leurs propriétés ; l’àge , le terrain , l’effet de la culture , ont une influence marquée , en général , et en exceptant les substances émollientes et mucilagineuses , il faut choisir les parties de végétaux dont la saveur et l’odeur sont très-prononcées.
Dans la plupart des cas , il faut que le pharmacien n’emploie que les espèces indiquées au Codex; cependant des substitutions se font journellement ; mais c’est toujours dans la môme famille et môme dans le même genre qu’on choisit le succédané : ainsi une foule de rumex remplacent le rtimex patientia ; on emploie indifféremment le symphytum tuberosum et le symphytum olficinale (consoude) , Vhelleborus niger et Vhclleborus viridis, tandis qu’on ne pourrait lui substituer sans inconvénient l’hellébore blanc, veratrum album, etc.
Les racines sont récoltées au printemps et à l’automne , les bois en hiver, les écorces à la môme époque que les racines , en observant de ne pas les prendre sur des individus ni trop jeunes ni trop vieux ; les feuilles sont récoltées quand la plante est en pleine végétation ; les fleurs à l’époque de leur complet épanouissement , une seule excepté , la rose rouge ou de Provins; les fruits charnus un peu avant leur parfaite matu-
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rité ; les fruits secs sont récoltés à l’époque où le péricarpe et la Rraine ont acquis tout leur développement , toutefois avant qu’ils changent de couleur. La négligence que l’on met à récolter certains fruits capsulaires explique l’incertitude des résultats thérapeutiques, c’est ce que nous voyons pour le pavot , les fruits du sniné, etc.
Les semences sont récoltées à leur parfaite maturité , c’està-dire à l’époque de la déhiscence naturelle si le fruit est déhiscent , et de la maturité du péricarpe si le fruit est indéhiscent.
Les parties de plantes qui doivent être employées fraîches sont récoltées le matin ; quand, au contraire, on voudra les conserver, il faut les cueillir bientôt après le lever du soleil , lorsque la rosée qui les recouvre est évaporée ; si on les récoltait mouillées , elles noirciraient en se desséchant.
La dessiccation des parties de plantes qui sont récoltées dans notre pays doit se faire de manière à ce qu’elles conservent, autant que possible, leur couleur et leur saveur ; cette dessiccation s’opère au soleil dans des séchoirs (espèce de réduit placé sous les combles , et dans lequel l’air circule librement) , enfin à l’étuve. Quand les substances sont très-charnues, comme les racines de nymphéa, d’aunée , etc. , on les divise en petits morceaux; les sommités fleuries petite centaurée) , sont
disposées en petits paquets peu serrés, de manière à ce que l’air puisse circuler dans l’intérieur, et entourés de papier.
Au moyen de la compression graduée et d’une dessiccation faite avec soin, on peut enlever aux plantes toute l’eau qu’elles renferment ; si on les fait ensuite tremper dans l’eau , elles s’imbibent et reprennent leur aspect et leurs qualités primitives : c’est par ce moyen que M. Masson , jardinier en chef de la Société d’horticulture de Paris , est parvenu à conserver des plantes potagères , telles que les choux , les épinards , les laitues , etc.
Les substances médicamenteuses doivent être conservées dans des lieux appropriés ; on renfermera les substances volatiles dans des vases exactement bouchés à l’émeri ; on tiendra dans un lieu sec les sels déliquescents ; à l’obscurité , les fleurs à couleurs vives, les poudres, les sels d’antimoine, d’argent, l’acide cyanhydrique , etc.