ACIDE AZOTIQUE OU NITRIQUE
Symptômes. Dans les cas d'empoisonnement par cet acide, on remarque presque constamment une GolovdiXion jaune citron sur la langue, les dents, les lèvres, le menton, les doigts, etc. Ces taches ne disparaissent qu'avec la chute de l'épiderme, et prennent une teinte acajou lorsqu'on les traite par la potasse.
Lésions des tissus. L'acide azotique enflamme, corrode, détruit tous les tissus avec lesquels il est mis en contact, même étendu d'eau. Il peut déterminer des perforations. Les taches jaunes que nous venons de signaler se trouvent quelquefois dans l'estomac, et on les distingue des taches de bile en ce que celles-ci sont enlevées par l'eau.
Traitement. Voyez page 371.
Reclierclies médico-légales. Les matières des vomissements, celles du canal digestif, le tube intestinal lui-même et tous les organes dans lesquels on veut rechercher la présence de l'acide azotique, sont traités à froid par de l'eau distillée, et à plusieurs reprises. Les liqueurs sont portées à l'ébullition dans une capsule en porcelaine pour coaguler les matières animales ; on filtre et on sature la liqueur par de la potasse à l'alcool; on rapproche presque jusqu'à siccité; on introduit le liquide dans une cornue en verre, et on traite par de l'acide sulfurique préalablement bouilli avec du sulfate d'ammoniaque, afin de le priver des composés nitreux qu'il contient souvent, et que l'on étend de la moitié de son poids d'eau distillée ; on chauffe et recueille de l'acide azotique dans le ballon.
On pourrait aussi faire bouillir les diverses matières solides avec de l'eau et un peu de carbonate de potasse pur ; on filtre, et on fait évaporer à pellicule; on obtient du carbonate de potasse non cristallisable et des cristaux de nitrate qui fusent sur les charbons ardents, et qui, traités dans un tube fermé par l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau et du cuivre, laissent dégager des vapeurs nitreuses ; on opérerait d^e la même manière pour reconnaître les nitrates de potasse, de soude ou de magnésie , dans les cas où leurs carbonates auraient été employés comme contre-poison.
L'acide azotique étant isolé, on le reconnaîtra à ce qu'il colore en jaune les matières organiques ; il décolore l'indigo ; il rougit la brucine et la morphine; mêlé avec un peu d'acide chlorhydrique, il dissout l'or; chauffé avec du cuivre, il répand du gaz bioxyde d'azote qui se transforme en vapeurs nitreuses rutilantes (acide hypoazotique) au contact de l'air. Quelquefois la quantité de ces vapeurs est tellement petite que l'œil ne peut pas les distinguer; alors on les fait passer sur un papier imprégné de morphine ou de sulfate de narcotine qui rougit, ou bien d'acide iodique et d'amidon qui bleuit; et mieux encore on fait passer les vapeurs à travers une solution verte de protosulfate de fer qui prend une teinte bi'un café par la moindre bulle de bioxyde d'azote ou d'acide hypoazotique, coloration brune qui devient pourpre par un grand excès d'acide sulfurique.
S'il s'agissait de reconnaître des taches d'acide azotique sur des vêtements, on les ferait bouillir avec un peu de carbonate de potasse, et on agirait comme nous venons de le dire.