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TRAITEMENT DE L'EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS

Plusieurs substances ont été proposées pour combattre l'empoisonnement par les champignons ; nous allons les énumérer en indiquant la valeur de chacune d'elles.

Vinaigre. Les principes actifs des champignons sont très-solubles dans le vinaigre. Il en résulte que ce liquide devra faciliter l'absorption, ce qui a lieu en effet; tandis qu'il sera d'un bon secours lorsque le poison aura été expulsé par les vomissements ou par les purgatifs.

Chlorure de soclimn. Le sel commun présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que le vinaigre.

Éther sulfurique. L'emploi de l'éther et de la liqueur d'Hoffmann, administrés à l'intérieur après les évacuants, est d'un trèsgrand secours.

Véméticjue ou les autres vomitifs, ainsi que les émétho-cathartiques, sont d'un très-grand secours, et doivent être considérés comme faisant la base du traitement.

Ammoniaque, L'alcali volatil avait été proposé, mais des expériences, souvent répétées, de Paulet prouvent qu'il est plutôt nuisible qu'utile. Quant aux autres substances qu'on est dans la mauvaise habitude de faire prendre, telle que la thériaque, l'huile, le beurre, le lait, etc., etc , elles ne produisent aucun effet salutaire.

De tout ceci, il résulte que, dans l'empoisonnement par les champignons vénéneux, le médecin doit se hâter de provoquer des évacuations, soit à l'aide des émétiques, des éméto-cathartiques, soit au moyen des boissons ou des lavements purgatifs : ceux-ci, en général, agissent mieux, parce que, presque toujours, les symptômes d'empoisonnement ne se manifestent que lorsque la substance vénéneuse a déjà franchi le pylore : on administrera alors, lorsque l'évacuation sera aussi complète que possible, de l'eau vinaigrée pour boisson, et de temps en temps, par cuillerée à bouche, une potion fortement éthérée.

Dans cet empoisonnement, il arrive quelquefois que l'émétique seul ne produit pas des vomissements ; il faut alors l'associer à l'ipécacuanha : par exemple, la poudre suivante : tartre stibié en poudre, 15 à 30 centigrammes ; — poudre de racine d'ipécacuanha, 2 grammes. Lorsque l'inflammation intestinale est considérable, lorsqu'il y a fièvre, soif intense avec sécheresse à la langue et à la gorge, il faut se garder d'administrer des purgatifs irritants. Dans ce cas, on a recours aux saignées et aux autres moyens antiphlogistiques. Enfin M. Chansarel assure avoir obtenu de bons résultats de l'usage de 2 grammes de tannin dans un litre

d'eau, ou d'un decoctum de 15 grammes de noix de galle, ou de 30 grammes de poudre de quinquina dans un litre d'eau.

Nous nous contenterons de mentionner ici l'empoisonnement par une espèce de champignon qu'il est impossible de confondre avec ceux qui sont comestibles : je veux parler de Vergot de seigle, sclerotium clavus (Decand), ou sphacœlia secjetum (Léveillé). Cet empoisonnement ne pourrait être produit que lorsque cette substance aurait été administrée à trop forte dose comme médicament. D'ailleurs, le traitement de l'empoisonnement serait dirigé, comme nous venons de le dire pour les champignons en général.

Dans la classe des narcotico-âcres, nous trouvons encore quelques corps très-vénéneux de moins d'importance, que nous nous contenterons d'énumérer : ce sont les boissons spiritueuses, l'ivraie, lolium temulentum, les plantes odorantes ; parmi les gaz, nous indiquerons le gaz protoxyde d'azote (gaz hilarant), le gaz liydrogènepliosplioré^ V hydrogène arsénié, dont nous avons donné les caractères lorsque nous avons traité de l'empoisonnement par l'acide arsénieux, le gaz hydrogène bicarboné, le gaz de l'éclairage, l'acide carbonique, l'oxyde de carbone. Nous dirons quelques mots seulement de l'empoisonnement par ces deux derniers gaz, et nous traiterons, d'une manière plus étendue de l'empoisonnement par la vapeur de charbon.

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