VIPÈRE
Videra Berus, coluier Berus,
Reptiles.
Ophidiens,
A crocbets Tenimeux.
En-viron 65 centimètres.
Déprimée , aplatie , plus large que le cou qui est rétréci, forme triangulaire.
Variable, blanchâtre, grise, noirâtre, jaunâtre, rougeâtrée , teinte interrompue par des taches qui ont une certaine régularité sur le sommet de la tête ; en arrière des yeux on trouve toujours deux taches linéaires noirâtres , SOUS la forme d'un Y.
Se terminant brusquement.
Deux crochets mobiles.
COULEtVRE A COLLIEI^,
Coluber natrij).
Reptiles.
Ophidiens,
Sans crochets tenimeux.
7 à 14 décimètres.
Oblongue , ovale , déprimée , collier noir sur la partie postérieure de la tèle.
Cendrée, taches noirea sur le dos devenant plus larges le long des flancs.
Se termiiie ment.
insensible-
Pas de crochets.
On distingue facilement la piqûre d'une vipère de celle d*une couleuvre , en ce que la première a une forme de V et présente
vers son milieu deux plaies plus larges formées par les crochets.
La morsure de la couleuvre n'est pas venimeuse; ce reptile se nourrit d'insectes, de poissons, de mollusques, d'oiseaux, de petits quadrupèdes, jamais de fruits.
Le venin de la vipère est au contraire mortel, même lorsqu'on est blessé par les crochets d'une vipère morte; mais, chose curieuse, le venin de la vipère, ainsi que le curare^ ne produit pas d'accidents lorsqu'il est introduit dans l'estomac sain, tandis qu'il déterminerait la mort si cet organe présentait la moindre érosion ; d'ailleurs le veniu de la vipère est innocent pour la vipère elle-même , pour les orvets, les sangsues, les colimaçons; le chat résiste quelquefois, le mouton plus souvent, tandis que l'homme éprouve des accidents terribles qui se terminent le plus souvent par la mort , si on n'emploie aucun moyen pour combattre les accidents.
Les symptômes qu'on a observés sont d'abord une douleur aiguë de la partie mordue, qui se gonfle considérablement, devient chaude, luisante, rouge, puis violette, froide et presque insensible ; l'inflammation et la douleur s'étendent aux gros troncs nerveux et aux vaisseaux lymphatiques; les yeux rouges, ardents, pleurent abondamment; il se manifeste ensuite des lipothymies, des nausées, de la gastralgie, de la dyspnée, de la cardialgie, des vomissements bilieux, une sueur froide, de la tympanite, des tranchées aiguës, des douleurs lombaires, un grand relâchement du sphincter de l'anus, une espèce de paralysie du col de la vessie, des évacuations involontaires d'urine et de matière fécale; le pouls est petit, serré, intermittent, convulsif, la peau jaunit, le sang devient noir, et il coule de la plaie un liquide sanieux; plus tard, si o^ n'apporte pas remède à ces accidents, les parties du corps envahies par l'œdème se couvrent de phlyctènes, et bientôt les parties se gangrènent.
Nous devons au célèbre Fontana ce que l'on sait sur le venin de la vipère : il est sous forme d'un liquide épais, neutre aux réactifs colorés, sans saveur marquée ; il se concrète en jaunissant, à la manière du mucus ou de l'albumine; il se conserve sans altération pendant longtemps dans la cavité du crochet, séparé ou non de l'os qui le supporte.
Nous ne parlerons pas ici des autres serpents venimeux qui n'existent pas en Europe ; nous ne ferons que signaler les insectes venimeux qui ne déterminent la mort que lorsque les blessures sont excessivement nombreuses, tels sont les abeilles, les frelons, etc. Nous terminerons ce qui a trait à l'histoire de la vipère en indiquant les moyens à mettre en usage pour combattre sa morsure.
Préseî'vatifs, Beaucoup de spécifiques ont été signalés, soit
pour combattre les morsures des serpents venimeux , soit pour les empêcher de mordre. Malheureusement, beaucoup de ces remèdes ont été impuissants.
MM. de Humboldt et de Bonpland ont les premiers indiqué , dans leurs plantes équinoxiales , le guaco , mikanîa guaco , qui croît dans le royaume de la Nouvelle-Grenade. On a confondu cette plante avec l'ayapana du Brésil , cupatorium ayapana. Les propriétés du guaco sont incontestables. L'autorité du nom de M. Humboldt ne permet aucun doute. Lorsque les nègres se frottent les mains ou le corps avec cette plante, les serpents les plus dangereux ne mordent plus , et il suffit de faire saigner la plaie et d'y introduire un peu de jus de guaco pour que les accidents ne se produisent pas.
L'acide arsénieux, l'arsénite de potasse, l'ammoniaque, l'eau de Luce , ont été regardés comme d'excellents spécifiques de la morsure des serpents venimeux. Voici d'ailleurs comment le traitement devra être dirigé,