‹ Traité de l'art de formulerChapitre 64 sur 272 · FUMIGATION · texte numérisé non relu

FUMIGATION

Fumigations. La fumigation est un mode d'application de divers médicaments réduits en vapeurs ; c'est un bain de vapeur partiel . dirigé sur une surface interne ou externe du corps.

Les fumigations médicamenteuses sont composées avec l'eau seule en vapeurs, l'eau chargée de principes aromatiques, d'alcools, d'acides, de divers gaz, comme le chlore, l'acide sulfureux, l'acide sulfhydrique , de résines et de substances animales brûlées, etc.

Pour formuler une fumigation , on déterminera les substances médicamenteuses ; s'il y a lieu , on expliquera la manière de diriger la fumigarion sur la partie malade, on fixera la durée et les intervalles entre chaque administration. Il sera quelquefois nécessaire de faire recevoir la fumigation sur une flanelle ou sur tout autre tissu, et de recommander de s'en frotter la peau.

Fumigation aromatique.

Thym 0. s.

Chauffez-le pour volatiliser sa partie aromatique, que tous receyrez sur une flanelle et que TOUS appliquerez sur le membre débilité.

Les fumigations de tabac sont employées par l'anus contre l'étranglement des hernies, mais d'autres sont employées à Tintérieur dans les aiïections des voies aériennes et de la bouche ; on a imaginé des cigarettes médicamenteuses faites avec la belladone, le ^ti^amonium . la digitale, etc. M. 'J'rousseau a fait aussi préparer des cigarettes avec du papier imprégné préalablement de la dissolution médicamenteuse et desséché; c'est sous cette forme que le sublimé corrosif, l'arséniate de soude, etc., ont rendu de véritables services ; souvent aussi c'est dans une pipe que les substances sont placées.

Fumigation calmante.

Eeuilles de datura slramonium ) ^a nartips pm1«

Feuilles de sauge j ''* P"*'®^ ^^^'^î'

En quantité suffisante pour fumer une pipe.

Quelquefois aussi on projette le mélange sur des charbons ardents, de manière à produire de la fumée dans l'appartement ; c'est surtout ainsi que Ton fait des fumigations de benjoin, d'encens, de fruits de genévrier, de bourgeons de sapin, de sucre bnîlé, de café, etc. ces fumigations sont employées pour masquer l'S mauvaises odeurs; dans ce cas, il n'y a pas de formule à établir. Mais il est toujours important de placer la matière sur un corps chaud , mais non incandescent, car alors on n'obtiendrait que du charbon , de l'acide carbonique, etc., et le principe volatil actif serait décomposé,

INHALiVTIpN.

Vînhalatîon consiste à faire respirer des gaz ou vapeurs et se rapproche par conséquent beaucoup de la fumigation ; mais la première de ces opérations se fait toujours par la bouche, rarement par le nez. Depuis la découverte de.'^ propriétés anasthésiques du chloi^oforme , de l'éther, etc , ce mode d'application des médicaments a pris une nouvelle extension ; aussi a-t-op em-

ployé les inhalations d'éther iodbydiique contre les affeciions strumeuses Depuis lon.irtemps le clilore, mêlé d'air et de vapeur d'eau , avait été conseillé dans diverses circonstances, mais aujourd'hui ce moyen est à peu près al)andonné. Les inhalations arsenicales sont très-fréquemment employées dans les maladies du larynx et des bronches. Les eaux minérales sont aujourd'hui généralemeiit employées par cette méthode; l'aspiration de Teau réduite en petites particules au moyen de l'appareil de M. Salles- Girons rendra de grands services à la thérapeutique,

PULVÉRISATIOKT ET POUDRES,

La forme de poudre est une des plus commodes pour Tadmînistration des médicaments; outre qu'elle représente la partie active dans toute son intégrité, elle prédispose aussi à d'autres opérations, se laisse mieux pénétrer par les dissolvants et forme facilement des mélanges intimes.

La pulvérisation est une opération qui a pour but de réduire un corps en particules très-ténues; pour arriver à ce but il faut tenir compte de la texture de la matière que l'on veut pulvériser, afin de faire usage du mortier, de la râpe, de la lime, etc. Quel que soit l'instrument mis en usage , il faut que les corps que l'oii veut pulvériser soient fort secs, surtout pour les matières organiques, et comme la dessiccation pourrait dans certains cas être très-longue, on divise les substances en petits fragments et on les fait sécher à l'étuve.

Quelques substances avant d'être pulvérisées doivent subir des opérations préalables; ainsi on calcine les coquilles d'œufs, les coquilles d'huîtres, et on lave ensuite la poudre à l'eau bouillante; on lave de même les os de sèche, les pierres d'écrevisse, etc., afin d'enlever une matière animale qui, en se putréfiant, donnerait une odeur fétide à la poudre.

D'autres fois on est obligé de faire tremper les matières dans l'eau; c'est ce que Ton pratique pour le riz, le salep. Tandis qu'il faut soumettre à la vapeur d'eau la noix vomi(|Ue et la fève de Saint-Ignace. Quant aux pierres siliceuses, il est indispensable de les faire rougir au feu et de les plonger ensuite dans l'eau froide; elles sont alors plus friables.

Les modes de pulvérisation employés le plus fréquemment sont les suivants :

La contusion consiste à frapper un corps à coups redoublés dans un mortier; s'il s'échappe une poussière abondante et si la substance est dangereuse à respirer ou d'un prix élevé , on recouvre le mortier avec un sac en peau que l'on attache au pilon.

La trituration est employée pour réduire en poudre les substances qui se ramollissent par la chaleur dégagée par la percussion; alors on i^iïi^e«eiréulairément le pilon dans Je mortier;

c'est ainsi qu'on pulvérise les gommes-résines, après les avoir fait un peu sécher.

La moulure se pratique en déchirant les corps durs au moyen d'instruments de formes très- variées, tels que le moulin à dents de ter. les meules, le>! cylindres, etc.

Pulvérisât on par froilcmeni. Le carbonate de magnésie, la céruse et l'agaric blanc sont à peu près les seules substances réduites en poudre par ce procédé; pour cela on renverse un tamis sur une feuille de papier, et on frotte légèrement le corps sur le tissu de crin.

La porphyrlsalion tire son nom d'une table en porphyre ou en marbre sur laquelle on use un corps tantôt à sec, tantôt par l'intermédiaire d'un liquide, au moyen d'une molette de pierre à surface légèrement convexe : il est indispensable que le porphyre soit d'une matière beaucoup plus dure que celle que l'on veut pulvériser.

Les matières solubles dans l'eau (émétique) ou altérables par ce liquide (fer) doivent être pulvérisées à sec.

]\ous ne saurions trop recommander aux pharmaciens de porphyriser avec grand soin les pommades renfermant des corps in- ^solub!es, celles surtout destinées aux usages des yeux, comme les pommades de Lyon, de Desault, d'oxyde de zinc, etc.

La dilution porte aussi le nom de lévigation, est employée pour séparer des poudres de densité différente, ou celles qui sont mélangées avec des corps grossiers plus légers ou plus lourds que la poudre que l'on veut obtenir; on opère dans une grande masse d'eau, et on agite rapidement; alors les corps étrangers plus lourds ou plus légers viennent à la surface ou se précipitent, et on sépare la poudre tenue en suspension, en décantant le liquide. Ce procédé est souvent employé dans l'industrie et les arts.

Pulvérisation par intermède. Un grand nombre de corps ne peuvent être pulvérisés seuls; ainsi on est obligé d'ajouter de l'alcool au camphre, du sucre à la vanille et aux feuilles d'or pour les réduire en poudre; les métaux fusibles se pulvérisent par l'intermède de la chaleur, le phosphore au moyen de l'eau chaude, et on agite le mélange jusqu'à refroidissement; nous pourrions encore multiplier les exemples.

C'est à la pulvérisation par intermède qu'il faut rapporter la pulvérisation par réaction chimique, celle, par exemple, qui consiste à préparer la poudre d'or au moyen du chlorure d'or dissous dans l'eau et de l'acide oxalique ou du protosulfate de fer, réaction qui doit être représentée ainsi Au-Cl + UO + C-0'^ = -CO' + ClH + Au-.

Les principes immédiats doivent être pulvérisés sans résidu. Il n'en est pas de môme pour les substances végétales; tantôt on rejette les premières portions comme pour le quinquina gris, tan-

ABRÉGÉ DE PHARMACIE. i%

tôt ce sont les dernières, comme les quinquinas jaune et rouge, Fipécacuanha, la ratanliia, etc.

Dans le plus grand nombre des cas, les poudres représentent les substances qui les ont fournies avec toute leur action ; mais dans certains cas les corps subissent par la pulvérisation des modifications moléculaires importantes, mais qui ne paraissent pas déterminer des changements dans les propriétés médicinales; et c'est à tort, selon nous, que l'on a fait intervenir dans la question de pulvérisation les phénomènes de dimorphisme et d'états allotropiques; mais il n en est pas moins vrai que certaines substances pulvérisées, comme le sucre, par exemple, ont acquis de nouvelles propriétés; toutefois il est certain qu'en général les poudres médicinales jouissent des mêmes propriétés que les corps qui ont servi à les préparer.

Poudres. Les poudres sont simples bu composées : les premières sont dues à la pulvérisation d'une seule substance; les secondes sont un mélange de plusieurs médicaments pulvérisés.

Pour préparer une poudre composée, on doit pulvériser séparément chacune des substances composantes, à moins que cela soit impossible; on a recours alors à la pulvérisation par l'intermède d'une des substances entrant dans la conjpo-ition de la poudre, et en leur donnant le plus de ténuité possible.

Les matières minérales sont toujours porphyrisées; il en est de même de certaines substances végétales : toutefois les poudres sternutatoires doivent être grossières; les substances en ulsives sont aussi pulvérisées parintermède : mais comme ces substances rancissent très-facilement, il est bon de ne les ajouter aux autres poudres qu'au fur et à mesure du besoin.

Les matières attirant l'humidité ne doivent point faire partie d'une poudre composée ; bien que nous ayons conseillé de faire réduire les substances en poudre très-ténue, il est certains corps qui demandent à ne pas être trop divisés; ainsi la rhubarbe, le gayac; mais ce sont là des exceptions.

On doit mêler avec soin les substances réduites en poudre après les avoir triturées ensemble et retournées dans le fond d'un tamis; on les passe plusieurs fois à travers un tamis à mailles lâches; et comme bientôt les substances les plus denses gagnent le fond du vase, on doit de temps en temps renouveler le mélange.

On emploiera les poudres quand un remède est insoluble, ou que non divisé il peut irriter l'estomac, le camphre, par exemple.

On peut prescrire les poudres lors même que le médicament ne présente pas les caractères que nous venons d'indiquer; c'est alors au médecin à déterminer les cas qui lui paraissent réclamer cette forme.

Les poudres servent aux préparations internes et externes, suivant la nature et la propriété de leurs composants.

Les poudres simples ou composées se donnent délayées, sus-

pendues dans un véhicule, dans du miel, dans un électuaire, dans du pain azyme, la soupe, etc., ou sous forme pilulaire; la dose pour les substances actives (narcotiques, quelques alcalis végétaux, etc. ), est de 1 à 10 centigrammes en débutant ; on augmente ensuite. Les poudres moins actives se donnent dès le début à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme et plus.

Les substances très-nctives (strychnine, acide arsénieux, chlorure d'or, eîc.) sont mélangét^s avec des poudres inertes, gomme, sucre, guimauve, lorsqu'oiiNveut les administrer sous l'orme de poudres. -Y

On nomme dentifrices des "poudres, des liqueurs ou des espèces d'opiats destinés à nettoyer les dents. Si Ton a affaire à des poudres ou à des pâtes,' elles doivent présenter un grand degré de ténuité. Nous recommanderons aussi d'éviter, autant que possible, Tusage des substances acides; il vaut |.i?i|eux employer des I substances neutres, et-inîeux alcalines,

Poudre dentifrice antiseptique.

Poudre de quinquina rouge finement pulvérisé, j ^ -q

Charbon végétal en poudre j. ^ i. • ,■

Essence de menlhe ou de girofle 6 gouUes.

f orpliyrisez avec soin.

Les préparations ferrugineuses noircissent bientôt les dents. M. Mîalhe attribue cette coloration à un tanuate de fer, et cbni^eille une poudre tannifère comme dentifrice, afi^ de former un tannate de fer acide et soluble.

Poudre den'àfVîce alcaline.

Magnésie calcinée 10 gram.

Camphre pulvéïisè 2 gram.

Poudre de canelle de Ceylan. ...... 1 gram.

Mêlez exeictemeul. — Cette poudre coûvieut surtout pour combattre la fétidité de h

Page 1