CHAPITRE XXXV. S7S
1. 'escalier dit échelle de meunier, le moins commode après le précédent, et qui est en usage dans les usines, tes moulins, les magasins , les échafaudages , <>i partout où la commodité de la communication n'est pas une condition essentielle, Dposè de degrés horizontaux en planches, n'ayant souvent que la largeur tout juste nécessaire pour que les picits puissent s'y poser avec stabilité. Ces degrés sont assemblés par leurs bouts à tenons et mortaises dans deux autres planches suffisamment épaisses posées de champ , sous l'inclinaison quelquefois fort roide que doit avoir l'escalier; ces planches tiennent lieu de limons; leur écartcnicnt dépend de la largeur qu'on peut donner à l'échelle de meunier, et qui ne doit jamais être indre que l'espace nécessaire pour le passage d'une personne. Celle largeur est ordinairement au moins deO™n30(î8 pouces) (1).
La figureS, pi. 119, est la projection d'un escalier de celle espèce , sur un plan vertical parallèle à ses limons , cl vue sur la face extérieure d'un des limons. Nous avons indiqué, dans celte figure, plusieurs manières d'assembler les maries : quelquefois les mortaises sont rectangulaires comme en a; d'autres fois on nr fait suivre, comme en b, la pente du limon , et les marches soûl coupées sur leurs deux bords suivant cette même pente. Dans quelques escaliers de cette sorte les mieux faits, les moulures g du bord des marches recouvrent le dessus des limons, et l'assemblage a lieu par deux tenons. Pour que les marches ne se Tendent on fail porter leurs bouts en embrévcmenl dans des rainures égales à leurs épaisseurs creusées dans les j'oucs intérieures des limons, sur une profondeur égale I tiers de l'épaisseur de ces limons.
Fréquemment on coinse ces tenons, ou bien on prolonge, au dehors des limons, ni de quelques marches en tenons passants, que l'on traverse par des clcfe pour retenir l'écarlcmcnt des limons, ou bien , enfin, on lie les deux limons par quelles boulons en fer d'un petit diamètre placés sous les marches. La figure 7 est une coupe qui montre une autre manière d'établir rapidement le* degrés d'un escalier. Les limons a sont découpés par des entailles donnant aux marches b , qui y sont maintenues par des clous ou des vis ; on ajoute quelquefois des conlre-marches g, également clouées sur les faces verticales des entailles. Ces sortes d'escaliers , d'ailleurs peu commodes, ne peuvent convenir des bâtiments habités, dan; lesquels les communications entre les étages sont très- fréquent es. On a donc dû composer des escaliers plus solides, d'un usage plus le, et qui occupassent te moins d'espace possible dans la bdlisse ; il est évident pour satisfaire d'abord à celte dernière condition, il fallait que les parties
STf TRAITÉ DB L'A&T DE LA CHARPBRTKRIB.
d'escaliers servant aux communications Mire les étages, Se suivissent an -dam» daa entrée» laissant entre elles dos espacée au mains %mb A la dus homme, ai que toutes laa révolutions fassent compHsm wta lu
seule cage.
Quoique le choix de remplacement d'un eacalier dépanda de eanal appartiennent à Fart de l'architecture, il rfeet pat bon de propos de qoar ici que ee choix et! assujetti à deoi conditions principales.
La première, c'est que l'escalier doit établir, de la manière le plu oommodt,b communication do ret-de-chaossée et de tons lea étages des perties iThaMUtfm pour lesquels il doit être construit.
Le seconde, c'est qu'il ne doit pas Occuper u emplacement qui serait plm maveoablement employé dans la distribution dm appartements*, en dernier Heu, «t emplacement doit être tel que l'espace qu'il donne entra tas parois de lançait assra spacieux pour que Im rampes, tes parties tournantes et les poliera puimsat y être développés avec des largeurs qui conviennent A la commodité, A de T escalier et A ses convenances, par rapport A l'espèce de bâtiment dons In doit être fait.
Avant de décrire Im différants modm de construction qui ont été mis en psr tes charpentiers pour satisfaire , autant que Im progrès du liai traient, au différantes conditions que nous venons d'énoncer, et parvenir i h description de ce qu'ils pratiquent aujourd'hui , il est indispensable d'indiqmr lu règles suivies pour fixer les dimensions des marches, d'où dépend la majesrt partie de celles d'un escalier.
2° Proportions des marches.
Pour que l'usage d'un escalier soit facile aussi bien en montant qu'en défendant, il faut que le rapport entre la hauteur verticale commune à tontes tes ar ches , et à la distance horizontale du milieu d'une marche à celui de la suivaatt, soit tel que l'effort qu'on fait pour monter , ne diffère que très-peu de celui tfù* fait en marchant, avec une vitesse ordinaire, sur un sol horizontal; on conçoit q* ce rapport ne peut pas être exactement le même pour tout le monde , et qu'il dépend de la taille de chacun.
I /expérience a fait voir que les dimensions des marches qui conviennent aapb» grand nombre de personnes des deux sexes est 0"»,325 pour la largeur boritooUfe et O^ltf&S pour la hauteur (là pouces sur 0), ce qui fixe le rapport moyen de b hauteur à la largeur comme 1:9; c'est celui que Scammossi a déterminé (1). fr
(i) Vil ru vc prétend qu'un triangle rectangle dont 1rs cbié* sont clan* le* rapport* àt* 3, .'j. 5, m rvail rhot le» mirii ns a régler la hauleur H h largeur «V« marche* , S rtaol la baoC*
UIAI'ITRE XXXV.
est quelquefois forcé, par le défait i d'espace, soil à cause de In hauteur à parcourir, >oit pour le développement à donner à l'escalier, de faire varier les dimensions de» marches et , par conséquent , le rapport de leur hauteur à leur largeur. Les praticiens ont adopté , assez généralement , la règle suivante :
Quelle que soil l'inclinaison que suit un escalier, la somme de la hauteur et de la largeur d'une marche doit être de 0™. 187 (18 pouces). Ils se fondent, dans celle règle, sur ce que la longueur du pas d'une personne de moyenne taille ou plutôt du la taille la plus commune, qui se meut suivant la marche la plus habituelle et qui la fatigue le moins, n'est que de 0m,487 (18 pouces), et que la hauteur dont un pied peut se lever verticalement au-dessus de l'autre, dans une amnttan IDf DM échelle verticale, n'excède pas également <l™,487 (18 pouces), de sorte qu'ils admettent qu'en parcourant un escalier, il ne faut pas que l'on fasse, dans le sens horizontal pour aller en avant, et dans le sens vertical pour s'élever, des efforts dont la somme soit plus grande que celui pour marcher horiionLileiiiciii ou pmir s'élever verticalement.
Ainsi, lorsque la hauteur des marches d'un escalier est de <>'».] 5.1 (S pouce*], leur largeur doit être de 0".3B2 (13 pouces), lorsque la hauteur est de <J'",189 (7 pouces), leur largeur doit être de 0,n,208 (11 pouces). L'on peut représenter cette loi graphiquement ; soit b a d, fig. 1 , pi. 119, un triangle rectangle durit les cotés égaux 6 a, il a ont 0m,487;a >n étant la hauteur d'une marche, m n sera sa largeur.
i II largeur, et S marquant la longueur correspondante de la rampe. Mais celte inclination est trop
qu'un rej-dc-c haussée pour l'habitation, c! Ici escali.-r, utuiml employés une pour monter mr le. ternîtes, ou dans Ici cirque* el Ici amphithéâtre) : dans no» maisons à plusieurs étagei. Je tels esealieri «raient d'un uup beaucoup trop fatigant. Scatnmozii, qui avait prescrit le rapport Je i : i .[ne nom avons indique, avait aussi donné une autre règle, d'après laquelle la hauteur d'une mari-hc est représentée par la moitié sic 11 longueur du coté d'un triangle équilitéral, et la largeur par la longueur de la perpendiculaire aluiuéc de l'angle apposé : de sorte que la hauleur est i la largeur i-onme ■ ; y 'i, ou i ; 1,731 ; ce qui rend l'escalier un [*u plut roide, saut cependant qu'il toit trop
Blonde), dans son C'onri H'Arc/lilicfure, veut que la somme du double do la hauleur d'une marche ri de <a largeur Mil épi* à 1 pieds, longueur qu'il dit «Ire celle du pas de l'homme ; il en résulte eju*cSec<irenient. pour de, marches de 6 pouces de hauteur, leur largeur sera de ta pouces. Ce rc- Millal es! d'accord arec la règle que nous avons établie d'après Scammoui : savoir, que la hauteur doit être a la largeur comme I : j. Mail si les marches n'avaient que i pouces , leur largeur, mitant la régla de Blondel, devrait être de 16 pouces. Les escaliers construits sur celte proportion sont d'une douceur incommode, et même leurs parties tournâmes deviennent impraticables. Blondel avait fondé u rèi,'le sur l'opinion qu'il avait que ta longueur dit pas est du 1 pieds, et sur ce qu'il voulait aussi qu'elle s'accordât avec cette slt Scammoui. Le pas de ■ pieds n'est usité que pour des mesures ap- [iHHiaaalinn ''f topographie, cl dans les niaiuruvres de troupes, il n'appartient qu'A l'allure habituelle des hommes de stature plus élevée que I» Utile ordinaire, et nou, peuwni que la règle qf nous avons indiquée est la seule qu'on dml niivre
978 TRAITÉ DE sVAHT DB LA ŒARPBNTERIE.
et a« marquera Mnclioaiaoa te la rampe de r escalier; es*' étant sum aaAreaaatearteiMrcbe9m'a/ierak:laifeiir de cette marche, a • s/ rinrliaaiaaaj te ■ rampe. Il s'ensuit que lorsque iaJiauteur est nulle, la largeur ma cet la targaar te pas dans le sens tariaooUl, et lorsque la hauteur cet de Q*\iB7 (18 poems), il largeur est nulle comme pour une échelle. Ltypoténuse» é est donc le Use jst lequel se trouvent les points qui indiquent les différents- rapporta des smstennst dm largeurs des marches et des iinJinaisotis dm rampe* atuopelto lient. Malgré cette régie et tontes celles qui Ont été données par les ai«hftactoste différentes époques, on est forcé, pour que les escaliers soient comsnoaVa,» s'écarter peu des rapports qui Aient la hauteur à 0",t«l(6 peoeee>et la higsst à <H,Sitf (ift pouces), parce qu'on a reconnu que dm escaliers dont la pente est trop douce, comme ceu dont la pente est trop roàfe, sent d'un nsaa^és^lesM^ntgeaset Dans les escaliers trop roides, en outre de l'effort qu'on est obligé de faire soutenir le poids du corps pour monter d'une marche à l'antre, 4m troène lïi vénfent que les marches manquent de largeur pour recevoir le pied, cwtjn'enj tant d'une marche qu'il quitté à celle sur laquelle il va ae poser, le bont hernie h hord de la marche qu'il franchit et fait faire souvent un (aux pas*
En général, dans les escaliers des maisons d*oabttaUon;lee marches ne doneet pas avoir plus de Q»,19 (7 pouces) de hauteur on UM>ins te 0», »( 114e Imsjuul Lorsque les escaliers sont trop doux, c'est-à-dire lorsque leurs marchee ont assjsi de.0",15B (g pouces) de hauteur, ce qui répond i des largeurs de marches de fin de 0",3K2 (15 pouces), comme on en fait dans des palais et autres monuments de luxe, on éprouve un peu de gêne à les parcourir, vu que le mouvement combiné d'ascension et de progression y est un peu plus lent que dans les escaliers te peste moyenne, parce que, pendant qu'un pied passe d'une marche à une autre, oo est forcé de laisser le corps plus de temps portant verticalement sur l'autre pied; autrement le pied montant, poussé parle poids du corps, frapperait la marche aicc trop de rudesse en s'y posant ; l'inconvénient est à peu près le même en desceedant (1) .
Dans les escaliers trop roides, l'effort qu'on fait en montant pour enlever le psiai du corps sur le pied qui vient de se poser, malgré l'élan donné par l'autre pied, est trop grand et devient fatigant, si le développement de l'escalier est fort long. La largeur des marches peut même être tellement restreinte, qu'il n'y ait plus ass*
d'espace pour le pied , à moins que, comme dans l'échelle de meunier, il n'y ait
(i) Lorsque la largeur de» marches est tellement grande, par rapport à ta hauteur, que U .somme «Jes dimensions excède ib°, le compassement des marches n'étant plus en rapport atec» longueur du pas, la gène esi encore plu* grande, à moins que cette largeur de marche seitaao grande pour qu'on puisse faire un pas au moins sur chaque marche avant de franchir la subatfr Mais cette disposition ne se rencontre que dans des escaliers extérieurs, qui sont classé* ai nombre des rampes, et dont L construction regarde plutôt les maçons que les charpentier».