‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 114 sur 297 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

cordes égale* à celle largeur, inscrites dans les arcs de cercle décrits avec le rayon de la Toulée M des centres des noyaux.

La construction de ces sortes d'escaliers, ainsi qu'on peut le remarquer, ne présente pas de grandes difficultés. La combinaison des noyaux et des limons avec leurs balustrades rampantes, forment des pans de bois dont l'exécution ne diffère en rien de celle des autres pans de bois dont nous avons parlé; et quant aux assemblages des marches, ils sont tracés sur les limons comme sur les noyaux, d'après l'épure ou ételon, au moyen des largeurs cl des hauteurs qu'on rapporte avec précision. Ce que nous avons à dire pour des constructions plus difficiles suppléera aux détails que nous croyons inutile de développer ici.

Lorsque les charpentiers y ont été forcés par économie du bois, ou pour donner moins de pesanteur aux escaliers, au lieu de former les marches avec des bouts de solives, ils les ont composées de planches, comme on les voit dans le profil d'une rampe d'escalier, fig. 9.

Le dessus de chaque marche m est un plateau en madrier épais; les contre-marches n sont des planches de champ assemblées sur toute leur longueur, à rainures et languettes dans les marches, nu au moyen de liteaux, lîg. là.

Ces marches et contre-marches sont assemblées dans les limons p, de la même manière que les marches pleines, en y pénétrant au moins de t)"'M~. (1 pouce) ; elles tunt scellées dans les parois de la cage. Pour que les vibrations des marches, lorsqu'on monte ou qu'où descend, no fassent pas rompre les ravalements ( qu'on fait en dessous des rampes, comme il arrive lorsque leurs lattes sont clouées sous les marches, on rend ces ravalements indépendants des marches et contre-marches, en établissant pour clouer leurs lattes lie petits soliveaux s refendus, qui s'assemblent par un bout dans les limons comme les marches, et qui sout scellés aussi de l'autre bout dans les murs. L'escalier dont le noyau est à jour, ûg. l.t et 16, est construit de cette manière, si ce n'est que ses marches rayonnent au lieu d'être parallèles.

Les détails de la construction des escaliers à quatre noyaux sont exactement les mêmes, sinon que, vu le vide laissé au milieu de la cage , entre les quatre noyaux cl les limons qui s'y trouvent assemblés , les pans de bois formés de ces noyaux pris deux a deux, et des limons qu'ils comprennent , ne donnent appui aux mu- &ÊU que sur un seul l'Ole, celui opposé au vide dont nous parlons, et les noyaux.au lieu d'être arrondis sur deux des arêtes de la pièce dont chacun est forme, ne le sont que sur une seule arête, celle qui répond au quartier tournant ou aux paliers répondant aux angles de la cage, fig. 33.

Les esealiers à quatre noyaux ne sont pas toujours construits dans des cages carrées ; il arrive fréquemment que la cage étant plus longue que large, et que la largeur étant un peu plus grande que l'espace nécessaire à la largeur de deux rampes appuyées dans un seul pan de bois, on forme des pans séparés comme dans le cas de l'escalier dont le plan est représenté lîg. 8, pi- 12â; ce qui oblige a le construire

dK4 TRAITS HE L'ART DK LA CHAUPENTErUls.

sur quatre noyaux, avec palier dans les angles m quartiers tournant* â la (>Ucr d'un des paliers ou des deux. Il peut encore arriver que , vu la largeur qu'on veui donner aux rampes, l'écarlement des deux pans soit trop petit pour qu'on poisse établir deux noyaux séparés à chaque bout, et trop grands cependant pour qu'un seul noyau ne devienne pas trop massif; on a fait, dans ce cas, des noyaux comme nous en avons représenté sur une petite échelle les deux coupes lioi taies, figure 8 de la planche 120, sur le plan d'un fragment d'escalier à deux pes avec quartier tournant. Cette disposition est telle que le limon de la premirre rampe a s'assemble sur une des faces planes du noyau b, tandis que I. l'autre rampe c s'assemble sur l'autre face ; celle disposition a été aussi appliqi a des escaliers à quatre noyaux uniquement par caprice.

Les charpentiers de l'époque eu s'exerçant à la construction de ces sortes d'à cal iers découvrirent un perfectionnement qu'ils s'empressèrent, sans duulc.de pratiquer; ils reconnurent qu'il n'était pas toujours nécessaire que le noyau montât sans interruption de fond en comble , puisque les paliers soit qu'ils Inversassent les cages des escaliers , soit qu'ils n'occupassent que les angles , et meute les quartiers tournants, pouvaient soutenir des fragments de noyau portant les asser» Liages des rampes, en leur donnant des appuis solides, ou en les arc-bouuul co» tre les murailles ; ce qui donna lieu de supprimer le noyau a tous les grands i m cira Iles laissés entre les assemblages des limons, comme du m en n, fig. 13, pi. IIS Les extrémités supérieures cl inférieures des parties de noyaux conservées lurent terminées par des boules ou d'autres ornements ; nous avons ponctué cette disposition sur la même figure. L'on voit, en effet, que si la marche n° 16 est une nue chc palière du premier étage, elle traverse, comme nous l'avons dit, Ucagrdr l'escalier, et que, par conséquent, elle peut soutenir le poids du bout n do tw<u répondant au limon c, et même celui de la rampe qui monterait plus haut; et I'm voit qu'en même temps les marches 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 1 1, et notamment celle» ï et 0, arc-boutent la portion du noyau b qui pourrait être terminée également p* une boule #à son extrémité supérieure, et une boulera son extrémité inférieur» lies deux boules sonl ponctuées sur la figure 13.

La même disposition peut être mise en usage pour les escaliers à quatre iiorwL dans lesquels les noyaux partiels peuvent n'avoir que la longueur nécessaire recevoir les assemblages des limons de deux rampes cuntiguês, étant toujours minés par leurs extrémités par des houles d'appui cl de pendentif. Elle aussi à des noyaux creusés, dont nous avons parlé ci-dessus, et l'ou doit m* qu'elle a conduit à la construction des escaliers à limons avec courbes dont nous allons nous occuper.

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