‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 128 sur 297 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

pieds de chaque chevalet soient égaux, qu'ils soient roidis également, afin que la pièce qui forme le corps demeure horizontale, et qu'elle soit perpendiculaire au mur qu'elle doit soutenir. Des coins sont chassés et cloués sur les semelles ou couchis pour empêcher le glissement des pieds des chevalets ; on observe qu'ils aient la même inclinaison que nous avons indiquée pour les étais; il faut, en outre, qu'ils aient par le haut une légère inclinaison vers le mur pour leur donner plus de stabilité. Si l'on craint quelque balancement dans le sens perpendiculaire au mur, il faut relier les pieds dans chaque chevalet par des croix de Saint-André, comme celle que nous avons figurée en lignes ponctuées, fig. 13.

Le chevalement étant terminé, on démolit le trumeau du milieu et les bords des deux trumeaux latéraux, pour les remplacer par les pieds-droits d de la nouvelle ouverture, après quoi Ton pose le poitrail en bois f, qui doit la couvrir et soutenir le poids des trumeaux supérieurs. Ce poitrail doit être fortifié par les armatures les plus solides. Lorsqu'il est bien établi sur les nouveaux pieds-droits, on remplit l'intervalle * restant entre lui et l'ancienne maçonnerie par une maçonnerie nouvelle, dans laquelle il est prudent de comprendre un arc en décharge qui n'est point do ressort du charpentier /et dont nous ne parlons que parce qu'il doit en exiger la construction comme garantie de la complète résistance de son ouvrage. Lorsque l'ouverture dont nous venons de parler est faite pour l'établissement d'une boutique , il convient de soulager la portée du poitrail par des colonnettes en fer, montant do niveau du socle jusque sous ce poitrail ; nous avons décrit l'usage de ces colonnettes en fer, page 260.

3° Étréâillonê.

Les étrésillons sont des pièces de bois qui servent à étayer des parties de maçonnerie les unes contre les autres, en les serrant fortement; on les emploie surtout pour remplir les ouvertures de la façade d'une maison lorsqu'il s'agit de l'étayer , soit à cause de sa vétusté , soit à cause de quelques travaux en sousœuvre qu'on veut y entreprendre.

Un étrésillon (I) doit toujours être un peu plus long que la largeur du vide qu'il doit occuper , afin qu'on puisse opérer la pression , et que l'angle qu'il fait avec la partie pressée ne s'écarte point de la limite que nous avons fixée.

La fig. 12, pi. 125, présente l'étrésillonnement de deux fenêtres, indispensable dans le cas du travail en sous-œuvre que cette figure représente.

L'action des étrésillons doit toujours s'exercer entre deux pièces de bois servant à leur appui et au mouvement de glissement qu'on leur imprime pour opérer la pression.

(i) Le mol étrctillon vknt du latin ttrangert, terrer, dont nous avons fait itremdrt et «tréullou, pière qui serre.

T>iO TRAITÉ DE L'ART DE LA CHARPENTER1E.

l.r s élrcsillons son! (aillés en biseau par leurs extrémités, afin de porter j.jr une ■irête sur les pièces entre lesquelles on les place, et pour qu'on puisse plut ai*rinenl les serrer ; on emploie pour faire glisser les étrésillons des pinces eu Ter. On pose les étrésillons l'un après l'autre, cl l'oit n'en pose un que lorsque le précédent est en place et bien serré ; lorsque le dernier est posé, s'il ue remplît pas complètement l'espace qu'il s'agit delrési donner, on le fixe au moyen d'une cale qui occupe tout ce qui reste de cet espace, et y est fortement serrée.

Lorsque les murs sont fort épais , on peut cirésillonner les fenêtres entre leurs tableaux, comme le représente la fig. 14 dans les fenêtres m, n, en même temps qu'on les élrésillonne de la même manière dans les ébrasements , ou comme an I') représenté dans les fenêtres p, g; on peut aussi étrésillonncr eu croix de Saint- André comme dans la fenêtre r, cl, dans ce cas, les abouls des croix sont serm par des coins. Ce mode d'élrésïUaWraml demande plus de soin que les deux 10- Ires, mais il est le plus solide en ce qu'il s'oppose à tout mouvement qui ternirai' i illérer les angles droits des fenêtres.

i* Pointaux.

Lorsque des planchers sont trop faibles pour supporter les fardeaux dool ut doivent être chargés momentanément , ou lorsque la vétusté du bâtiment Cal craindre qu'ils s'effondrent sous leurs charges habituelles, ou enfin loraqieoa travaux en sous-œuvre nécessitent des démolitions de murailles qui les laisseraient, du moins en partie, sans soutiens, on les élaye en dessous. Suivant le mode de lenr construction, l'étaycmcnt se borne à un chevalement sous les poutres, ou bien il faut étayer les solives : ce dernier cas exige un plus grand nombre d'élait,) moins qu'on établisse une lambourde sous les solives.

Les figures 9 et 10, planche 133, sont deux coupes perpendiculaires l'nne i l'autre, qui représentent des étalements de planchers, dans lesquels on a cm* ployé des poînlaux ou étais a presque verticaux, ou qui n'ont que rinctmaisoa qu'il a été nécessaire de leur donner pour qu'on puisse les serrer de manière i soutenir les planchers supérieurs. Ces pointaux portent par le bas sur des scinclle ou couchis b, et par le haut ils pressent les lambourdes d contre les plafonds pot" soutenir des solives.

Les deux extrémités des pointaux sont taillées en biseau, pour qu'ils portent <u une arête, et que l'effort auquel ils doivent résister soit dirigé suivant leur li£<* du milieu , afin d'éviter les éclats qui résulteraient des pressions exercées sur «ngles.

S'il s'agit de soutenir une poutre qui porte les solives d'uu plancher, on feUjt avec des pointaux et mieux par des jani bettes, comme oo soutient la solive qui forme le corps d'un des chevalets de la fig. 14; et s'il faut soutenir une punirequi Ui'chit il menace de se rompre , on place en dessous d'elle . et dans le sens df s

Page 1