‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 148 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

5* Ponts avec sous-longerons embrévés.

Dans la fig. 20, nous avons formé les sous-longerons do madriers de champ embrévés les uns dan* les autres , el posés de telle sorte qu'ils tracent Un polygone circonscrit à un arc de cercle ; ils sont fixés les uns aux autres par des boulons qui les traversent tous prés des embrévements. Le fil du bois de chacun est posé dans la direction du bord qui forme un des côtés du polygone , afin que les embrévements ne puissent pas éclater.

Les fermes doivent être multipliées autant que le comporte la largeur du pont ; «Mes reçoivent immédiatement le plancher ; les garde-corps sont en fer.

G*» Pont de ffendiport.

Nous donnons , fig. 24 , pi. 136 , d'après un dessin du capitaine Turner, le croquis d'un pont construit à Wendiport, au Thibet, en bois de térébinlhe. En 1783, lorsqu'il visita ce pont, il existait déjà depuis 140 ans et était en très-bon état , sans aucun signe de pourriture , quoiqu'on ne se soit servi d'aucun enduit pour le garantir des injures du temps. Les longerons superposés sont des deux côtés scellés dans la maçonnerie des culées.

La plate-forme qui couronne le pont est posée sur les bouts des longerons , qui ne sont liés entre eux que par de fortes chevilles en bois.

7° Ponceaux de Prusse.

On trouve sur les routes de Prusse des ponceaui en charpentes dont les longerons n'ont qu'un faible équarrissage ai qui ne doivent leur solidité qu'à des espèces d'armatures formées de poutrelles dont la force se trouve réunie à celle d>s longerons des têtes ; ces ponceaux donnent passage a des voitures très-pesamment chargées.

La fig. 20 de la pi. 136 est l'élévation d'un de ces ponceaux.

La figure SI en est une coupe.

Les culées sont formées chacune d'une file de pieux contre lesquels s'appuient les madriers de champ qui retiennent les terres ; ces pieux portent les chapeaui o qui soutiennent les longerons du plancher. Au-dessus de chaque longeron de tête a s'étend un autre longeron b, éle?é au-dessus du plancher par trois cales c, ces longerons supérieurs sont liés aux longerons inférieurs chacun par trois boulons qui les traversent, et qui sont fortement serrés par des écrous.

Le boulon du milieu de chaque tête du pont est très-fort; il traverse, en outre des longerons, une poutrelle transversale d qui s'étend par conséquent d'une tête i l'autre , et qui , un peu au delà , passe au-dessous de tous les longerons en les

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croisant à angle droit , cl les soutient par l'effet de sa liaison itk les doubla logerons des (tics b et d.

Celte combinaison dispense d'une pâtée au milieu de la portée du pont, et pwani d'employer des longerons d'un équarrissage plus faible que s'ils ne devaient « «r aucun soutien cotre les colées.

8" Pont avec armature tim.pl*.

La pièce de pont ou poutre a, u'g. 3 , pi. 137. étant réunie par une moite vrtlicale 6 à deux arbalétriers c, qui lui sont assemblés par leur» pieds , il en rwullt m combinaison que l'on a nommée armature, pur extension de celle dene.ru i tutu» déji doiiuée aux moyens employés pour augmenter In force des poutres, et dwi nous avons parlé au chapitre XI. La propriété de cette armature est que rrqmr rissage de la pièce a , qui n'aurait pas asset de force pour la portée que li ogvft représente, si elle élait employée seule, pourra co n Tenir à celte même portée, do qu'elle sera soutenue dans sou milieu par lu moïse qui , au moyen de* arbalétriers, reporte sur les points d'assemblage de ces arbalétriers tout l'effort que la pogirc peut avoir à supporter dans son milieu.

On conçoit que si un pont doit être composé de plusieurs poutres, dei irawlures de la forme que nous venons de décrire ne peuvent être données a toutes In poutres, vu qu'elles obstrueraient le passage.

Les armatures ne peuvent donc être établies que sur les poutres qui appartmnenl aux deux léles, et tout au plus sur une poutre répondant au milieu de la voie lorsqu'elle peut être divisée entre deux parties , et les autres poutres on longerons soutenant le plancher sont nécessaire tuent sans armatures. Le pont n'aurù donc aucune solidité si les longerons de remplissage n'étaient point soutenus dai» quelques points de leur longueur, notamment dans celui du milieu, par une pM* Ire transversale , posée horizontalement, réduisant la portée de ces longerons qti s') appuient, étant elle-même, comme nous l'avons déjà vu dans les poncceui <!' Prusse , soutenue par les armatures des tétes.

!)* l'ont de Cisinone.

Palladio parait être le premier qui ail lait l'application de ce mode de cooîtmrtion pour donner aux travées des ponts une grande portée, sans qu'aucune pièce soit exposée, au-dessous du pont, au choc dei corps entraînés par les eaux.

Son premier essai a été un pont de 53 métrés de portée, entre Trente et Bassano , sur le lorrent de Cismone. Ce pont a été construit par on charpentier dr Bergatne nommé Marlino ; nous en donnons un dessin, pi. 131, d'après celui «te œuvres de Palladio. Ce pont est composé de deux fermes : l'une d'elles est représentée fîg. 12; elles supportent la charge du pont sans qu'aucune pièce s'abaisse ta

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