‹ Traité de l'art de la charpenterie (volume 2)Chapitre 153 sur 297 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Le pont de Wittingen présente une heureuse réunion de l'emploi des contrefiches en dessous de l'entrait et même en dessous des sablières du comble avec remploi des contre-fiches en dessus comme armatures. Les moises verticales, en réunissant toutes les contre-fiches de chaque demi-ferme, augmentent considérableraent leur force en même temps qu'elles soutiennent la principale pièce du pont et le plancher.

Pendant un temps on a reproché au système de construction de ce pont une sorte de profusion de l'emploi du fer, à cause des nombreux et très-longs boulons en fer dont les Grubenmann ont fortifié ce système , à cause du danger de leur prompte détérioration par l'effet de Faction d'une atmosphère constamment humide. Il est probable qu'un pareil reproche ne leur serait peut-être point fait aujourd'hui qu'on emploie le fer avec un si grand succès dans les constructions en charpente. Mais i cette critique on peut répondre qu'il est plus facile de remplacer des boulons usés par la rouille que des bois détériorés ; d'ailleurs les Grubenmann ne pouvaient pas remplacer les boulons par des moises , sans augmenter la pesanteur de la charpente* L'excessive grandeur de la portée , qui était un des mérites de ce beau pont, avait inspiré des craintes sur sa durée ; malheureusement les événements de la guerre ont privé l'art d'une expérience sur laquelle on ne peut rien préjuger. Mais ce qui demeure positif, c'est la gloire acquise au génie des Grubenmann , d'avoir contribué , par la hardiesse de cette savante construction , à reculer les limites de la puissance des armatures dans les ponts en charpentes.

19° Pont du sieur Clauê.

Une conception encore plus hardie fut le sujet d'un modèle exposé en 1772 , à l'hôtel d'Espagne , rue Dauphine , à Paris , par le sieur Claus , maître charpentier. Ce modèle , exécuté avec une rare perfection , pour milord Hewey , représentait , sur une échelle de 18 lignes pour une toise ( un quarante-huitième ) , un pont en charpentes d'une seule arche qui aurait eu 900 pieds d'ouverture (150 toises; 892",555) : il était projeté pour être exécuté sur la Dery. Ce pont fut gravé par Lerouge ; la gravure le représente sur une échelle dont le rapport est à peu près d'un trois-cent-soixante-troisième. Nous donnons deux fragments de cette gravure, et sur la même échelle, qui suffisent pour donner une idée complète de la composition du sieur Claus.

La figure 5 est l'élévation d'une des extrémités du pont, représentant la partie d'une des deux fermes des têtes joignant des culées, avec la projection des pannes et des chevrons du toit.

La fig. 7 est une coupe en long de l'autre extrémité du pont, joignant la seconde colée et montrant la ferme du milieu partageant la largeur du pont , qui devait être de 46 pieds (7 toises 4 pieds; 16m,87) en deux voies égales. La partie inférieure

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