CHAPITRE XXXVIIf. ?7tS
nioùes et croix de Saint-André, et le» trois fermes intermédiaires ne s'élevaient point au-dessus des longerons qu'elles supportaient.
Il est présumabl* que, vu la grande inclinaison des contre-fiches après le tassement, le pont devait être presque entièrement porté par les armatures des fermes des têtes.
FORTS 8U8FIWHJ8 A US C11VTIE8.
1° Pont de Custrin.
Les différentes .combinaisons des pièces de bois dans les armatures, ont fait naître l'idée de leur substituer des cintres ou arcs pour produire les mêmes résultats.
L'une des plus simples constructions de ce genre est, sans contredit, le pont de Custrin, sur l'Oder, dans lequel des pièces de bois cintrées sont substituées aux longerons de têtes, qui forment armature dans le ponceau que nous avons décrit, page 389.
Nous donnons, fig. 11 de notre planche 136, un croquis d'une travée de ce pont, remarquable par la simplicité de sa construction et sa solidité, puisqu'il donne passage aux voitures les plus pesamment chargées.
I«a figure 12 est une coupe de la même travée.
Chaque palée est composée de trois files de pieux e; les chapeaux b qui les couronnent sont tous au même niveau ; les palées sont écartées d'environ 40 pieds (13 mètres); les longerons a portent dans les entailles des chapeaux, et ils répandent aux pieux des palées.
Vers les deux rives du pont, sont trois sortes de chantiers horizontaux àf qui portent sur les deux premiers longerons, et qui répondent verticalement au-dessus des chapeaux des palées, et leur sont parallèles ; ils sont assemblés avec les longerons par entailles réciproques, du huitième de l'épaisseur des bois.
Sur chaque travée et de chaque coté du pont, une poutre de bois de chêne k, d'un très-fort équarrissage, et cintrée naturellement, repose par chacun de ses bouts sur les chantiers d; elle s'y assemble par entailles. Toutes les poutres des travées sont entières ; elles se touchent par leurs bouts et sont sur le même alignement, où elles forment des garde-corps des deux côtés du pont. Elles sont liées par des boulons avec les chantiers, et ceux-ci le sont aussi par des boulons avec les longerons et les chapeaux.
La portée des longerons est partagée, dans chaque travée, en trois parties égales, et, sous chaque point de division, une poutrelle horizontale g est suspendue, par un très-fort boulon en fer, à chacune des deux poutres cintrées k.
Ces poutrelles croisent en dessous tous les longerons, et, par ce moyen, elles
les sou lien nont imn dans deux points de leur portée, qui, sans ces auxiliaire),
ivmil trop longue par rapport à leur érruarrissage.
Le plancher est établi en forts madriers jointifs. solidement fixés sur les longerons par des broches.
2' Pont de Feldkirch.
Le pont de Feldkirch, sur le Rhin, est un des plus anciens dans lequel oo ni employé des cintres pour y suspendre le plancher.
Nous donnons, fig. 23 de notre planche 137, un eroquis de ce pont, qui eu* composé de deux grandes fermes de lèles d'une sente portée de 19™, 30. Les ariwlures des ponts de Suisse, que rions avons précédemment décrits, sont remplaça* dans ce pont par deux cintres dans chaque ferme. Chaque cintre est formé de dtui cours de courbes à cndrnts. Ces cintres sont réunis par des moines verticales qui soutiennent le plancher du pont, par le moyen d'autres (noises horizontale* rjti saisissent les premières par leurs bouts inférieurs, cl passent sous les longe-
Ce pont est couvert, et revêtu extérieurement en planches des deux eûtes.
3" Pont lie Meltinyen.
Le pont de Mellingen est le premier grand pont de ce genre qui ait été fjii ili. Il dale de 1791 ; il a été construit par Ritter, charpentier de I.ucerne, que nom avons déjà cité, page 373, au sujet du pont de la Kandel.
Nous en donnons le détail, pi. 13'î; la ligure 1 est son élévation. Comme dafli les ponts à armatures, le plancher est soutenu par deui fermes, dans chacune iltfquelles un beau cintre a, composé de sept cours de courbes jointes à endenlt. est la principale pièce.
L'ouverture do cette espèce d'arche rai de 4S saisiras; sou uMnlOppBnMM & un sixième de la circonférence, dont le rayon est égal a celte même ouverture. Ce pont est couvert et revêtu, sur ses deux faces extérieures, par des planches, ose nous avons supposé enlevées pour laisser voir la charpente.
Les dix moises verticales 8 soutiennent le toit et les moïses horizontales H sur lesquelles les longerons sont appuyés.
Une poutre cintrée E, en forme de moise, composée de plusieurs pièces entées,
) M. Rondelet croit que le premier pont de ce genre e»t celui qu'un de* Frères de G ilrniiit pour remplacer le pont de Wiilin(;ed ; mau il nul remorquer que le pont de HeU-jt" é conitruit en 1794, et que le noureau pont de Wiltineen no Ta été qu'en 1799. Ce oetldor: que poilcri sûrement au pont de Mellingen que le frère de Grnbeamaun ■ exécute la ho«u pu* I faut encore remarquer qu'on voit dan> es dernier pool det m qu'il n'a Ht fiil qu'eprèi relui de Mellingen.
CHATITRE XXXVIII. 577
saisit aux extrémités les deux naissances do cintre et tontes les moïses verticales ; elle se trouve an niveau des longerons do plancher et sait leur pente.
Une autre moise cintrée M, sur une courbure moindre que celle de Tare principal, réunit les assemblages des moises verticales prolongées jusqu'à sa rencontre : on ne conçoit pas bien quel est le but de cette dernière moise cintrée, qui charge la charpente d'un poids assex considérable. Cependant en considérant que ce cintre de peu de courbure reçoit les moises verticales, et qu'il est lié à la poutre principale par des boulons, on peut présumer que Ritter aura voulu en faire comme le tirant de la ferme, son extension devant être moindre que celle du grand arc.
La figure 2 présente le plan du pont pris à deux hauteurs différentes. A gauche est le plan fait à la hauteur d'une ligne brisée a b (racée sur la figure 1 . O/i suppose que les madriers du plancher sont enlevés pcftr laisser voir les longerons, cl au-dessous d'eux le double système des croix de $aint- André qui forment les contrevents.
Sur la droite, le plan représente la projection horizontale de la charpente du comble dépouillée de ses lattis.
La figure S est l'élévation d'une des entrées du pont.
La figure 4 est une coupe sur le milieu de sa longueur, dans la ligne C D.
Dans la construction du nouveau pont de Wittingen, que M. Rondelet dit avoir été construit à la place de celui qui fut brûlé en 1799, l'un des frères de Grubeninann qui l'a construit, a évidemment fait d'utiles corrections dans la composition qu'il a imitée du pont de Mellingen. M. Kraiït a donné un dessin de ce pont, pi. 28 de son Recueil de charpenterie ; nous ne le reproduisons point parce qu'il ne diffère que peu de celui de Mellingen que nous venons de décrire. Les seuls changements qui y ont été faits consistent dans la suppression du second arc inférieur M, dans la rectitude de la poutre longitudinale E, k laquelle une sous-poutre a été ajoutée dans le milieu de sa longueur, et seulement sur la moitié de celte longueur. Cette sous poutre forme une des cordes du cintre, et deux contre-fiches qui, partant des naissances du cintre, viennent s'y abouter.
Les croix de Saint-André des contrevents s'assemblent dans les longerons, et elles sont assez multipliées pour former le solivagedu plancher.
Kraffl annonce que ce pont avait 31 toises (60m,42) de portée; il le présente établi entre deux culées en maçonnerie. Cependant , l'ancien pont de Wittingen que celui-ci aurait remplacé, suivant M. Rondelet, avait 366 pieds (118m,89) de portée; il est cerlain que c'est à la même place que le nouveau pont a été construit : il faut présumer qu'il a au moins deux travées, et qu'il est supporté sur une pile au milieu de la rivière.
M. Stadler, maître charpentier de Zurich, a construit en 1823, sur le Rhin, à Elisgaw , en Suisse , un pont du même genre que celui de Mellingen et du nouveau pont de Wittingen. Il est également porté par deux fermes dans cha-
mue desquelles un aie, composé de huit coure iJc courbes, lornie la pnaafik pic ce de l'armature al le moyeu de suspension. Nous ne donnons poicil de liciuu de ce poul , qui «'écarte peu du système suivi dans celui d« Mel I i ngi n dont n«^ venons de donner la description; nous regardons comme suffisant d'indiquer iû points les plus remarquables dans lesquels il diffère du précèdent.
La portée des travées est d'environ £4 loises ( 16™. 78 ), la Huche do cintre M de 21 pieds .ir". ,s i) ; le sommet de l'intrados de l'arc est «levé Je ta! piedi ( Z^.i'M: au-dessus du plancher du pont, ce qui a permis de placer entre le grand tairait et l'arc une double armature qui s'accorde avec les contre- fiches tlt dessus du pont. Onze inoises verticales sont réparties sur la longueur ifc ta portée, et deux sur chaque pile, écartées de il pieds (a™,9£4) de milieu a milieu.
L'o pont est couvert ; il est à trois voies ; celle du milieu , comprise enire ta fermes qui portent les cintres, est destinée aux voilures; elle a 14 pieds U",ïttj de large entre les moi se s verticales. Les deux autres voies sont pour le* piéton.' elles n'ouï que j pieds ( I™, 624} environ; elles soûl portées par les prolongement) des inoises horizontales faisant office de solives; les longerons qui portent co deux espèces de Iroltoirs sont .soutenus par des armatures égales à celles d«" nous venons de parler, qui sont placées sous ces trottoirs, d'ailleurs compris mm les prolongements de la toiture de la voie du milieu.
M. Rondelet a donné un dessin de ce pont, pi. 104 de son Trait* i l'Art de bâtir.
4° Pont du Xecker.
Le système des hany-teerck , au moyen de cintres, a élé appliqué i la «■slruclion d'un pont de 60 pieds (iy>,49) de portée , sur un bras da INccLer, ai» le Wurtemberg , prés de Sluttgard , capitale de ce royaume ; nous donnons JV près W. Kraffl le dessin de ce ponl dans la fig. 6 de noire pi. 131 , qui le repnsente en élévation.
La ligure 10 en est une coupe suivant un plan vertical .Juin la trace est1* ligne mn, lig. 6.
Dans cette dernière figure , ta ligne x jr esl le niveau des pins haute* eett *• Necter. Ce pont a fourni à III. Lésiner, ingénieur anglais, l'idée du pool q%^' construit en fer , composé île deux arcs en fonle auxquels sont sutuewluo. r* des tiges verticales , les poutrelle* qui soutiennent le plancher 0),